La suppression annoncée du Programme de langue arabe et culture marocaine, PLACM, à partir de l’année scolaire 2027-2028 provoque la réaction de l’Association des travailleurs et immigrés marocains, ATIM.
Dans un communiqué signé par sa vice-présidente, Sabah Yacoubi, l’association exprime son opposition à la décision de la Junta de Andalucía, le gouvernement régional de l’Andalousie. Selon l’ATIM, cette mesure concerne directement des familles d’origine marocaine installées dans la région, notamment dans les provinces d’Almería, de Grenade et de Cadix.
Le PLACM s’appuie sur la Convention de coopération culturelle signée entre l’Espagne et le Maroc à Rabat en 1980, entrée en vigueur en 1985. Ce texte prévoit notamment de faciliter l’enseignement de la langue arabe aux élèves marocains scolarisés dans les établissements espagnols, avec des enseignants pris en charge par le Maroc.
Pour l’ATIM, ce programme constitue un outil de transmission linguistique et culturelle pour les familles marocaines établies en Andalousie. L’association estime qu’il contribue au développement personnel des élèves, à leur parcours scolaire et à leur intégration dans la société espagnole.
Le communiqué rejette les critiques visant le PLACM, en particulier celles qui l’associent à un risque d’endoctrinement ou d’ingérence étrangère. Sabah Yacoubi Channig souligne que le programme fonctionne depuis plusieurs décennies dans un cadre institutionnel défini, en dehors du temps scolaire obligatoire et sous la supervision des autorités éducatives espagnoles.
L’ATIM met également en avant l’importance de la langue arabe dans le contexte international. Avec plus de 400 millions de locuteurs, l’arabe fait partie des six langues officielles des Nations unies. L’association présente son apprentissage comme un atout dans les domaines de la diplomatie, du commerce, de la coopération et de la recherche.
Le communiqué replace aussi cette décision dans le cadre des relations entre l’Espagne et le Maroc. Selon l’ATIM, la coopération éducative entre les deux pays repose sur le principe de réciprocité. L’association estime qu’un affaiblissement du PLACM pourrait peser sur d’autres programmes conjoints, notamment ceux liés à la promotion de la langue espagnole au Maroc.
Sabah Yacoubi appelle la Junta de Andalucía à reconsidérer cette décision et à ouvrir un dialogue avec les familles concernées, les associations de parents d’élèves, les syndicats, les acteurs éducatifs et les organisations sociales.
Pour l’ATIM, le maintien du Programme de langue arabe et culture marocaine relève d’un enjeu éducatif, culturel et social dans une région où vivent de nombreuses familles d’origine marocaine et où les liens humains avec le Maroc occupent une place importante.





