Un passager américain asymptomatique testé positif au hantavirus après l’évacuation du navire MV Hondius à Tenerife

Un passager américain évacué du navire de croisière MV Hondius, touché par une épidémie de hantavirus, a été testé positif au virus mais ne présente aucun symptôme, ont annoncé les autorités sanitaires américaines dimanche soir. Cet incident survient au lendemain de l’arrivée du navire aux Canaries, où plus de 140 passagers et membres d’équipage de 23 nationalités ont été évacués dans des conditions strictes de quarantaine.

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Des passagers espagnols portant des ponchos bleus en plastique et des couvre-chefs après avoir quitté le navire aux îles Canaries.

Le MV Hondius, un navire d’expédition néerlandais exploité par Oceanwide Expeditions, a jeté l’ancre au large du port industriel de Granadilla de Abona, à Tenerife, tôt dimanche matin. Il transportait environ 146 personnes après une traversée dramatique marquée par trois décès et plusieurs cas d’infection. Les premiers passagers, dont des Espagnols, ont été débarqués par petits bateaux et transférés vers des zones isolées avant d’être rapatriés par avion militaire ou gouvernemental vers Madrid, Paris et d’autres capitales.

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Les passagers britanniques seront placés en quarantaine à l’hôpital Arrowe Park, à Wirral.

Selon l’Associated Press, sur les 17 passagers américains évacués, un a été confirmé positif au hantavirus sans aucun signe clinique. Un voyageur français a quant à lui développé des symptômes légers pendant son vol de retour. Les autorités espagnoles, la Compagnie de croisière et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont insisté : aucun des passagers encore à bord ne présentait de symptômes à l’arrivée du navire.

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Les premiers passagers évacués ont été transportés en autocar vers l’aéroport de Tenerife afin de prendre un vol de retour.
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Passagers et membres d’équipage à bord du MV Hondius après son arrivée au port de Granadilla, à Tenerife.
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Personnel médical au port de Granadilla.
Une épidémie rare et mortelle liée à une souche andine

Le hantavirus en cause est la souche Andes, originaire d’Amérique du Sud. Contrairement aux formes classiques transmises uniquement par les rongeurs (via les excréments, l’urine ou la salive), cette variante peut se propager de personne à personne dans de rares cas, bien que le risque reste très limité selon les experts.

L’épidémie semble avoir débuté après une escale à Ushuaia, en Argentine, où un ornithologue néerlandais et son épouse auraient été exposés à des rongeurs dans une décharge.

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Source: MarineTraffic, Reuters, The Guardian

Trois personnes sont décédées : le couple néerlandais et une femme allemande. Cinq autres passagers ont été confirmés infectés avant l’arrivée à Tenerife. Huit cas supplémentaires ont été signalés lors de l’évacuation initiale vers l’Europe depuis le Cap-Vert.

Le navire n’a pas accosté directement au port. Les passagers ont été transportés en petits groupes vers une zone sécurisée, puis conduits à l’aéroport de Tenerife pour des vols de rapatriement. Les Espagnols ont été placés en quarantaine dans un hôpital militaire à Madrid. Les Américains sont dirigés vers un centre spécialisé au Nebraska Medical Center, tandis que d’autres pays (Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, etc.) ont organisé leurs propres protocoles de surveillance.

Risque faible pour la population, mais vigilance maximale

L’OMS, dirigée par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus qui suit personnellement l’opération, estime que le risque pour la santé publique mondiale reste faible. « Le hantavirus n’est pas comparable à la pandémie de Covid-19 », a-t-elle rappelé. La transmission interhumaine de la souche Andes est rare et généralement limitée aux contacts étroits. Aucun nouveau cas symptomatique n’a été signalé parmi les passagers évacués jusqu’à présent.

Les autorités sanitaires de plusieurs pays ont mis en place un suivi étroit : tests quotidiens, quarantaine obligatoire et traçage des contacts. En Espagne, les habitants de Tenerife ont exprimé un mélange de crainte et de résignation face à l’arrivée du navire, certains craignant une propagation locale malgré les mesures de sécurité.

Le MV Hondius reste ancré au large, sous surveillance. Les autorités n’ont pas encore communiqué de date pour un éventuel retour du navire ou une désinfection complète.

Cette épidémie, la première de ce type sur un navire de croisière, rappelle la fragilité des environnements confinés face aux zoonoses. Les experts soulignent que le hantavirus reste extrêmement rare hors des zones endémiques d’Amérique du Sud, mais que la vigilance reste de mise tant que tous les passagers ne seront pas sortis de la période d’incubation (jusqu’à huit semaines).

Les passagers rapatriés sont invités à respecter strictement les consignes de quarantaine. Les autorités rappellent que le virus ne se transmet pas par l’air comme le Covid, mais principalement par contact avec des particules contaminées issues de rongeurs ou, dans ce cas rare, de personne à personne.

L’enquête sur l’origine exacte de la contamination se poursuit. Pour l’heure, le monde observe avec prudence cette évacuation internationale inédite, sans panique, mais avec une extrême prudence.

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