Gaza : une enquête met en cause des sous-traitants américains sur des sites d’aide humanitaire

Un témoignage recueilli par CBS News relance le débat sur la gestion sécuritaire des sites d’aide dans la bande de Gaza, où plus de 1 800 Palestiniens auraient perdu la vie depuis le mois de mai en tentant d’accéder à de la nourriture.

Un témoin sous protection d’anonymat

Un homme, présenté sous le pseudonyme Mike, a affirmé avoir été témoin de tirs visant des civils palestiniens près des centres de distribution gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF). Employé par une société américaine de logistique, il indique avoir découvert qu’il travaillait en coordination avec le GHF à l’intérieur de Gaza. Selon ses déclarations, les tirs ne provenaient pas uniquement de l’armée israélienne (IDF), mais aussi de personnels de sécurité employés par des sous-traitants américains.


Mike a fourni à CBS News des enregistrements où l’on entend des coups de feu. Il affirme qu’il ne s’agissait pas de tirs de sommation, mais d’actions « indiscriminées » visant des foules de Palestiniens venus chercher de l’aide alimentaire.

Bilan humain et conditions sur le terrain

D’après le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, plus de 1 000 personnes seraient mortes dans le périmètre direct des sites du GHF. Les Palestiniens, souvent rassemblés plusieurs heures avant l’ouverture des centres, cherchent à sécuriser des rations alimentaires dans un contexte de grande pénurie.

Le témoin décrit également des scènes particulièrement choquantes, notamment lorsqu’il aurait été chargé de nettoyer des restes humains et animaux aux abords d’un site.

Démentis officiels

Le GHF a rejeté catégoriquement ces accusations, les qualifiant de « fausses » et « infondées ». L’organisation affirme qu’aucune victime n’a été recensée à proximité de ses sites, et qu’elle n’a jamais eu connaissance de corps abandonnés dans leurs environs.

De son côté, l’armée israélienne nie viser délibérément des civils, mais indique avoir ouvert une enquête interne sur les signalements récents de violences aux abords des centres de distribution.

Un climat de tension croissante

Depuis la création du GHF en mai dernier, financé et soutenu par les États-Unis et Israël à hauteur de 30 millions de dollars, plusieurs reportages, dont ceux de l’Associated Press et de CBS, ont fait état de tirs réguliers sur des attroupements de Palestiniens.

Le témoin, désormais rentré dans son pays, explique sa démarche par un impératif moral : « Ces atrocités n’ont pas à se produire », a-t-il déclaré.

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