Manus a bouclé un tour de financement de plus de 500 millions de dollars, quelques mois après que Pékin a contraint Meta à renoncer à son acquisition de la start-up d’intelligence artificielle. L’opération pourrait valoriser la société autour de 4 milliards de dollars, soit environ deux fois le montant proposé par le groupe de Mark Zuckerberg.
Butterfly Effect, maison mère de Manus, a annoncé jeudi la finalisation de ce nouveau tour de table, mené par Boyu Capital et IDG Capital. Les investisseurs historiques Tencent, HSG Capital et ZhenFund ont également participé à l’opération.
La société n’a pas communiqué sa nouvelle valorisation. Des informations parues précédemment dans la presse faisaient toutefois état d’une valorisation d’environ 4 milliards de dollars.
Le financement marque un retournement rapide pour la start-up fondée en Chine et désormais basée à Singapour. Meta avait annoncé en décembre 2025 son intention de racheter Manus dans une transaction évaluée à plus de 2 milliards de dollars. En avril, Pékin a imposé l’abandon de l’opération dans un contexte de contrôle accru des investissements américains dans les technologies chinoises d’intelligence artificielle.
Manus développe des agents d’intelligence artificielle capables d’exécuter de manière autonome des tâches complexes, de la recherche à l’automatisation de processus. Depuis son retour à l’indépendance, l’entreprise a accéléré son offensive produit avec une nouvelle génération de Manus et le lancement de Cue, une application permettant de créer des agents personnels capables notamment d’effectuer des réservations ou de passer des appels.
La dynamique commerciale contribue également à expliquer l’appétit des investisseurs. The Information avait rapporté en juin que le rythme annualisé des revenus de Manus avait atteint entre 400 et 500 millions de dollars, contre environ 100 millions au moment de l’accord avec Meta en décembre.
Cette levée replace ainsi Manus au centre de la bataille mondiale des agents IA. Elle lui apporte surtout les moyens de poursuivre seule une trajectoire que Meta avait tenté de racheter quelques mois plus tôt.


