France – Décès d’Olivier Marleix, le député qui a exposé l’affaire Alstom

Le député Les Républicains d’Eure-et-Loir, Olivier Marleix, s’est donné la mort lundi 7 juillet à l’âge de 54 ans. Son corps a été retrouvé à son domicile d’Anet par les gendarmes, alertés par des proches inquiets.

Fils d’Alain Marleix, ex-ministre et stratège électoral du RPR, Olivier Marleix s’était forgé une carrière autonome. Député depuis 2012, maire d’Anet, dans le nord‑centre de la France, de 2008 à 2017, il avait présidé le groupe LR à l’Assemblée nationale entre 2022 et 2024. Souverainiste, rigoureux et souvent mordant, il était reconnu pour sa défense acharnée de l’industrie française et pour son opposition résolue à Emmanuel Macron.



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Marleix, l’homme qui a exposé l’affaire Alstom

En 2017, Olivier Marleix prend la tête d’une commission d’enquête parlementaire sur la cession du pôle énergie d’Alstom à General Electric. Cette vente, conclue en 2014 alors qu’Emmanuel Macron était ministre de l’Économie, soulève pour lui une question centrale : celle de la souveraineté industrielle française.

Marleix saisit officiellement la justice française, puis le Parquet national financier, au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale. L’affaire, relayée par Anticor, devient une enquête judiciaire. Olivier Marleix est même entendu par les services de l’OCLCIFF1, un cas rare pour un député en exercice.

En récompense de son travail, il reçoit en 2020 le « prix d’éthique » d’Anticor, une première pour un élu de droite. Jusqu’au bout, il aura défendu une ligne claire : pas de compromission sur les intérêts stratégiques de la France.

Contre les compromis, contre les passes-droits

Farouche opposant à Emmanuel Macron, Olivier Marleix s’était aussi montré très critique à l’égard de Marine Le Pen, qu’il soupçonnait de complaisance. En février 2025, il dénonce un « deal caché » entre la présidente du RN et le chef de l’État, après l’abstention du RN lors du vote sur la nomination de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel. « C’est un membre du Conseil constitutionnel qui sera le moins bien désigné… grâce à Marine Le Pen », accuse-t-il alors, estimant que cette manœuvre politique avait été dissimulée aux Français.

Sa ligne : la droite républicaine ne doit ni pactiser avec l’extrême droite ni se laisser instrumentaliser par la majorité présidentielle.

Défenseur des libertés publiques

Sur les libertés publiques, Marleix s’est aussi opposé avec vigueur au pass sanitaire et à sa version étendue sous forme de pass vaccinal. Lors des débats parlementaires de 2021 et 2022, il s’insurge contre l’atteinte aux libertés individuelles. Il milite pour que ces dispositifs ne s’appliquent ni aux mineurs, ni aux voyageurs venant d’outre-mer, accusant le gouvernement de forcer les votes à défaut de majorité. « L’heure oblige le gouvernement à écouter les oppositions », rappelait-il alors.

À l’annonce de sa mort, la classe politique a salué un élu engagé. Jean-Luc Mélenchon a salué un « adversaire honorable », Marine Le Pen un « élu rigoureux », et Emmanuel Macron un « homme politique d’expérience », avec qui les différends se réglaient « à la lumière de notre amour du pays ».

  1. Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales ↩︎

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