Ce n’était pas un match, c’était une exécution. En demi-finale de la Coupe du Monde 2026, l’Espagne a littéralement écrasé la France (2-0) au AT&T Stadium de Dallas, se qualifiant pour la finale dimanche à New Jersey. Mikel Oyarzabal (22e, penalty) et Pedro Porro (58e) ont scellé le sort d’une équipe française totalement impuissante. Kylian Mbappé, isolé comme jamais, a vu ses rêves de conquête s’envoler pour quatre ans de plus.
Un début feutré… puis le coup de massue
Dès les premières minutes, la Roja a imposé son tempo. Possession stérile d’un côté, presses étouffantes de l’autre. Bradley Barcola a bien débordé Pedro Porro à la 6e minute, mais la France n’a jamais trouvé la faille. Un free-kick d’Álex Baena dans le mur, une passe trop longue de Mbappé vers Dembélé… les Bleus cherchaient leur rythme.
Puis est arrivé le moment qui a tout basculé. Au quart d’heure de jeu, Lucas Digne, malheureux sur un centre adverse, laisse rebondir le ballon sur sa tête. Lamine Yamal (fils d’un père marocain originaire de Larache) s’engouffre, balle apparemment touchée du bras, et se fait faucher grossièrement. Penalty. Iván Barton n’hésite pas. La VAR valide. Oyarzabal, d’un plat du pied rageur, trompe Mike Maignan. 0-1. La France est sonnée.

William Saliba sort blessé peu après, remplacé par Maxence Lacroix. L’arrière-garde tricolore chancelle déjà. À la mi-temps, le score est logique : l’Espagne a dominé sans trembler, le milieu français (Tchouaméni-Rabiot) a été complètement noyé par Rodri et Fabián Ruiz.
Porro assassine, Mbappé invisible
Au retour des vestiaires, Didier Deschamps tente le coup de K.O. : Koné pour Rabiot (déjà averti), puis Doué pour Barcola avant l’heure. Rien n’y fait. L’Espagne reste maîtresse du ballon, du rythme, des espaces.
Et à la 58e minute, le chef-d’œuvre. Dani Olmo, au sol, renvoie une passe millimétrée. Un gouffre s’ouvre sur le côté gauche français. Pedro Porro, calme comme un vétéran, ajuste et fusille Maignan. 0-2. Le stade explose en rouge et jaune.
Yamal, encore lui, se voit refuser un triplé pour un hors-jeu d’un poil. Mbappé, enfin un peu plus présent après l’heure de jeu, force Unai Simón à une parade sur un centre-tir, puis voit un lob dévié par Cucurella. Trop tard. Beaucoup trop tard. Les Bleus n’ont jamais existé offensivement. Zéro vrai danger. Zéro étincelle. Juste une défaite nette, sèche, humiliante.
Analyse : l’Espagne a tout contrôlé, la France a tout raté
Luis de la Fuente a sorti le grand jeu. Même onze que face à la Belgique, avec Merino prêt à entrer en super-sub. La Roja a étouffé le milieu français, fermé les espaces à Mbappé-Dembélé-Olise, et joué avec une précision chirurgicale. Digne a été le bouc émissaire du peno, mais le vrai problème était plus profond : une France incapable de sortir de sa torpeur, un Mbappé réduit au rôle de spectateur, un Deschamps qui a vu son plan s’effondrer.
De l’autre côté, c’est une leçon de maturité. Yamal (19 ans ce lundi) a été décisif sur le peno et omniprésent. Porro a racheté sa première mi-temps. Oyarzabal a été froid. Rodri, capitaine impérial, a tout dirigé.
Pour la France, c’est un échec cuisant. Les favoris du tournoi, ceux qu’on voyait déjà soulever le trophée, sortent par la petite porte. Mbappé n’a pas touché le fond de filet en demi. Pour la première fois de sa carrière, il rate la finale d’un Mondial.

Et maintenant ?
L’Espagne attend sereinement le vainqueur de l’autre demi (Angleterre-Argentine mercredi) pour la grande finale de dimanche à New Jersey. Personne ne les prendra plus à la légère. La Roja est en mission. Et elle a l’air invincible.
Les Bleus, eux, rentrent à la maison. La tête basse. Le cœur lourd. Et quatre ans pour digérer cette leçon de football pure.
Score final : France 0-2 Espagne
Buteurs : Oyarzabal (22e, pen.), Porro (58e)
Un grand soir pour l’Espagne. Une nuit noire pour la France.






