Gantz, l’ami du Maroc, est aujourd’hui l’étoile montante de la politique israélienne

Benny Gantz, serait-il l’homme providence pour pacifier Israël que Netanyahu a divisé, déchiré, plus que jamais ? Les israéliens le croient. En effet, l’ami du Maroc caracole en tête de tous les sondages qui affirment qu’il battrait à coup sûr Bibi si élections il y a.

Gantz est la voix d’une grande majorité d’Israéliens qui n’ont pas été entendus et qui craignent avant tout l’intensification des frictions entre les deux blocs politiques qui se déchirent en Israël.

En début de semaine dernière, deux chaînes publiques israéliennes, Keshet 12 et Channel 13, ont publié des sondages qui indiquent que la coalition au pouvoir perdrait sa majorité si les élections avaient lieu aujourd’hui.

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Considéré comme représentant du camp de l’Etat, Benny Gantz est le grand gagnant de ces deux sondages. Des enquêtes qui prévoient que les factions de l’opposition qui constituaient la majeure partie du gouvernement précédent seraient en mesure de former une coalition.

52 % des électeurs du Likoud interrogés par Keshet 12 ont donné une «mauvaise» note au gouvernement, bien qu’ils se soient déplacés en masse pour donner au parti 32 sièges à la Knesset.

Les deux ministres controversés du gouvernement Netanyahu, Itamar Ben-Gvir, ministre de la sécurité nationale, suprémaciste juif et pyromane de l’esplanade des Mosquées, et le ministre des finances, Bezalel Smotrich, négationniste qui conteste le droit du peuple palestinien à exister, ont reçu respectivement 66 % et 65 % de «mauvaises» notes. La ministre des transports, Miri Regev, a reçu des commentaires négatifs de la part de 63 % des personnes interrogées.

69 % des Israéliens estiment que le gouvernement Netanyahu a fait du très mauvais travail au cours de ses 100 premiers jours.

Les leaders de l’opposition ont également reçu de mauvaises évaluations de leurs performances. Le score le plus bas – 70 % de réponses négatives – a été attribué à la présidente du parti travailliste, Merav Michaeli. 57 % des personnes interrogées ont également exprimé une opinion négative à l’égard du chef de l’opposition, Yair Lapid.

Benny Gantz est le seul membre de l’opposition à avoir reçu une note positive, 54 % des personnes interrogées lui ayant attribué une «bonne» note.

Les sondages ont a été réalisée à la fin d’une semaine politiquement agitée qui a commencé avec l’annonce par Netanyahu du licenciement du ministre de la défense, Yoav Gallant, après que ce dernier a publiquement demandé au gouvernement d’interrompre son projet de réforme du système judiciaire.

Channel 12 poll

100 jours chaotiques pour Israël

Les 100 premiers jours de Netanyahu ont été chaotiques. L’évènement le plus marquant est bien évidement le soulèvement populaire contre la proposition de réforme judiciaire et du processus législatif. Un soulèvement inédit, le premier de l’histoire du pays depuis sa création qui a eu le soutien du Mossad, selon les «Pentagon Leaks», de l’armée et a enregistré une première : la rébellion des réservistes.

La période a connu aussi des attaques inhabituelles par leur violence attribuées aux palestiniens qui ont tué des dizaines de citoyens israéliens. En même temps, les colons poussés par le discours de la haine des ministres ulranationalistes de Netanyahu, ont commis des crimes odieux et racistes contre les palestiniens du village de Huwara.

Notons également le désaveu international de la politique de Bibi qui a culminé par l’appel récent du président américain Joe Biden à Netanyahu pour qu’il mette fin à la législation sur la réforme judiciaire.

Sans compter la crise diplomatique avec la Jordanie déclenchée par la photo de Smotrich avec une carte du «Grand Israël» (qui inclut la Jordanie comme partie d’Israël) et l’obtention du suprémaciste Ben-Gvir d’un document signé par le Premier ministre promettant le transfert de la Garde nationale d’Israël sous son contrôle direct.

L’ancien premier ministre Naftali Bennett n’a pas manqué de marquer les 100 premiers jours du gouvernement par un tweet le 3 avril. Il a joint une vidéo retraçant ses propres 100 premiers jours en tant que premier ministre et a écrit : «[Voici] ce que le gouvernement Bennett a accompli au cours de ses 100 premiers jours. Les choses auraient pu être différentes».

