Une vive controverse secoue les rangs du mouvement MAGA – les partisans les plus fidèles de Donald Trump – après la diffusion d’une vidéo où Ana Kasparian, figure emblématique de The Young Turks (un média en ligne américain progressiste et très critique envers la droite), s’en prend sévèrement à Susie Wiles, actuelle directrice de cabinet (Chief of Staff) de Donald Trump à la Maison Blanche. Kasparian y dénonce le passé de Wiles, qui a brièvement travaillé comme consultante pour la campagne de réélection de Benjamin Netanyahu en 2020, y voyant un « énorme problème » susceptible d’influencer la politique étrangère américaine au profit d’Israël.
Selon des sources confirmées, Susie Wiles, accompagnée d’autres proches conseillers de Trump comme Corey Lewandowski et le sondeur Tony Fabrizio, s’est rendue à Jérusalem au printemps 2020 à la demande de l’équipe de Netanyahu. À l’époque, le Premier ministre israélien faisait face à une réélection incertaine et à des mises en examen. Les conseillers américains ont aidé à transformer les meetings du Likoud en véritables rallies à la Trump : scène vide, musique forte et mise en avant du leader. Ils ont également contribué à la création d’une base de données électorale. Leur mission a cependant été de courte durée : l’équipe a quitté Israël rapidement lorsque le Likoud n’a plus pu financer leurs services.
Pour de nombreux soutiens de Trump, cette révélation soulève des questions de loyauté et d’influence étrangère au sein même de l’administration. Certains y voient un risque de conflit d’intérêts, d’autres parlent ouvertement d’« infiltration » ou de « double allégeance ». Sur les réseaux, les débats font rage entre ceux qui dénoncent une proximité trop forte avec Israël et ceux qui rappellent qu’il s’agissait d’une simple mission de consulting politique, courante entre alliés.
Que Susie Wiles, la cheffe de cabinet du président, ait littéralement été l’une des figures importantes de la campagne de réélection de Benjamin Netanyahu et qu’elle l’ait aidé à se faire réélire, c’est un énorme problème.
C’est elle qui joue le rôle de gardienne du temple. C’est elle qui décide du type d’informations auxquelles le président des États-Unis peut avoir accès, ainsi que du type de conversations qu’il est autorisé à avoir.
C’est un énorme problème lorsque des Israéliens et leurs relais ont infiltré tous les rouages du gouvernement fédéral américain et mènent des politiques favorables à Israël, mais préjudiciables au peuple américain.
Face à cette polémique, Donald Trump n’a jamais caché son admiration sans bornes pour sa directrice de cabinet. Le président l’a à plusieurs reprises qualifiée de femme la plus puissante du monde. Lors d’un « summer soiree » à la Maison Blanche, il a même plaisanté de manière provocante sur son influence colossale : « Elle peut effacer un pays de la surface de la Terre par un simple coup de fil. C’est ça, le pouvoir. Je ne sais pas si j’en suis capable, moi, mais elle, oui. » Il a ajouté qu’elle pourrait « détruire cinq pays avec cinq appels ». Trump a répété à plusieurs reprises : « Susie, la femme la plus puissante du monde, disent-ils… et je suis d’accord avec ça. »
Ces déclarations hyperboliques, prononcées notamment lors d’une célébration du Women’s History Month et reprises dans plusieurs discours, soulignent l’extrême confiance que Trump place en Wiles, première femme à occuper ce poste stratégique à la Maison Blanche. Pour le président, elle n’est pas seulement une collaboratrice efficace, mais une véritable « ice maiden » (dame de glace) capable de diriger avec une poigne de fer.
La polémique continue de diviser les rangs MAGA, entre fidélité absolue à Trump et interrogations sur les implications géopolitiques de ce passé. Susie Wiles, restée discrète, n’a pour l’instant pas réagi publiquement, mais son influence au cœur du pouvoir américain reste incontestée par le président lui-même.
Qui est Susie Wiles ?
Susan « Susie » Wiles, née Summerall le 14 mai 1957 dans le New Jersey, est une consultante politique républicaine de longue date. Depuis le 20 janvier 2025, elle occupe le poste de directrice de cabinet (Chief of Staff) de Donald Trump à la Maison Blanche. Elle est la première femme de l’histoire des États-Unis à exercer cette fonction, considérée comme l’une des plus puissantes de Washington.
Fille d’un célèbre commentateur de football américain Pat Summerall, elle est diplômée en anglais de l’université du Maryland. Sa carrière politique commence dans les années 1980 : elle travaille pour le député Jack Kemp, participe à la campagne de Ronald Reagan en 1980, puis occupe un poste à la Maison Blanche sous son administration. Installée en Floride, elle devient une figure incontournable du Parti républicain local, contribuant notamment aux victoires du gouverneur Rick Scott (2010) et de Ron DeSantis (2018).
Proche de Donald Trump depuis 2015, elle dirige sa campagne en Floride en 2016, devient conseillère senior en 2020, puis co-présidente de la campagne victorieuse de 2024. Trump l’a choisie personnellement comme directrice de cabinet, la qualifiant publiquement de « femme la plus puissante du monde ».
À la Maison Blanche, Susie Wiles joue le rôle de « gardienne du portail » : elle contrôle l’agenda du président, filtre les informations qui lui parviennent et décide qui peut le rencontrer. Réputée pour son sang-froid et sa rigueur, elle est surnommée en interne « Ice Maiden » (la Dame de glace).
Elle est réputée pour sa capacité à canaliser les impulsions de Trump et à imposer une certaine discipline dans un entourage souvent chaotique.








