La société Palantir Technologies, géant américain du logiciel spécialisé dans l’analyse de données pour la défense et le renseignement, a déclenché une vive controverse en publiant un « mini-manifeste » de 22 principes intitulé The Technological Republic.
Au point n°6, l’entreprise dirigée par Alex Karp affirme sans détour :
« Le service national doit être un devoir universel. Nous devrions, en tant que société, envisager sérieusement d’abandonner une armée entièrement volontaire et de ne mener la prochaine guerre que si tout le monde partage les risques et les coûts. »
Ce positionnement intervient alors que Palantir est l’un des principaux fournisseurs de logiciels militaires aux États-Unis (notamment via des contrats avec l’armée et des outils d’IA comme Maven). Pour ses détracteurs, ce discours sonne comme un appel déguisé à la conscription, motivé par les intérêts commerciaux de l’entreprise qui profite directement d’une augmentation des opérations militaires.
Sur les réseaux sociaux, notamment sur X, la publication a provoqué un torrent de réactions négatives. Beaucoup d’internautes accusent Palantir de vouloir élargir un « État de surveillance » et estiment que les dirigeants et leurs familles devraient être les premiers à servir avant de prôner un tel devoir pour tous. D’autres y voient une volonté de transformer l’économie américaine en une « économie de guerre permanente ».
Ce manifeste plus large critique également la « décadence » culturelle, plaide pour une remilitarisation de l’Allemagne et du Japon, et défend l’idée que la démocratie a besoin d’une « puissance dure » soutenue par le logiciel.
Pour l’instant, Palantir n’a pas répondu aux critiques. L’affaire intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes (Chine, Ukraine, Moyen-Orient), où les débats sur la préparation militaire et le recrutement reviennent régulièrement aux États-Unis.








