Disponible sur TF1+, le documentaire « De Kiabi à Miami : l’arnaque aux 100 millions » revient sur l’une des affaires financières les plus spectaculaires de ces dernières années en France. Au centre du récit : Aurélie Bard, ancienne trésorière de Kiabi, soupçonnée d’avoir détourné près de 100 millions d’euros avant de mener grand train à Miami. Arrêtée en 2024 à sa descente d’un jet privé en Corse, elle a été mise en examen pour escroquerie et blanchiment en bande organisée. L’affaire, toujours instruite par la justice, dessine le portrait d’une trajectoire professionnelle fulgurante devenue cauchemar judiciaire pour l’enseigne nordiste.
C’est une affaire qui semble écrite pour le petit écran : une ancienne trésorière du géant français du prêt-à-porter, 100 millions d’euros disparus, une nouvelle vie en Floride, une villa de luxe, des appartements, des sociétés de design, puis une arrestation à la descente d’un jet privé. TF1 en a fait le sujet de son documentaire « De Kiabi à Miami : l’arnaque aux 100 millions », présenté comme une plongée dans le parcours d’Aurélie Bard, aujourd’hui au cœur d’un dossier judiciaire hors norme.
L’affaire concerne Kiabi, enseigne française de mode à petits prix fondée en 1978 et appartenant à l’écosystème Mulliez. Le groupe, qui a réalisé un chiffre d’affaires mondial de 2,5 milliards d’euros en 2025, fait partie des rares acteurs français du textile à avoir conservé une forte dynamique malgré la crise du secteur et la pression de l’ultra-fast fashion.
Au centre du dossier figure Aurélie Bard, ancienne trésorière de l’enseigne. Selon les éléments rapportés par la presse française, elle est soupçonnée d’avoir détourné 100 millions d’euros en 2023. Le mécanisme présumé aurait reposé sur l’ouverture d’un compte bancaire auprès d’un établissement étranger en Europe, où des fonds de Kiabi auraient été placés avant de disparaître. L’entreprise ne s’en serait rendu compte qu’en cherchant, environ un an plus tard, à récupérer un investissement datant de juillet 2023.
Le contraste entre la discrétion supposée de l’opération financière et l’ostentation de la vie menée ensuite à Miami nourrit la fascination médiatique autour du dossier. TF1 décrit Aurélie Bard comme une femme au style soigné, accusée d’avoir réalisé ce qui serait l’une des plus grandes escroqueries jamais imputées à une femme en France. Le documentaire promet de revenir sur sa progression professionnelle, de ses débuts dans la comptabilité jusqu’à la confiance accordée par Kiabi pour gérer des investissements importants.
Après avoir quitté la France début 2024, Aurélie Bard se serait installée en Floride, où elle s’est présentée comme entrepreneuse dans le design d’intérieur de luxe. Selon Le Nouvel Obs, les avocats américains de Kiabi ont demandé devant la justice civile de Miami la saisie conservatoire d’une villa de luxe. Cette propriété aurait été acquise via Grove Invest, une société créée quelques semaines plus tôt en Floride, dont Aurélie Bard serait la bénéficiaire réelle.
Son arrestation intervient en août 2024, à l’aéroport de Figari, en Corse, alors qu’elle descend d’un jet privé. Depuis, elle a été mise en examen pour escroquerie et blanchiment en bande organisée. D’après Le Parisien, elle a été remise en liberté sous bracelet électronique après environ un an et demi de détention provisoire.
L’affaire ne se limite plus à son seul profil. En mars 2026, son ancien compagnon, l’ex-footballeur Clément D., a également été mis en examen pour blanchiment en bande organisée et placé sous contrôle judiciaire. Sa signature apparaîtrait sur un document lié à une société américaine que Kiabi estime avoir servi à l’achat de biens immobiliers à Miami. L’intéressé a, de son côté, nié toute implication auprès du Parisien.
Reste la question centrale : comment une salariée passée par les métiers de la comptabilité et de la trésorerie a-t-elle pu, selon les soupçons de la justice, déplacer une somme aussi considérable sans alerte immédiate ? L’affaire interroge autant les failles possibles du contrôle interne que la capacité d’une personnalité à inspirer confiance dans des environnements où les flux financiers reposent sur des procédures, mais aussi sur des délégations humaines.
À ce stade, Aurélie Bard demeure présumée innocente. Mais l’affaire Kiabi a déjà pris une dimension symbolique : celle d’un fait divers financier où la technicité comptable, le luxe mondialisé et la mise en scène de soi se rejoignent dans un même récit. De Roncq à Miami, de la trésorerie d’un groupe familial français aux villas de Floride, le dossier raconte moins seulement une fraude présumée qu’un vertige contemporain : celui d’une confiance d’entreprise capable, lorsqu’elle se fissure, d’ouvrir un trou de 100 millions d’euros.








