Les tourelles destinées aux blindés 8×8 des Forces armées royales seront produites au Maroc par Moroccan Military Industry (MMI), filiale du groupe de défense israélien Elbit Systems. Ces équipements doivent être intégrés aux véhicules assemblés localement par le constructeur indien Tata. Leur livraison est programmée à partir de mars 2027, selon le directeur général de MMI, interrogé par Reuters au Marrakech Air Show.
La société Moroccan Military Industry a précisé son calendrier industriel à l’occasion du Marrakech Air Show 2026. Son directeur général, Kaduri Naor, a indiqué jeudi 8 octobre à Reuters que les premières tourelles destinées à l’armée marocaine seraient livrées en mars 2027.
MMI a conclu un accord avec l’Administration de la défense nationale pour fabriquer ces systèmes d’armes et les munitions associées. L’opération associe ainsi une entreprise marocaine contrôlée par l’israélien Elbit Systems à des véhicules blindés 8×8 assemblés au Maroc par l’indien Tata. Reuters ne précise ni le modèle exact des tourelles, ni leur lieu de conception initial, ni la proportion des composants qui seront fabriqués localement.
Deux implantations industrielles au Maroc
MMI exploite une installation consacrée aux systèmes d’armes dans la zone industrielle Midparc, près de Casablanca. Une deuxième usine est en cours de mise en place à Sidi Yahya, au nord de Rabat, pour produire des munitions de moyen et de gros calibres.
Selon Kaduri Naor, 99 % des effectifs de l’entreprise, ingénieurs compris, sont marocains. Les installations doivent assurer la production de tourelles et de munitions destinées aux plateformes terrestres.
Une variante antidrone à fragmentation
MMI développe parallèlement une version antidrone de la même tourelle. La munition associée, qui doit être fabriquée au Maroc, sera équipée d’un petit radar destiné à détecter l’approche d’un drone et à déclencher une explosion projetant des fragments de tungstène vers la cible.
Ce système vise le marché des solutions d’interception à coût maîtrisé face aux drones, dont le prix peut être très inférieur à celui des moyens employés pour les neutraliser. « La menace est très bon marché […] les systèmes de défense sont plus coûteux », a expliqué Kaduri Naor à Reuters, qualifiant la solution développée par MMI d’économiquement compétitive.
Le directeur général a également évoqué un projet de fabrication d’un mortier automoteur pouvant être monté sur véhicule. Aucune date de production n’a été annoncée pour ce programme.
Une perspective d’exportation vers un pays de l’OTAN
MMI souhaite faire du Maroc une base de production à l’export. Kaduri Naor a évoqué un futur client dans un pays européen membre de l’OTAN, sans en dévoiler l’identité, le matériel concerné ni le volume envisagé.
Ces projets s’inscrivent dans le cadre de la coopération de défense entre le Maroc et Israël, engagée après la reprise des relations diplomatiques en 2020 et formalisée par un accord signé en 2021. Celui-ci a ouvert des possibilités de collaboration dans la défense aérienne, l’artillerie, les drones et la production de matériels militaires.
Source : Reuters, Ahmed El Jechtimi, 8 octobre 2026.


