Visite attendue du Roi Mohammed VI à Paris : le traité qui doit sceller la nouvelle ère franco-marocaine

Révélée en exclusivité par le1.ma, Jean-Noël Barrot s’est rendu à Rabat ce mercredi, où Paris et Rabat ont confirmé la préparation d’un traité inédit destiné à encadrer leur nouveau partenariat.

Comme l’avait annoncé en exclusivité le1.ma, Jean-Noël Barrot était bien à Rabat ce mercredi 20 mai 2026. Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères y a rencontré Nasser Bourita. À l’issue de cet entretien, les deux chefs de diplomatie ont confirmé que la France et le Maroc préparent un traité destiné à renforcer durablement leurs relations bilatérales.

Le texte doit être signé lors d’une prochaine visite d’État de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en France. Aucune date n’a été communiquée. Mais l’annonce donne déjà une portée politique majeure à cette visite très attendue par Paris. Selon Nasser Bourita, il s’agira du premier traité de ce type signé par le Maroc avec un pays européen. Jean-Noël Barrot a indiqué, de son côté, que ce sera également le premier traité de cette nature conclu par la France avec un pays non européen.


L’annonce faite à Rabat donne surtout un contenu public à ce qui se préparait depuis plusieurs mois dans les circuits politiques et diplomatiques. Selon Africa Intelligence, Emmanuel Macron avait discrètement mobilisé Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, pour proposer des noms d’experts français appelés à travailler avec la partie marocaine sur le projet de traité. Le média spécialisé indiquait, dès décembre 2025, que ce texte devait formaliser la déclaration sur le partenariat d’exception renforcé conclue lors de la visite d’État du président français au Maroc en octobre 2024.

Le traité n’est donc pas un simple accord supplémentaire. Il vise à transformer la relance franco-marocaine en cadre durable. Après la clarification politique de 2024, Paris et Rabat cherchent désormais à fixer les mécanismes, les priorités et les domaines de coopération d’une relation appelée à peser dans la durée.

Nasser Bourita a résumé cette dynamique en affirmant que le partenariat maroco-français vit « sa meilleure période à tous les niveaux ». Le chef de la diplomatie marocaine a cité plusieurs secteurs clés : l’industrie de défense, la sécurité et l’aéronautique. La formule traduit un changement de registre. Les deux pays ne parlent plus seulement de réchauffement diplomatique, mais de coopération structurée dans des domaines de souveraineté, d’industrie et de projection stratégique.

Jean-Noël Barrot a, lui, insisté sur la dimension de long terme. Le ministre français a présenté le futur traité comme un instrument destiné à poser les bases d’une relation durable entre les deux pays. Les détails du texte n’ont pas été rendus publics, mais son caractère inédit, pour Rabat comme pour Paris, suffit à indiquer qu’il doit servir de socle politique au partenariat d’exception renforcé.

Le dossier du Sahara reste l’un des piliers de cette nouvelle architecture. À Rabat, Jean-Noël Barrot a réaffirmé que la France soutient la reprise de discussions directes entre les parties sur la base de l’autonomie sous souveraineté marocaine, conformément à la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette position prolonge le virage opéré par Paris en 2024, lorsque la France a reconnu que le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine.

Le volet africain donne une autre profondeur au traité en préparation. Jean-Noël Barrot a présenté le Maroc comme le premier partenaire économique de la France en Afrique et comme un hub logistique et financier vers le continent. Il a jugé « naturel » que les deux pays travaillent ensemble en Afrique. Cette déclaration intervient alors que Paris cherche à redéfinir sa présence économique sur le continent, après le sommet Africa Forward de Nairobi et l’annonce par Emmanuel Macron de 23 milliards d’euros d’investissements pour l’Afrique.

Ce positionnement rejoint une évolution plus large. Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, la France a réduit son empreinte, tandis que le Maroc a renforcé son influence à travers le commerce, les fertilisants, les banques, les télécoms et la construction. Pour Paris, Rabat devient ainsi un partenaire bilatéral, mais aussi un point d’appui africain.

Le traité annoncé mercredi à Rabat doit donc être lu comme une pièce centrale de la prochaine visite d’État du Roi Mohammed VI en France. Il pourrait en constituer le principal contenu politique : un texte inédit, préparé en amont dans les cercles diplomatiques, appelé à formaliser la nouvelle grammaire de la relation franco-marocaine.

Après la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, la clarification française sur le Sahara, le travail discret autour du traité et la visite de Jean-Noël Barrot à Rabat, Paris et Rabat entrent dans une phase plus structurée. La relation n’est plus seulement relancée. Elle cherche désormais son cadre, son calendrier et son instrument politique.

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