Israël et les États-Unis ont lancé, samedi à l’aube, une série de frappes contre l’Iran dans le cadre d’une opération baptisée « Shield of Judah ». Selon des responsables américains et israéliens cités par plusieurs médias internationaux, l’attaque était en préparation depuis plusieurs mois et son déclenchement aurait été arrêté il y a plusieurs semaines.
De puissantes explosions ont été entendues à Téhéran, mais aussi à Qom, Ispahan, Kermanshah et Karaj, selon les médias d’État iraniens. À Téhéran, des habitants ont signalé des colonnes de fumée dans un quartier abritant notamment le palais présidentiel et le Conseil suprême de sécurité nationale.
L’ampleur précise des cibles touchées n’a pas été immédiatement confirmée. Toutefois, des médias iraniens évoquent des frappes contre des installations liées aux services de renseignement des Gardiens de la révolution.
Un responsable sécuritaire israélien a indiqué que l’opération visait à « neutraliser des menaces contre le front intérieur israélien », avec un accent particulier sur les lanceurs de missiles et les bases de drones iraniens.
Les frappes seraient menées par voie aérienne et maritime, selon un responsable américain cité par Reuters. Un autre responsable israélien a confirmé l’implication directe des États-Unis dans l’opération.
À ce stade, aucun tir de missile iranien en direction d’Israël n’a été signalé. Néanmoins, les autorités israéliennes estiment qu’une riposte pourrait intervenir dans les heures à venir.
Israël en état d’urgence
L’armée israélienne (IDF) a déclenché un état d’urgence national et adressé un message d’alerte à l’ensemble de la population, invitant les citoyens à rester à proximité des abris et des espaces protégés.
Des sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs régions du pays, bien qu’aucune attaque immédiate n’ait été confirmée au moment des premières annonces.
Khamenei transféré vers un « lieu sécurisé »
Selon un responsable iranien cité par Reuters, le guide suprême Ali Khamenei ne se trouve plus à Téhéran et a été transféré vers un « lieu sécurisé ».
L’Iran a fermé son espace aérien à la suite des frappes. Les autorités n’ont pas encore communiqué de bilan officiel concernant d’éventuelles victimes ou dégâts matériels.
Ces frappes interviennent après plusieurs semaines de tensions accrues. Le président américain Donald Trump avait publiquement menacé d’une action militaire majeure si Téhéran ne répondait pas favorablement à ses exigences, notamment concernant son programme nucléaire.
En parallèle, Washington avait renforcé de manière significative sa présence militaire dans la région, constituant le plus important déploiement américain au Moyen-Orient depuis des décennies.
L’ambassade des États-Unis au Qatar a immédiatement ordonné à son personnel de se mettre à l’abri (« shelter-in-place ») et recommandé à tous les ressortissants américains de faire de même jusqu’à nouvel ordre.
Une région suspendue à la riposte
L’attaque marque une rupture majeure dans la confrontation indirecte qui opposait jusqu’ici Israël et l’Iran, principalement via des acteurs interposés et des opérations clandestines.
La possibilité d’une riposte iranienne directe, qu’elle soit balistique, aérienne ou via des alliés régionaux, constitue désormais la principale inconnue. Les prochaines heures seront déterminantes pour mesurer si l’opération « Shield of Judah » ouvre une séquence de confrontation élargie ou s’inscrit dans une logique de frappe ponctuelle visant à rétablir une forme de dissuasion.
Le Moyen-Orient entre ainsi dans une phase d’incertitude stratégique majeure, sous le regard attentif des capitales occidentales et régionales.





