À Rabat, lors de l’ouverture du Théâtre Royal, Son Altesse Royale la Princesse Lalla Khadija a confirmé, avec une grande simplicité de maintien, cette qualité de présence qui singularise les apparitions appelées à demeurer.
Depuis plusieurs mois, le regard des Marocains sur la fille de Sa Majesté le Roi a changé de nature. L’enfance princière a cédé la place à une jeune présence déjà pleinement accordée au rang, à l’instant et au lieu. À 19 ans, Lalla Khadija apparaît avec cette réserve maîtrisée qui donne aux figures rares leur éclat particulier.
Assise à la droite de Mme Brigitte Macron, aux côtés de Leurs Altesses Royales les Princesses Lalla Meryem et Lalla Hasnaa, elle prenait place dans un tableau d’une grande tenue. La composition elle-même disait quelque chose de la continuité, de l’ordre et de la distinction.
Sa tenue, dans des nuances claires relevées d’un délicat travail de broderie, s’inscrivait dans la plus pure élégance marocaine. Le caftan accompagnait une allure plus qu’il ne cherchait à produire un effet. Et c’est bien par l’allure, davantage encore que par le vêtement, que Lalla Khadija retenait l’attention : une présence posée, une sérénité visible, une manière d’habiter l’instant sans jamais surcharger l’image.
La présence de LL.AA.RR les Princesses Lalla Meryem et Lalla Hasnaa donnait à la scène sa pleine densité. Filles de Feu SM Hassan II, sœurs de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, elles inscrivaient d’emblée l’image dans la continuité de cette grâce de rang, de cette tenue sans apprêt et de cette élégance de mesure qui composent, depuis des générations, l’une des signatures les plus subtiles de la famille alaouite. Entre elles, Lalla Khadija apparaissait moins comme une jeune silhouette mise en avant que comme l’expression déjà lisible d’une transmission assurée. Sous Hautes Instructions Royales, cette présence féminine princière disait aussi l’importance que le Souverain attache à la culture, non comme simple décor du prestige, mais comme l’un des langages les plus élevés du rayonnement du Royaume. Elle marquait enfin une attention particulière à l’endroit de Mme Brigitte Macron, dont les déplacements solitaires dans le champ de la diplomatie culturelle restent exceptionnels, et qui siège au Conseil d’administration de la Fondation du Théâtre Royal de Rabat.
La Princesse entre ainsi dans un âge où la présence devient un langage. Même les signes les plus simples, comme l’obtention récente de son permis de conduire et cette plaque “90” aperçue sur son véhicule dans les rues de Rabat, nourrissent ce lien particulier avec le pays, sans jamais détourner l’attention de l’essentiel : une allure, un rang, une tenue. Ils y ajoutent, avec discrétion, une forme de proximité.
Au Théâtre Royal de Rabat, Lalla Khadija occupait sa place avec cette justesse silencieuse qui, dans les monarchies de temps long, distingue les présences appelées à compter.














