Rabat décortique la position de la Commission africaine concernant le Sahara

Dans un exercice didactique peu commun, le royaume du Maroc, via sa diplomatie, a tenu à faire une lecture analytique du rapport présenté aujourd’hui par Moussa Faki Mahamat aux chefs d’Etat et de gouvernement qui ont représenté leurs pays respectifs au sommet de l’Union africaine qui tient sa 31e édition dans la capitale mauritanienne Nouakchott.

Selon une note dont LE1.ma a pu prendre connaissance, le Maroc estime que «le sommet de l’UA à Nouakchott marque une avancée substantielle du royaume sur la question nationale.»


On y lit notamment le diagnostic suivant :

Le président de la Commission de l’UA Moussa Faki Mahamat a soumis aujourd’hui aux Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA réunis à Nouakchott en session à huit clos, le rapport qu’il a été mandaté à réaliser selon la décision 653 adoptée par la session de juillet 2017.

Le rapport consacre la primauté du processus onusien dans la gestion de la question du Sahara. Ainsi, le paragraphe 20C stipule que : «La nécessité pour l’UA d’inscrire sa démarche dans le cadre d’un appui renforcé aux efforts des Nations unies, pour accroitre leur chance d’aboutissement. En d’autres termes, il ne s’agirait pas pour l’UA de développer un processus parallèle à celui des Nations unies».

De même, la recommandation 21B précise que «le rôle de l’UA devrait viser à accompagner et à soutenir les efforts des Nations Unies, dont le Conseil de Sécurité demeure saisi de la question. Au demeurant, l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général des Nations Unies conduit, depuis sa prise de fonction, des consultations intensives avec les parties, lesquelles ont exprimé leur engagement à coopérer avec lui».

Le sommet de l’UA à Nouakchott marque une avancée substantielle du royaume sur la question nationale

L’unique référence dans le traitement de la question sera les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies. En effet, recommandation 21C souligne que «conformément à ce rôle d’accompagnement et de soutien, la Conférence de l’Union devrait apporter un appui efficace au processus conduit par les Nations Unies, basé sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Celles-ci ont, de façon constante, demandé aux parties de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, de bonne foi, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la charte des Nations unies».

Il ne s’agirait pas pour l’UA de développer un processus parallèle à celui des Nations unies

Les autres organes de l’UA et notamment ceux qui étaient instrumentalisés par les adversaires du Maroc tel le Conseil de Paix et de Sécurité -CPS- se trouvent dessaisis du traitement de cette question. La recommandation 21D souligne que «pour assurer la cohérence requise, la question du Sahara ne serait évoquée que dans ce cadre et à ce niveau» en faisant référence à la Conférence de l’Union Africaine et au niveau des Chefs d’Etats.

Le rôle de l’UA devrait viser à accompagner et à soutenir les efforts des Nations Unies

Le rapport reflète fidèlement la position marocaine. Il rappelle ainsi dans le paragraphe 12 que «les autorités marocaines ont réaffirmé le rôle central des Nations unies dans la conduite du processus de négociation. Elles ont mis en garde contre les risques d’un processus parallèle, estimant qu’en reconnaissant la pseudo rasd, l’UA s’était d’elle-même exclue des efforts de recherche d’une solution : selon le Maroc, l’Union a, par ce fait, tranché le débat sur le statut du territoire que les Nations unies s’emploient à déterminer. Il est précisé dans le rapport que les autorités marocaines ont marqué leur appui aux efforts du nouvel Envoyé Personnel du Secrétaire général des Nations unies et leur attachement au processus de négociation conduit sous les auspices des Nations unies et que tout règlement du conflit requiert l’implication effective de l’Algérie.

Le rapport insiste dans le paragraphe 17 sur le rôle crucial que les autorités algériennes et mauritaniennes peuvent jouer dans la recherche d’une solution.

Les autorités marocaines ont marqué leur appui aux efforts du nouvel Envoyé Personnel du Secrétaire général des Nations unies

La note précise enfin que le président de la Commission de l’Union africaine «a exhorté les deux pays à soutenir activement les efforts déployés pour la relance du processus de négociation, en ajoutant que le conflit n’avait que trop duré et que la situation actuelle entravait les efforts d’intégration dans le cadre de l’UMA et ceux visant à promouvoir plus efficacement la sécurité régionale.»

Tout règlement du conflit requiert l’implication effective de l’Algérie

D’ailleurs, «le mécanisme de suivi requis dans le paragraphe 21C a été mis en place par la Conférence sous forme de troïka composé des présidents sortant, entrant et en cours avec le Président de la Commission de l’Union Africaine. Ce mécanisme présente l’avantage des principes de la continuité dans la position de l’UA et celui de l’équilibre dans ses approches basées sur les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité.»

Les plus lus

Felipe VI et Letizia se rendront à Sebta et Melilla les 13 et 14 octobre, sans Sánchez

Le couple royal espagnol effectuera son premier déplacement officiel...

Felipe VI à Sebta et Melilla : la cordialité des rois à l’épreuve de la souveraineté

Madrid présente la visite du couple royal comme une...

À Paris, l’ONMT mise sur le Mondial 2030 pour séduire le marché français

Devant la presse réunie au Bristol, Achraf Fayda a...

Madrid reporte son sommet avec Alger : Rabat au cœur d’un jeu diplomatique à trois bandes

L’Espagne a reporté sine die la Réunion de haut...

Polarium confie la France, l’Italie et l’Afrique du Nord à Anass Chaker

Le spécialiste suédois du stockage intelligent de l’énergie Polarium...

Mohammed VI rappelle aux parlementaires leur « contrat moral » devant les citoyens et l’histoire

Le Roi rappelle aux élus la portée politique et morale de leur mandat, devant Dieu, les citoyens et l’histoire.

Espagne : après deux mois de « Maroc-bashing » et de retenue diplomatique, Mohammed VI met les points sur les i

Après la crise de Sebta, les polémiques espagnoles et le communiqué de Bourita du 10 septembre, Mohammed VI affirme les limites souveraines du partenariat migratoire.

Déconcentration administrative : Mohammed VI avertit qu’« aucun retard ni atermoiement n’est plus tolérable »

Mohammed VI exige l’application de la Charte de la Déconcentration et le transfert effectif des compétences et des ressources vers les territoires.

Mohammed VI place la jeunesse, l’ascension sociale et la confiance dans les institutions au cœur du nouveau mandat

Éducation, qualification, insertion et égalité des chances : les jeunes au centre des politiques publiques du nouveau mandat.

Eau, énergie, industrie, intelligence artificielle : Mohammed VI trace les nouvelles priorités stratégiques du Maroc

Le Roi appelle à de nouvelles stratégies dans six domaines et à l’accélération des réserves stratégiques, avec une mobilisation accrue du secteur privé.

Mohammed VI : la fierté d’être Marocain doit se traduire en responsabilité nationale

En rappelant sa déclaration de 2014, Mohammed VI relie la fierté nationale à l’engagement et à la responsabilité de chaque Marocain.

Mohammed VI appelle la 12e Législature à saisir une « conjoncture exceptionnelle »

Dans son discours devant le Parlement, Mohammed VI appelle la 12e Législature à saisir des opportunités exceptionnelles et à concilier puissance économique émergente et justice sociale.

Discours royal : Mohammed VI fixe le cap de la nouvelle législature et avertit l’Espagne

Émergence économique, justice territoriale, jeunesse, intelligence artificielle, réforme administrative et coopération migratoire avec l’Espagne : les principales orientations du discours royal du 9 octobre 2026.

Related Articles

Focus Thématiques