Mouna Kadiri à Gabon 24 : « 44 missions du CAD pour connecter 24 000 entreprises à l’échelle de 42 pays africains »

Club Afrique Développement : une 44ᵉ mission multisectorielle à Libreville placée sous le signe des opportunités et de l’intégration africaine

En marge de la 5ᵉ mission multisectorielle du Club Afrique Développement (CAD) organisée à Libreville, Mme Mouna Kadiri, directrice du Club Afrique Développement, s’est exprimée sur la chaîne Gabon 24 afin de présenter les objectifs, la méthode et les enjeux de cette initiative panafricaine, tenue sous le thème « Gabon, terre d’opportunités : trade, investissement et intégration africaine ».

Une plateforme panafricaine adossée à Attijariwafa Bank

Le Club Afrique Développement est une plateforme initiée par le groupe bancaire panafricain Attijariwafa Bank, présent en Afrique de l’Ouest, centrale, du Nord et partiellement en Afrique de l’Est. Son objectif, tel que rappelé par Mme Kadiri, est de contribuer à la facilitation des échanges économiques régionaux en Afrique et à la promotion de la coopération Sud-Sud.

Concrètement, le CAD vise à créer un cadre de confiance permettant aux entreprises africaines de se rencontrer, d’accéder à une information économique et financière fiable, et de mieux comprendre les spécificités locales de leurs partenaires, qu’ils soient publics ou privés, afin d’éclairer leurs décisions d’investissement ou de développement commercial.

44 missions, 24 000 entreprises et 42 pays

Depuis le lancement de ses missions multisectorielles, le Club Afrique Développement a organisé 44 initiatives similaires à travers le continent. Selon Mme Kadiri, plus de 24 000 entreprises issues de 42 pays africains y ont participé au moins une fois, contribuant à l’émergence progressive d’une communauté économique intrafricaine fondée sur des relations de confiance construites dans la durée.

Ces entreprises se sont rencontrées lors de missions organisées notamment à Casablanca, Dakar, Abidjan ou Libreville. Des projets communs ont émergé de ces échanges, reposant sur une logique de prise de risque partagée, indissociable de la confiance mutuelle entre partenaires.

La 5ᵉ édition au Gabon : une thématique définie localement

La 5ᵉ mission multisectorielle organisée au Gabon s’inscrit dans cette continuité. Mme Kadiri a précisé que le thème et le programme de chaque mission ne sont pas décidés par la coordination centrale du CAD, mais proposés par les acteurs locaux. Pour cette édition, la réflexion a été menée par Union Gabonaise de Banque, en coordination avec ses partenaires et les autorités publiques gabonaises.

L’objectif est double : fournir une information fiable sur les opportunités d’investissement et de commerce, et positionner la communauté économique gabonaise au cœur des échanges avec des entreprises venues de plusieurs pays africains, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Maroc, l’Égypte, la Tunisie, le Mali, le Cameroun, le Tchad et la République du Congo.

La mission repose sur trois piliers opérationnels. D’abord, l’organisation de panels de haut niveau réunissant des personnalités publiques et privées appelées à partager une information de première main et leur expérience. Ensuite, la tenue de rendez-vous d’affaires B2B préparés en amont à partir de l’expression précise des besoins des entreprises participantes, avec un accompagnement vers la concrétisation des opportunités identifiées. Enfin, des visites de terrain sont prévues afin de permettre aux participants de se forger leur propre appréciation des projets et des infrastructures.

Dans ce cadre, des visites sont organisées à la Zone Économique Spéciale de Nkok, présentée comme un benchmark régional, ainsi qu’au projet de la Baie des Rois.

Trade, investissement et accompagnement bancaire

Interrogée sur le rôle du CAD dans la structuration des flux d’investissement, Mme Kadiri a indiqué que le Club n’intervient pas directement dans la gestion ou le montage financier des projets. En revanche, il met en réseau les communautés économiques avec les banques du groupe, lesquelles accompagnent leurs clients dans un cadre sécurisé, favorisant ainsi la concrétisation des affaires.

Les secteurs ayant suscité le plus d’intérêt lors de cette édition concernent notamment l’agroalimentaire, le bois, l’énergie et, dans une moindre mesure, le tourisme. Selon Mme Kadiri, les entreprises participantes viennent avec une démarche préparée et orientée vers l’action, ce qui se reflète dans la programmation des rendez-vous d’affaires.

Dialogue public-privé et échanges B2G

La mission se tient sous la présidence effective du Vice-Président de la République gabonaise, Alexandre Barro Chambrier, un signal que Mme Kadiri qualifie de fort en termes d’engagement conjoint des secteurs public et privé. Le programme prévoit la participation d’institutions telles que le Fonds Gabonais d’Investissement Stratégique et l’Agence Nationale de Promotion des Investissements (Invest Gabon), ainsi qu’un Marché de l’Investissement Afrique centrale réunissant plusieurs filiales bancaires du groupe Attijariwafa Bank dans la région.

Des rencontres B2G (business to government) sont également prévues, permettant un échange bidirectionnel d’informations entre entreprises et autorités publiques, sans que le CAD ne se positionne comme force de proposition directe en matière de politiques publiques.

Continuité de l’engagement gabonais depuis 2010

Mme Kadiri a rappelé que la participation du Gabon aux initiatives du Club Afrique Développement s’inscrit dans un temps long, depuis la première édition du Forum International Afrique Développement organisée en 2010 à Casablanca. Les entreprises gabonaises ont pris part de manière régulière aux missions et forums, y compris lors de la période marquée par la pandémie de Covid-19, durant laquelle certaines missions ont été organisées en format hybride.

Entre 2021 et 2026, plusieurs missions ont été tenues dans d’autres pays africains, contribuant à maintenir la dynamique d’intégration économique régionale et les liens entre communautés d’affaires.

Obstacles persistants et résilience des acteurs économiques africains

Abordant les défis de l’intégration africaine, Mme Kadiri a cité principalement les difficultés logistiques, les contraintes liées au transport aérien et les procédures administratives, notamment en matière de visas. Elle a toutefois souligné la résilience et la détermination des entreprises africaines qui continuent de participer à ces initiatives malgré ces obstacles.

À l’issue de la mission, les retombées attendues sont, selon Mme Kadiri, la consolidation des liens humains, la multiplication des rencontres d’affaires et l’ouverture de perspectives d’investissement. Les rendez-vous organisés font l’objet d’un suivi assuré par des équipes bancaires connaissant les réalités locales et sectorielles des entreprises impliquées.

Certaines concrétisations peuvent intervenir rapidement, tandis que d’autres s’inscrivent dans un temps plus long. L’objectif affiché demeure la création de valeur partagée et le renforcement de l’intégration économique africaine, à travers une démarche pragmatique centrée sur le terrain.

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