Benny Gantz, l’espoir d’Israël ?

«Si des élections avaient lieu aujourd’hui en Israël, le chef du parti de l’Union nationale, Benny Gantz, serait en mesure de former une coalition gouvernementale de centre-gauche», l’affirmation reprise par tous les médias israéliens, sans exceptions, place désormais l’ancien ministre de Défense comme principal concurrent de Netanyahu.

À la question de savoir si Gantz ou Netanyahu était plus apte à diriger le pays, 51 % des personnes interrogées ont répondu Benny Gantz, contre 34 % qui préféraient Bibi.

Les médias israéliens estiment que Gantz pourrait être à la tête d’une coalition majoritaire de 69 membres composée de son parti, l’Union nationale, de Yesh Atid de Yair Lapid, d’Israël Beiteinu dirigé par Avigdor Lieberman, des deux partis arabes Hadash-Ta’al et Ra’am, et des partis travaillistes et Meretz.

Gantz est l’ancien ministre israélien de la défense, qui est entré en politique après une longue carrière décorée dans les rangs de l’armée Tsahal. Il s’est présenté à plusieurs élections en tant que principal concurrent de Benjamin Netanyahu, l’actuel Premier ministre israélien.

Il est peut-être le seul homme politique de haut rang en Israël qui ne suscite pas de haine intense dans le bloc rival, bien que ses positions sur la réforme judiciaire soient presque identiques à celles de son autre adversaire Yair Lapid.

«Gantz est peut-être la seule personnalité politique de premier plan qui ne suscite pas automatiquement une haine intense au sein du bloc rival. Son image neutre est comme une toile vierge, capable d’absorber toute bonne volonté, l’incarnation de ce que les gens identifient comme normal, sain et modéré» écrit Ravit Hecht sur Haaretz.

La journaliste a pourtant mis un bémol au profil de «Gantz, the Good Guy». Sa recherche constante de compromis, fais de lui une proie facile pour Bibi qu’il n’hésite pas à l’utiliser jusqu’à l’abus.

«Gantz, tout comme il l’a fait pendant les négociations de la coalition, refuse catégoriquement de rejoindre un gouvernement Netanyahu aujourd’hui. Cela est dû en partie à son expérience amère de la dernière fois et à la profondeur de la blessure qu’il a subie, mais aussi au fait qu’il a peur du bloc “n’importe qui sauf Bibi” et des manifestants anti-Netanyahou», écrit Ravit Hecht.

Et de conclure: «Si le dialogue aboutit, il [Gantz] sera le symbole du compromis. Et si Netanyahou le trompe une fois de plus, cela renforcera un discours qui a déjà prouvé qu’il lui apportait des voix. C’est l’histoire du bon gars, quelqu’un qui brille d’un éclat éblouissant dans le contexte de la tromperie sans fin de Netanyahu, quelqu’un qui est prêt à sacrifier sa dignité encore et encore pour sauver le pays».

Benny Gantz, l’«ami» du Maroc

Gantz a été le premier ministre israélien à la Défense en exercice à se rendre dans une visite officielle au Maroc où :

  1. Il signé un accord-cadre de coopération sécuritaire «sans précédent» qui a constitué la base à une coopération poussée entre Rabat et Tel-Aviv en matière de défense.
  2. Il a rencontré  l’inspecteur général des forces armées marocaines, le général Belkhir El Farouk
  3. Il s’est recueilli sur la tombe de feu Mohammed V
  4. Il a visité une synagogue à Rabat.

Il s’y est tellement senti chez-lui qu’il s’est offert un «running» matinal dans la forêt «Hilton» qui juxtaposait l’hotel de sa résidence.

Le 20 juin 2022, en pleine campagne électorale, Benny Gantz accepte l’invitation d’Ahmed Charaï, président du Conseil d ‘Administration du «The Jerusalem Strategic Tribune» à la Knesset.

La séance était organisée pour marquer la sortie du quatrième numéro du «The Jerusalem Strategic Tribune», une publication indépendante fondée et publiée par M. Charai.

«C’était un plaisir de rencontrer le conseil d’administration du The Jerusalem Strategic Tribune pour une discussion sur les défis stratégiques, avec en tête l’agression régionale de l’Iran, ainsi que sur les possibilités de renforcer les alliances régionales avant la visite prévue du président américain Biden au Moyen-Orient». s’est-il félicité.

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