Pétrole des Malouines : Milei donne deux semaines à Londres avant de saisir la justice internationale

L’Argentine hausse le ton face au Royaume-Uni dans le dossier des Malouines. Javier Milei a ordonné l’engagement d’une procédure d’arbitrage international pour tenter de bloquer l’exploitation du gisement pétrolier Sea Lion. Buenos Aires donne deux semaines à Londres avant de saisir le Tribunal international du droit de la mer et annonce parallèlement des poursuites visant les opérations de Thales UK.

Le gouvernement de Javier Milei ouvre un nouveau front contre Londres autour des îles Malouines – Falkland Islands pour le Royaume-Uni. Dans un communiqué officiel publié le 28 septembre, la présidence argentine annonce avoir chargé le ministère des Affaires étrangères et les équipes juridiques de l’État d’engager une procédure d’arbitrage prévue par l’annexe VII de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

L’objectif affiché par Buenos Aires est précis : empêcher l’exploitation des hydrocarbures de la Cuenca Malvinas Norte, notamment à travers le projet pétrolier Sea Lion, ainsi que l’octroi de nouvelles autorisations d’exploitation des ressources naturelles dans les espaces maritimes revendiqués par l’Argentine.

République argentine
Présidence de la Nation
Communiqué officiel
N° 166
Traduction intégrale en français
📅 28 septembre 2026 📍 Buenos Aires 🇦🇷 Présidence argentine
Document : traduction intégrale du communiqué officiel n° 166 de l’Office du Président Javier Milei, publié le 28 septembre 2026.
1

Procédure d’arbitrage international

L’Office du Président informe que, face à l’action illégitime du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord dans les îles Malouines, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud ainsi que dans les espaces maritimes environnants, le Président de la Nation a donné instruction au ministère des Affaires étrangères et aux équipes juridiques du gouvernement d’engager la procédure d’arbitrage prévue à l’Annexe VII de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, afin d’empêcher l’exploitation illégitime des ressources en hydrocarbures dans le bassin des Malouines Nord, à travers le projet dénommé « Sea Lion », ainsi que l’adoption de toute autre mesure susceptible d’aggraver la situation, en particulier l’octroi de nouveaux permis d’exploitation des ressources naturelles existant sur le plateau continental argentin.

2

La résolution 2065 (XX) des Nations unies

L’Assemblée générale des Nations unies, par la résolution 2065 (XX), a reconnu l’existence d’un différend de souveraineté entre la République argentine et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord au sujet des îles Malouines, de la Géorgie du Sud et des îles Sandwich du Sud ainsi que des espaces maritimes environnants, et a invité les deux gouvernements à parvenir à une solution pacifique au différend par la voie des négociations.

3

La résolution 31/49

De même, la résolution 31/49 de l’Assemblée générale des Nations unies a expressément invité les deux pays à s’abstenir d’adopter des décisions impliquant des modifications unilatérales de la situation tant que se poursuit le processus recommandé par l’Assemblée générale.

4

Exploitation des ressources naturelles

L’exploitation unilatérale des ressources naturelles des îles Malouines, de la Géorgie du Sud et des îles Sandwich du Sud ainsi que des espaces maritimes environnants est contraire au droit international et cause un préjudice irréversible et irréparable aux droits souverains de la République argentine.

Mise en demeure

Dans ce cadre, la République argentine a formellement mis en demeure le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de prendre, dans un délai de deux semaines, les mesures nécessaires pour empêcher le début ou la poursuite des activités destinées à l’exploitation des ressources en hydrocarbures sur le plateau continental argentin.

5

Saisine du Tribunal international du droit de la mer

Si le Royaume-Uni ne se conforme pas à cette demande dans le délai fixé, la République argentine sollicitera auprès du Tribunal international du droit de la mer les mesures provisoires nécessaires afin de préserver les droits souverains sur son plateau continental.

6

Rejet de la position britannique

Par ailleurs, la République argentine exprime son rejet catégorique de la réponse du Royaume-Uni à la déclaration prononcée par le Président de la Nation, Javier G. Milei, devant l’Assemblée générale des Nations unies.

