Le Qatar réduit ses dépenses publiques face à une forte contraction de ses revenus. L’émir Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani assure que les services essentiels et les priorités de développement sont préservés.
L’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, a annoncé mardi 13 octobre 2026 une chute de 42 % des recettes de l’État au premier semestre, lors de l’ouverture de la 55e session annuelle du Conseil de la Choura à Doha. Il a également fait état d’une baisse de 14 % des dépenses publiques durant la même période. Il a attribué cette dégradation aux événements exceptionnels qui ont secoué la région, notamment la fermeture du détroit d’Ormuz et les dommages subis par les installations énergétiques de Ras Laffan, ayant interrompu une partie importante des exportations du pays.
Devant les membres du Conseil de la Choura, le souverain a expliqué que les mesures et politiques engagées avant la crise avaient permis au pays d’en amortir les effets. Il a insisté sur le choix de préserver les services essentiels, les principaux programmes publics et les priorités de développement malgré l’ajustement budgétaire, afin de ne pas interrompre la dynamique économique du Qatar.
Selon les extraits de son intervention diffusés par la télévision publique Qatar Television, l’émir a également rappelé que le Qatar assure environ un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL). Toute perturbation de sa production ou de ses exportations se répercute donc, a-t-il souligné, sur les marchés internationaux de l’énergie et sur les pays consommateurs.
Il a également rappelé qu’en 2025, l’économie qatarienne avait enregistré une croissance réelle de 2,9 %, une inflation moyenne de 0,5 % et un excédent de son compte courant. Il a affirmé que les activités non liées aux hydrocarbures avaient continué de progresser, représentant près de 80 % du produit intérieur brut réel, et que le pays avait conservé ses notes souveraines élevées.
Les derniers chiffres officiels du ministère qatari des Finances confirment une dégradation des comptes publics.
Au premier trimestre 2026, les recettes avaient atteint l’équivalent de 10,4 milliards de dollars (37,8 milliards de riyals), en baisse de 23,5 % sur un an, pour un déficit budgétaire de 2,8 milliards de dollars (10,3 milliards de riyals).
La situation s’est aggravée au deuxième trimestre, avec des recettes ramenées à l’équivalent de 7 milliards de dollars (25,6 milliards de riyals), contre 12,9 milliards de dollars (46,8 milliards de riyals) de dépenses, soit un déficit de 5,8 milliards de dollars (21,2 milliards de riyals).
Sur l’ensemble du premier semestre, le déficit cumulé atteint ainsi l’équivalent de 8,7 milliards de dollars (31,5 milliards de riyals), dépassant déjà le déficit de 6 milliards de dollars (21,8 milliards de riyals) prévu dans le budget initial pour toute l’année 2026.
Les statistiques publiées le 30 septembre par le Conseil national de planification du Qatar montrent qu’au deuxième trimestre 2026, le PIB lié aux hydrocarbures a reculé de 50,7 % sur un an, alors que l’activité hors hydrocarbures progressait de 2,6 %.
Sources : Qatar Television (extraits audiovisuels du discours diffusés le 13 octobre 2026) ; Diwan de l’émir du Qatar et Qatar News Agency (contexte institutionnel de la 55e session) ; ministère qatari des Finances (données budgétaires des deux premiers trimestres 2026)


