Donald Trump a déclaré qu’il souhaitait être personnellement impliqué dans la désignation du prochain dirigeant de l’Iran, une prise de position inhabituelle qui illustre l’ampleur des ambitions politiques associées à l’opération militaire américaine en cours contre la République islamique. L’information a été révélée par le média américain Axios, à l’issue d’un entretien téléphonique accordé jeudi par le président américain.
Selon la même source, Donald Trump a indiqué qu’il ne pouvait accepter que le successeur du Guide suprême poursuive la ligne politique d’Ali Khamenei, récemment assassiné. « Je dois être impliqué dans la nomination », a-t-il affirmé, en établissant un parallèle avec ce qu’il présente comme son intervention dans la transition politique au Venezuela.
Mojtaba Khamenei : « un poids léger »
Au cœur de la succession figure Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême tué par une frappe américano-israélienne et figure influente du courant conservateur iranien. Âgé de 56 ans, ce religieux réputé proche du Corps des gardiens de la révolution islamique n’a jamais occupé de fonction publique officielle, mais son influence politique est jugée significative.
Dans son échange avec Axios, Donald Trump a affirmé que cette option était « inacceptable », qualifiant Mojtaba Khamenei de « poids léger ». Le président américain dit vouloir un dirigeant capable « d’apporter l’harmonie et la paix à l’Iran », estimant qu’un successeur fidèle à la ligne de son père conduirait les États-Unis à une nouvelle confrontation militaire « dans cinq ans ».
Plusieurs responsables politiques iraniens ont laissé entendre qu’une annonce officielle pourrait intervenir prochainement. Le régime a toutefois retardé la proclamation du nouveau Guide suprême, alors même que les discussions se poursuivent au sein de l’Assemblée des experts, l’organe religieux chargé constitutionnellement de désigner le successeur.
Dans ce contexte tendu, Israël a mené mardi un bombardement à Qom visant un bâtiment lié à cette institution religieuse, selon Axios, dans le but de perturber le processus de désignation.
Une position qui contredit la ligne officielle américaine
Les déclarations de Donald Trump contrastent avec la communication de plusieurs responsables de son administration, notamment le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui affirment que l’objectif de l’opération militaire américaine n’est pas un « changement de régime ».
Washington explique officiellement chercher à affaiblir les capacités militaires iraniennes, missiles balistiques, programme nucléaire et forces navales, sans intervenir directement dans l’architecture politique du pays.
Les propos du président américain suggèrent toutefois une ambition plus large : peser sur l’avenir politique de l’Iran au moment où le pays traverse l’une des transitions les plus sensibles de son histoire contemporaine.




