Près de 4 millions de personnes ont quitté 31 pays occidentaux en 2024, soit environ 20 % de plus qu’avant la pandémie. Selon The Economist, qui documente l’essor d’une nouvelle « expat economy », le phénomène touche désormais fortement les citoyens, notamment les jeunes diplômés et les hauts revenus.
The Economist affirme dans une enquête publiée le 22 mars 2026, avoir établi sa première mesure large de l’émigration brute dans le monde occidental. Son calcul porte sur 31 pays, dont l’Australie, le Royaume-Uni, le Canada et l’Allemagne, mais exclut les États-Unis en raison de statistiques jugées trop incertaines.
La hausse est spectaculaire dans plusieurs économies. En 2025, l’émigration était supérieure de 29 % à son niveau de 2019 en Nouvelle-Zélande et de plus de 60 % en Suède. Le Canada enregistrait au troisième trimestre 2025 34 % de départs supplémentaires par rapport à six ans auparavant. L’Islande a atteint un record historique.
Une partie de cette hausse correspond au départ d’étudiants et de travailleurs étrangers arrivés après la pandémie. Mais The Economist souligne que les nationaux partent eux aussi davantage. Les départs de citoyens ont progressé de 29 % en Irlande depuis 2019 et de 74 % en Nouvelle-Zélande. Le nombre d’Américains expatriés a, lui, augmenté de 11 % entre 2019 et 2024. En Nouvelle-Zélande, les diplômés du supérieur dans la vingtaine sont au moins deux fois plus susceptibles d’émigrer que les non-diplômés.

L’hebdomadaire identifie trois moteurs : la généralisation du travail à distance depuis le Covid, la recherche d’une fiscalité plus favorable et la désillusion politique. Les multinationales américaines du conseil et des secteurs techniques emploient ainsi 36 % de salariés supplémentaires à l’étranger par rapport à 2019.
Cette mobilité pourrait avoir un coût important pour les pays de départ : perte de compétences, de contribuables et de recettes fiscales, particulièrement lourde pour les petites économies vieillissantes. Elle pourrait également modifier leur équilibre politique, les émigrants étant, selon plusieurs travaux cités par The Economist, souvent plus libéraux que ceux qui restent.
Ce phénomène accentue une contradiction à laquelle les pays occidentaux sont de plus en plus confrontés et qu’ils peinent à résoudre : réduire l’immigration irrégulière tout en répondant à un besoin croissant de main-d’œuvre étrangère
L’Europe vieillissante aura besoin de davantage de main-d’œuvre étrangère : une estimation citée par le journal évoque 50 millions d’immigrants sur 25 ans pour simplement maintenir stable la population de l’Union européenne.