La prétendue désignation des îles Malouines comme « territoire britannique d’outre-mer » ainsi que le référendum unilatéral organisé en 2013 et non reconnu internationalement ne modifient ni l’existence ni l’objet du différend de souveraineté reconnu par les Nations unies.

7

Thales UK Limited dans le viseur

Enfin, il est indiqué qu’à la suite de la détection d’opérations réalisées par l’entreprise THALES UK LIMITED sur la liaison aérienne îles Malouines – Punta Arenas, au moyen d’un aéronef immatriculé au Royaume-Uni et sans autorisation des autorités argentines, le Président de la Nation a ordonné aux équipes gouvernementales d’engager de toute urgence les procédures de sanction et les plaintes pénales correspondantes, ainsi que les démarches diplomatiques pertinentes.

8

L’Argentine entend poursuivre son action

La République argentine ne restera pas les bras croisés et continuera à défendre fermement ses droits souverains, en utilisant tous les instruments diplomatiques, administratifs et juridiques que lui reconnaissent le droit national et le droit international.

« Les Malouines sont argentines. »

Londres sommé d’agir sous deux semaines

Buenos Aires affirme avoir formellement mis en demeure le Royaume-Uni de prendre, dans un délai de deux semaines, les mesures nécessaires pour empêcher le début ou la poursuite des activités d’exploitation d’hydrocarbures sur ce que l’Argentine considère comme son plateau continental.

À défaut, le gouvernement Milei annonce qu’il demandera au Tribunal international du droit de la mer l’adoption de mesures provisoires destinées à préserver les droits souverains revendiqués par l’Argentine.

Pour étayer sa démarche, Buenos Aires invoque notamment les résolutions 2065 (XX) et 31/49 de l’Assemblée générale des Nations unies. La première reconnaît l’existence d’un différend de souveraineté entre l’Argentine et le Royaume-Uni concernant les Malouines, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud et appelle les deux gouvernements à rechercher une solution négociée. La seconde demande aux parties de s’abstenir de décisions entraînant des modifications unilatérales de la situation pendant le processus recommandé par l’ONU.

Repères historiques

Malouines / Falkland Plus de deux siècles de souveraineté disputée

Des premières implantations européennes au conflit de 1982, jusqu’au face-à-face diplomatique actuel entre l’Argentine et le Royaume-Uni.

1833 Point de rupture historique
1965 Résolution 2065 de l’ONU
1982 Guerre de l’Atlantique Sud
Pourquoi ce territoire reste-t-il disputé ?

L’Argentine revendique la souveraineté sur les îles Malouines, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud ainsi que sur les espaces maritimes environnants. Le Royaume-Uni administre les Falkland Islands et affirme également sa souveraineté. Les Nations unies reconnaissent l’existence d’un différend de souveraineté entre les deux États.

1764

Français, Britanniques et Espagnols

Au XVIIIe siècle, plusieurs puissances européennes s’installent successivement dans l’archipel. Une implantation française est créée en 1764, tandis que les Britanniques établissent leur propre présence l’année suivante. L’Espagne administrera ensuite une partie des îles jusqu’au début du XIXe siècle.

1820s

Buenos Aires affirme ses droits

Après l’indépendance, les autorités de Buenos Aires revendiquent les îles au titre de la succession des territoires espagnols. Une administration y est établie et Luis Vernet est nommé gouverneur en 1829.

1833
Le point de rupture

La Royal Navy reprend le contrôle des îles

Le 3 janvier 1833, un bâtiment de la Royal Navy exige le départ des autorités argentines présentes dans l’archipel. Le Royaume-Uni reprend alors le contrôle des îles et les administre depuis cette date, à l’exception de la période de la guerre de 1982.

Position argentine Buenos Aires considère l’événement de 1833 comme une prise de possession par la force et proteste contre la souveraineté britannique.
Position britannique Londres affirme avoir rétabli une souveraineté britannique antérieure et conteste l’interprétation argentine des événements de 1833.
1946

Le dossier entre dans le système des Nations unies

Les îles Falkland (Malvinas) sont inscrites par les Nations unies sur la liste des territoires non autonomes. Le Royaume-Uni y est identifié comme puissance administrante.

