Le sénateur républicain Lindsey Graham, proche allié du président américain Donald Trump et figure majeure du Congrès sur les questions de politique étrangère, est mort samedi soir à l’âge de 71 ans, a annoncé son bureau. Son décès est survenu à la suite d’une maladie « brève et soudaine » ,sans fournir davantage de précisions. (AP News)
Selon des échanges radio des services médicaux d’urgence, les secours ont reçu vers 21 heures un appel signalant une personne souffrant de douleurs à la poitrine dans une résidence de Capitol Hill appartenant au sénateur. Environ vingt-cinq minutes plus tard, les équipes d’intervention ont indiqué que l’occupant de la maison était en arrêt cardiaque. Il s’agissait de Lindsey Graham, dont la disparition prive le Parti républicain de l’une de ses principales figures nationales.
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, son équipe a indiqué que la famille du sénateur remerciait le public pour ses prières et demandait que « son intimité soit respectée pendant cette période difficile».
Élu au Sénat en 2002 pour représenter la Caroline du Sud, Lindsey Graham effectuait son quatrième mandat et préparait sa candidature à un cinquième. Il avait auparavant siégé à la Chambre des représentants à partir de 1995.
Candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de 2016, il avait initialement affronté Donald Trump et contesté son aptitude à exercer la présidence. Graham était ensuite devenu l’un de ses principaux alliés au Congrès, entretenant avec lui des échanges réguliers et jouant un rôle de conseiller informel sur plusieurs dossiers internationaux.
Le sénateur défendait une ligne interventionniste en matière de politique étrangère. Il soutenait un engagement militaire et diplomatique renforcé des États-Unis, particulièrement face à l’Iran et à la Russie. La veille de l’annonce de son décès, il avait indiqué être parvenu à un accord avec l’administration Trump pour faire avancer un nouveau train de sanctions contre Moscou.
Lindsey Graham revenait également d’Ukraine, où il avait rencontré le président Volodymyr Zelensky. Il s’agissait de sa dixième visite dans le pays depuis le début de la guerre. Le sénateur comptait parmi les principaux défenseurs du maintien de l’aide américaine à Kyiv.
Trump salue « un véritable patriote américain »
Donald Trump a également réagi à la disparition de Lindsey Graham dans un message publié sur son réseau social. Le président américain y décrit le sénateur comme « l’une des plus grandes personnes et l’un des plus grands sénateurs » qu’il ait connus.
« Il travaillait sans relâche et était un véritable patriote américain. Lindsey nous manquera énormément », a écrit Donald Trump, en précisant que les informations relatives aux funérailles et aux cérémonies d’hommage seraient communiquées ultérieurement.

Un défenseur des alliances américaines au Moyen-Orient
Au Moyen-Orient, Graham s’était imposé comme l’un des soutiens les plus constants d’Israël, des Accords d’Abraham et d’une politique de fermeté à l’égard de l’Iran. Il avait soutenu les frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes et plaidait depuis plusieurs années pour limiter les capacités nucléaires et balistiques de Téhéran.
Dans un hommage consacré au sénateur, L’Observateur du Maroc et d’Afrique estime que les États-Unis perdent « un grand serviteur de la nation » et que le Moyen-Orient perd « l’un des plus fervents défenseurs des Accords d’Abraham ».
La publication marocaine rappelle que Lindsey Graham considérait la réconciliation entre Israël et les pays arabes comme un instrument de transformation politique et économique de la région. Il avait ainsi encouragé l’élargissement des Accords d’Abraham, conclus en 2020 avec la participation du Maroc, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et du Soudan.
L’Observateur du Maroc et d’Afrique présente également le sénateur comme l’un des principaux représentants d’une doctrine associant sécurité, alliances stratégiques et coopération économique. Selon le magazine, Graham défendait l’idée que la sécurité constituait une condition indispensable à l’établissement d’une paix durable.
Sa disparition intervient alors que plusieurs dossiers qu’il suivait directement restent au centre de la politique étrangère américaine : la confrontation avec l’Iran, la guerre en Ukraine, les sanctions contre la Russie, la sécurité d’Israël et l’avenir des partenariats noués entre Washington et les pays arabes.
Lindsey Graham laisse derrière lui plus de trente années de carrière au Congrès américain et l’image d’un responsable politique qui aura exercé une influence importante sur les orientations diplomatiques et sécuritaires du Parti républicain.





