Crise en Ukraine : L’UE pourrait interdire le trading d’obligations d’État russes et sanctionner des centaines de personnes

Les sanctions de l’Union européenne à l’encontre de la Russie pourraient inclure l’inscription de centaines d’hommes politiques et de fonctionnaires sur des listes noires, l’interdiction de négocier des obligations d’État russes et l’interdiction d’importer et d’exporter des entités séparatistes du Donbass, Donetsk et Lougansk, ont déclaré mardi des diplomates et des fonctionnaires de l’UE.

Reuters

Les ambassadeurs de l’Union européenne ont approuvé à l’unanimité, lors d’une réunion à Bruxelles, le principe d’imposer des sanctions après la reconnaissance officielle par la Russie de deux régions séparatistes dans l’est de l’Ukraine.


Les ministres des affaires étrangères de l’UE se réuniront plus tard à Paris pour convenir des détails de ces mesures, ont déclaré plusieurs diplomates à Reuters.

Pendant ce temps, le chancelier allemand Olaf Scholz a gelé la certification du gazoduc Nord Stream 2, dans l’une des réactions les plus profondes aux mesures prises par Moscou.

L’annonce faite lundi par le président russe Vladimir Poutine, suivie de la signature d’un décret sur le déploiement de troupes russes à Donetsk et à Louhansk, a suscité une condamnation internationale et des sanctions immédiates de la part des États-Unis.

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L’Union européenne a répété à plusieurs reprises qu’elle était prête à imposer des «sanctions massives» à l’économie russe si Moscou envahissait l’Ukraine, mais elle a également prévenu que, compte tenu des liens énergétiques et commerciaux étroits entre l’UE et la Russie, elle souhaitait renforcer ces sanctions par étapes.

«Nous devons veiller à ce que, quoi qu’il arrive, la Russie ressente la douleur… pour nous assurer qu’elle n’est absolument pas incitée à aller plus loin», a déclaré mardi le ministre irlandais des affaires européennes, Thomas Byrne.

La série des sanctions pourrait inclure l’inscription sur une liste noire de l’UE des membres de la chambre basse du parlement russe qui ont voté en faveur de la reconnaissance de l’indépendance des deux régions séparatistes, a déclaré un fonctionnaire européen.

Les ambassadeurs ont également discuté de la possibilité de sanctionner les entreprises et les banques impliquées dans le financement des activités séparatistes dans l’est de l’Ukraine, a indiqué une source de la Commission européenne.

Les deux régions pourraient également être exclues d’un accord de libre-échange entre l’UE et l’Ukraine, a ajouté la source.

Une Europe a deux vitesses

Les 27 États membres de l’Union européenne n’ont pas tous la même relation avec la Russie ni la même dépendance vis-à-vis de son gaz, ce qui pourrait éventuellement compliquer l’adoption de sanctions, indique Reuters.

Selon des fonctionnaires et des diplomates européens, certains pays de l’UE, dont l’Autriche, la Hongrie et l’Italie, les plus proches alliés de la Russie au sein de l’Union, préféreraient des sanctions plus limitées en réponse à l’intervention de M. Poutine dans l’est de l’Ukraine.

D’autres souhaitent que l’éventail de mesures plus complet et plus sévère évoqué ces dernières semaines en cas d’invasion de l’Ukraine par la Russie soit déployé dès maintenant. Les États baltes, d’Europe centrale et orientale, estiment que des sanctions sévères devraient être imposées immédiatement, la Russie faisant déjà preuve d’agressivité militaire à l’égard de l’Ukraine.

Le Premier ministre italien Mario Draghi, dont le pays dépend de la Russie pour une grande partie de son gaz, a déclaré lors d’une conférence de presse à Rome que toute sanction ne devrait pas inclure les importations d’énergie.

«La façon dont nous réagissons en tant qu’Union européenne définira notre caractère et, en fait, l’avenir de l’Europe», a déclaré le vice-ministre lituanien des affaires étrangères, Arnoldas Pranckevicius, lors d’une réunion à Bruxelles.

Les sanctions «ne doivent pas être symboliques. Si nous voulons dissuader le président Poutine de poursuivre ses actions, si nous voulons empêcher la guerre de se produire, nous devons prendre des mesures sérieuses.»

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