Nasser Bourita, «acting as» Chef du Gouvernement

Alors que la scène politique nationale s’enlise dans ses contradictions, Nasser Bourita poursuit, avec une régularité presque clinique, la mise en œuvre des Hautes Orientations Royales. En l’espace d’une semaine, le ministre des Affaires étrangères a enchaîné deux missions d’une sensibilité stratégique majeure : la présidence de la délégation marocaine à «Invest in Senegal», vitrine économique de l’Afrique de l’Ouest, puis la coprésidence à Moscou de la 8e Commission Mixte Intergouvernementale Maroc-Russie, marquant une nouvelle étape dans le renforcement du Partenariat stratégique approfondi signé en 2016 entre les deux pays.

Ces déplacements ne sont pas de simples missions diplomatiques : ils traduisent la continuité de l’action royale dans un moment charnière de l’histoire du Royaume, celui où la diplomatie marocaine consolide la reconnaissance internationale de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, tout en tissant des alliances économiques et géopolitiques à haute valeur ajoutée.


Quand la diplomatie supplée à la politique

Au moment même où la rue marocaine exprime un désenchantement profond envers la classe politique, et que le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch choisit d’assister au congrès d’un parti d’opposition, Nasser Bourita incarne un autre registre : celui du service de l’État. Il ne s’agit ni de charisme électoral ni de tribune partisane : c’est la rigueur silencieuse d’un homme d’appareil, façonné par la culture du résultat et la fidélité à l’institution monarchique.

Ce contraste illustre l’écart entre la diplomatie d’action et la politique d’attente. Tandis que Bourita navigue entre Dakar et Moscou sur des terrains d’une extrême complexité, alliances énergétiques, repositionnement géostratégique de la Russie, influence africaine, la scène politique nationale semble, elle, s’adonner à des calculs de congrès et à des querelles de succession.

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La monarchie comme charnière du mouvement

Dans une tribune inspirante publiée dans Le Figaro, M. Abdelmalek Alaoui écrivait :

« Le Maroc est une mosaïque : minorité francophone héritière d’un modèle libéral, majorité conservatrice attachée à la cohésion communautaire, et jeunesse hybride, fluide, qui parle plusieurs langues et vit plusieurs identités. Entre ces pôles, la monarchie agit comme charnière : elle relie la mémoire à l’avenir, le local au global, et fait tenir ensemble des vitesses sociales divergentes. »

Cette citation résume l’esprit du moment : Bourita n’agit pas en électron libre, mais comme la cheville ouvrière du lien entre la mémoire et le futur, entre la stratégie royale et l’exécution technique. Son efficacité silencieuse traduit ce que le Maroc a de plus solide : un État en mouvement, quand la politique s’essouffle.

Vers une nouvelle génération d’engagement

Toujours selon M. Alaoui, « Les échéances de 2030 et 2035 – Coupe du Monde, stratégie de développement, transition énergétique – exigent une nouvelle génération d’engagement politique avec des femmes et des hommes de compétence habités par un sentiment d’urgence permanent. »

Bourita, par son exemplarité, incarne précisément cette génération d’acteurs publics qui font du devoir, de la compétence et de l’efficacité les moteurs d’une ambition collective. Il appartient à cette école d’État où la rigueur et la constance priment sur le verbe et la posture.

Une action de l’État ne se mesure ni aux effets d’annonce ni aux «likes» sur les posts réseaux sociaux sponsorisés. Elle se lit dans le choix des émissaires, la qualité des messages, la cohérence des gestes.

Et si, dans le vacarme du quotidien, le pays donne parfois l’impression de douter, l’action d’un Nasser Bourita, d’une Nadia Fettah ou d’un Fouzi Lekjaa appelle que la boussole reste entre des mains sûres, celles de la monarchie, et de ceux qui en traduisent la vision en actes.

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