Ce dimanche 20 septembre 2026, le Maroc retrouve l’heure dite légale. Cette date restera, je le crois, dans les mémoires. Aziz Akhannouch tient peut-être la seule décision de son mandat dont les Marocains ressentent aussi directement le bénéfice. Une heure rendue, un quotidien allégé et ce sentiment devenu rare : avoir enfin été écoutés.
Le calendrier porte une signature très politique. Annoncé le 25 juin, ce retour devient effectif trois jours avant les législatives du 23 septembre. J’y vois une opération électorale habile : recueillir le soulagement populaire tout en retirant à Abdelilah Benkirane l’un de ses arguments les plus accessibles.
Le patron du Parti de la justice et du développement avait promis de supprimer l’heure supplémentaire si son parti revenait au pouvoir. Akhannouch lui coupe l’herbe sous le pied. L’hypothèse d’un Benkirane informé en amont, qui aurait dégainé pour s’attribuer l’initiative, donne à cette bataille des horloges un parfum supplémentaire de manœuvre. Chacun veut devenir l’homme qui a rendu leur heure aux Marocains.
Derrière cette querelle se pose une question plus profonde. La thèse d’un GMT+1 intégré au « deal Renault » renvoie au prix des concessions consenties pour attirer les investisseurs. Elle décrit une logique dans laquelle les besoins des industriels finissent par dicter le rythme de toute une société.
À mes yeux, la maturité industrielle du Royaume et son orientation atlantiste doivent désormais lui permettre de mieux défendre ses propres équilibres. Le rythme des familles, les matinées des écoliers et les attentes populaires méritent de peser davantage dans les arbitrages. Un pays qui monte en puissance doit aussi savoir faire respecter le temps de ses citoyens.
La pression populaire aura fini par obtenir gain de cause. Akhannouch en récolte le bénéfice, tardivement, à quelques jours du verdict des urnes. Je lui accorde volontiers cette heure de grâce. Il aura fallu presque tout un mandat pour trouver une décision dont les Marocains puissent apprécier le résultat dès le réveil.







