Abdelilah Benkirane a mis fin aux spéculations entourant une rencontre annoncée ce jeudi à 17h avec Fatima Ezzahra El Mansouri. Le secrétaire général du PJD confirme avoir été directement contacté par la nouvelle cheffe du gouvernement, mais assure qu’aucun responsable de son parti ne se rendra au siège du PAM à l’heure annoncée. Une rencontre entre les deux responsables n’est toutefois pas exclue ultérieurement.
Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), Abdelilah Benkirane, a démenti la tenue, ce jeudi à 17h au siège du Parti authenticité et modernité (PAM), d’une rencontre avec Fatima Ezzahra El Mansouri dans le cadre des consultations pour la formation du nouveau gouvernement.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux du parti, l’ancien chef du gouvernement a cependant confirmé avoir été personnellement contacté par Fatima Ezzahra El Mansouri après sa nomination par le Roi Mohammed VI à la tête du gouvernement.
Benkirane explique avoir accueilli favorablement le principe d’un échange. Malgré l’opposition politique ancienne entre le PJD et le PAM, il souligne qu’El Mansouri est désormais cheffe du gouvernement et qu’elle doit, à ce titre, bénéficier du respect dû à l’institution qu’elle représente.
Selon son récit, l’hypothèse d’un rendez-vous jeudi à 17h a ensuite été évoquée, au siège du PAM. C’est sur le lieu de la rencontre que Benkirane dit avoir marqué son désaccord. Il affirme avoir indiqué à El Mansouri que, puisque l’initiative de la rencontre venait d’elle, il ne souhaitait pas se déplacer au siège du PAM et qu’elle pouvait, si elle le souhaitait, venir le rencontrer.
Pour justifier cette position, Benkirane rappelle sa propre pratique lorsqu’il avait été chargé par le Roi, en 2011, de former le gouvernement. Il affirme s’être alors lui-même déplacé auprès d’anciens Premiers ministres et responsables politiques, en considération de leur statut. Il cite notamment sa démarche auprès de l’USFP : accompagné d’Abdellah Baha, il s’était rendu au domicile d’Abdelouahed Radi, alors premier secrétaire du parti, en présence notamment de Fathallah Oualalou. Benkirane qualifie cette entrevue de «rencontre excellente» et rappelle que ses interlocuteurs lui avaient alors fait part, avec franchise, de l’état d’esprit qui prévalait au sein de leur formation.
L’ancien chef du gouvernement raconte avoir finalement repris contact avec El Mansouri, estimant que la question du lieu semblait créer un embarras, pour lui proposer de reporter la rencontre à un moment où «les conditions seront meilleures».
Benkirane est surtout catégorique sur les informations circulant au sujet de ce jeudi: aucun représentant du PJD ne se rendra au siège du PAM à 17h, affirme-t-il. Il ajoute rester disponible si la cheffe du gouvernement souhaite ultérieurement le rencontrer, notamment pour une question relevant de l’intérêt de l’État.
Cette mise au point intervient alors que Fatima Ezzahra El Mansouri poursuit les consultations engagées après sa nomination, le 29 septembre, par le Roi Mohammed VI et sa désignation pour former le nouvel Exécutif. Mercredi, elle a ouvert le cycle avec le RNI : son président Mohamed Chouki était accompagné de Rachid Talbi Alami et de Mohamed Boussaid, ancien ministre de l’Économie et des Finances, dont la présence dans cette première délégation est à relever. Côté PAM, El Mansouri était entourée d’Abdellatif Ouahbi, Fouzi Lekjaa et Ahmed Akhchichine. La présence de ce dernier au sein de la commission chargée des consultations, aux côtés des principales figures du parti, le place directement au cœur du dispositif de négociation et des équilibres internes de cette séquence.
El Mansouri a ensuite reçu l’Istiqlal, conduit par Nizar Baraka, accompagné notamment de Mohamed Ould Errachid, Abdessamad Kayouh et Abdeljabbar Rachdi, puis le Mouvement populaire de Mohamed Ouzzine. Ce dernier était accompagné de Hicham Rahil mais aussi de Mohand Laenser, président du MP et ancien secrétaire général, autre présence notable de cette première journée de consultations. L’USFP de Driss Lachgar et le PPS de Nabil Benabdallah ont également été reçus.
Le PJD, qui a déjà décidé de ne pas participer au prochain gouvernement, maintient ainsi sa position d’opposition. Benkirane insiste néanmoins sur la distinction entre cette ligne politique et les relations institutionnelles avec la nouvelle cheffe du gouvernement: le dialogue reste possible, mais pas dans les conditions annoncées pour ce jeudi.