1965

L’ONU reconnaît l’existence du différend

La résolution 2065 (XX) de l’Assemblée générale constate l’existence d’un différend entre l’Argentine et le Royaume-Uni concernant la souveraineté sur les îles et invite les deux gouvernements à négocier afin de rechercher une solution pacifique.

1982
Guerre

Argentine et Royaume-Uni s’affrontent militairement

Le 2 avril 1982, les forces argentines prennent le contrôle des îles. Le gouvernement britannique de Margaret Thatcher dépêche une importante force navale et militaire dans l’Atlantique Sud.

Après plusieurs semaines de combats terrestres, aériens et navals, les forces argentines présentes aux Malouines capitulent le 14 juin 1982.

2013

Les habitants votent pour le maintien du statut britannique

Lors d’un référendum organisé les 10 et 11 mars 2013, 99,8 % des votants se prononcent en faveur du maintien du statut de territoire britannique d’outre-mer, avec une participation de 92 %.

Buenos Aires L’Argentine ne considère pas cette consultation comme susceptible de régler le différend de souveraineté.
Londres Le Royaume-Uni invoque ce vote comme l’expression du droit des habitants à l’autodétermination.
2026

Les hydrocarbures ravivent le contentieux

Le développement de projets pétroliers dans les eaux entourant l’archipel ajoute désormais un enjeu économique majeur au différend territorial. Buenos Aires conteste la légitimité des licences d’exploitation accordées dans ces espaces, tandis que Londres et les autorités des îles défendent leur droit à exploiter leurs ressources.

Guerre des Malouines
1982 en chiffres
2 avril — 14 juin 1982
649 Argentins tués
255 militaires britanniques tués
3 habitants des îles tués
ONU
Ce que dit l’ONU

Les Nations unies utilisent la double appellation « Falkland Islands (Malvinas) ». L’archipel figure sur la liste des territoires non autonomes, avec le Royaume-Uni comme puissance administrante. L’ONU indique parallèlement que la souveraineté sur les îles fait l’objet d’un différend entre l’Argentine et le Royaume-Uni.

La situation aujourd’hui
Administration Royaume-Uni

Les Falkland Islands sont administrées comme un territoire britannique d’outre-mer disposant d’institutions locales.

Revendication République argentine

Buenos Aires maintient sa revendication de souveraineté sur les Malouines, la Géorgie du Sud, les Sandwich du Sud et les espaces maritimes associés.

Malouines ou Falkland ? « Malvinas » est la dénomination utilisée par l’Argentine ; « Falkland Islands » celle utilisée par le Royaume-Uni. Dans ses documents consacrés au dossier, l’ONU emploie la forme double : Falkland Islands (Malvinas).

Milei rejette la position britannique

Le communiqué répond également directement à Londres après l’intervention de Javier Milei devant l’Assemblée générale des Nations unies.

La présidence argentine rejette la qualification britannique des Malouines comme « territoire britannique d’outre-mer »ainsi que la portée donnée par Londres au référendum organisé dans l’archipel en 2013. Buenos Aires considère que cette consultation ne modifie ni l’existence ni l’objet du différend de souveraineté reconnu par les Nations unies.

Le gouvernement argentin qualifie par ailleurs l’exploitation unilatérale des ressources naturelles des territoires contestés de contraire au droit international et estime qu’elle porte atteinte à ses droits souverains.

Thales UK également dans le viseur

Le communiqué ouvre enfin un deuxième dossier, visant cette fois Thales UK Limited.

Selon la présidence argentine, des opérations de l’entreprise ont été détectées sur la liaison aérienne entre les Malouines et Punta Arenas, au Chili, au moyen d’un appareil immatriculé au Royaume-Uni et sans autorisation des autorités argentines.

Milei a ordonné l’ouverture urgente de procédures administratives de sanction et de plaintes pénales, ainsi que le lancement de démarches diplomatiques liées à ces opérations.

Le message politique de Buenos Aires est particulièrement ferme. L’exécutif assure qu’il utilisera l’ensemble des instruments diplomatiques, administratifs et juridiques à sa disposition pour défendre les revendications argentines.

Le communiqué se clôt par la formule historique de Buenos Aires : « Las Malvinas son argentinas » – « Les Malouines sont argentines ».

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