Aziz Rhali, vice-président de la FIDH et ancien président de l’AMDH, a rendu inaccessibles ses comptes sur les réseaux sociaux après la publication d’un article du Point mettant en cause plusieurs de ses publications liées au Hezbollah. L’affaire dépasse la seule polémique numérique : elle met en lumière les limites d’un activisme de posture lorsque celui-ci se heurte à l’exposition personnelle, à la responsabilité institutionnelle et aux intérêts nationaux. Car Aziz Rhali n’a pas seulement défendu la cause palestinienne ; il a surtout entretenu une proximité revendiquée avec une rhétorique de « résistance » inspirée du Hezbollah, y compris lorsque celle-ci croisait des acteurs hostiles aux intérêts du Maroc. Dans d’autres interventions publiques, Aziz Rhali a également mis en avant sa connaissance personnelle de Hassan Nasrallah, contribuant à nourrir l’image d’une proximité assumée avec l’univers politique et symbolique du chiisme iranien.
Aziz Rhali a supprimé ou rendu inaccessibles ses comptes sur les réseaux sociaux après la publication, par Le Point, d’un article mettant en cause plusieurs de ses prises de position publiques sur le Hezbollah.
L’ancien président de l’Association marocaine des droits humains, élu en octobre 2025 vice-président de la Fédération internationale pour les droits humains, se retrouve désormais sous la pression d’une opinion publique occidentale peu familière du narratif militant qui a forgé sa réputation au Maroc.
L’organisation internationale, basée à Paris, n’a pas nié l’existence de ces publications. Citée par Le Point, elle indique avoir eu connaissance de posts Facebook « évidemment contraires aux positionnements et aux valeurs de la FIDH ». Elle précise qu’Aziz Rhali avait assuré que ces publications ne reflétaient plus ses positions actuelles et qu’il allait les supprimer.
Contacté par Le Point, M. Rhali a contesté certaines interprétations. Il affirme notamment ne pas avoir tenu une banderole à la mémoire de Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah tué en 2024, mais avoir simplement posé la main dessus lors d’une cérémonie. Il explique aussi que certaines publications de sa page Facebook auraient été mises en ligne lorsqu’elle était gérée par des jeunes.

Pour Aziz Rhali, l’affaire est d’autant plus sensible qu’il occupe désormais une fonction internationale. L’effacement tardif de ses comptes sociaux donne à voir une contradiction centrale : des positions longtemps assumées dans l’espace militant disparaissent dès qu’elles exposent leur auteur à un coût personnel. Ce retrait fragilise le récit d’une «résistance» revendiquée pendant des années sous le signe du «Sayyed» ( référence transparente à Hassan Nasrallah ) et qui, au Maroc, a souvent brouillé la frontière entre engagement pro-palestinien, proximité avec l’imaginaire du Hezbollah et alignements contraires aux intérêts nationaux.
La FIDH a indiqué que la situation serait discutée lors de son prochain Bureau international, prévu en juin. D’ici là, la question n’est donc plus seulement celle d’opinions personnelles. Elle devient celle de la cohérence, de la responsabilité et de la crédibilité institutionnelle.





