Aïd Al-Adha 2026 : Aziz Akhannouch encadre la vente des moutons pour limiter les hausses injustifiées des prix

À une semaine de l’Aïd Al-Adha, le marché ovin donne déjà des signes de dérive. Après une année 2025 sans sacrifice, censée permettre la préservation du cheptel national, le scénario de 2024 menace de se répéter en 2026 : les prix repartent à des niveaus excessifs, malgré les assurances du gouvernement sur l’existence d’une offre suffisante. Entre l’éleveur et le citoyen, une chaîne d’intermédiaires capte une part croissante de la valeur et transforme l’approche de l’Aïd en épreuve de pouvoir d’achat. Une enquête de TelQuel a mis au jour des marges jugées outrageuses, donnant un contenu concret à ce mot désormais entré dans le vocabulaire politique marocain : les “frakchia”, ces revendeurs véreux déjà pointés du doigt par Nizar Baraka, membre de la coalition gouvernementale. C’est face à ce début d’emballement, et au risque d’un nouvel échec politique sur un sujet hautement sensible, qu’Aziz Akhannouch a choisi de réagir par une mesure surprise d’encadrement des marchés et de lutte contre les hausses injustifiées des prix.


Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a pris une décision instaurant une série de mesures temporaires destinées à organiser les marchés réservés à la vente des sacrifices de l’Aïd Al-Adha 1447 H/2026 et à lutter contre les pratiques susceptibles d’entraîner une hausse injustifiée des prix, selon un communiqué publié lundi.


Cet arrêté intervient dans le cadre des efforts visant à préserver le pouvoir d’achat des citoyennes et des citoyens, à garantir le fonctionnement normal et transparent des marchés dédiés à la vente des ovins de l’Aïd, et à renforcer les principes de concurrence libre et loyale, sur la base des dispositions légales et réglementaires en vigueur.

Le communiqué précise que cette mesure vise à encadrer, à titre temporaire, les opérations de commercialisation et de vente des sacrifices de l’Aïd Al-Adha, afin d’éviter toute augmentation artificielle ou injustifiée des prix à l’approche de la fête.

Ce dispositif s’appuie notamment sur la loi organique n°113.14 relative aux communes, la loi n°104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, ainsi que sur les textes d’application y afférents. Il a également été adopté après consultation du Conseil de la concurrence, dans l’objectif de faire face à toute pratique susceptible de porter atteinte aux règles de la concurrence légitime ou de perturber l’équilibre naturel des marchés.

Ce que prévoit la mesure du chef du gouvernement

1. Vente limitée aux marchés autorisés
La vente des sacrifices de l’Aïd devra se faire uniquement dans les marchés dédiés et légalement autorisés, avec maintien des cas de vente directe, notamment dans les exploitations agricoles, selon les règles en vigueur.

2. Déclaration obligatoire des vendeurs
Les vendeurs devront déclarer préalablement leur identité auprès des autorités administratives locales, ainsi que le nombre d’animaux proposés à la vente et leur provenance, avant d’accéder aux marchés.

3. Interdiction de l’achat pour revente dans les marchés
L’achat d’ovins à l’intérieur des marchés dans le but de les revendre est interdit, afin d’éviter les pratiques de spéculation et les distorsions de concurrence.

4. Interdiction des manipulations de prix
Sont prohibées toutes les pratiques visant à influencer artificiellement les prix, notamment les enchères fictives, les accords tacites ou explicites destinés à faire monter les tarifs.

5. Interdiction du stockage spéculatif
Le stockage des sacrifices en dehors des circuits commerciaux habituels est interdit lorsqu’il vise à créer une pénurie artificielle ou à provoquer une hausse des prix.

6. Sanctions contre les contrevenants
Les infractions pourront donner lieu à des sanctions pénales et financières prévues par la législation en vigueur, ainsi qu’à la fermeture temporaire des points de vente concernés.

7. Saisie possible des animaux et du matériel
Les autorités compétentes pourront procéder à la saisie des sacrifices et des équipements utilisés pour commettre les infractions, conformément aux prérogatives légales en vigueur.

8. Application stricte par les autorités publiques
Les autorités publiques sont chargées de veiller à l’application stricte et équitable de ces mesures sur le terrain.


Selon le communiqué, plusieurs mesures organisationnelles et préventives ont été arrêtées pour garantir la transparence des transactions commerciales dans les marchés de vente des sacrifices, limiter les différentes formes de spéculation et de monopole, et prévenir les pratiques illicites.

Le cadre retenu impose, en premier lieu, que la vente des sacrifices de l’Aïd soit limitée aux marchés dédiés et légalement autorisés. Des exceptions sont toutefois prévues pour les cas de vente directe, y compris au sein des exploitations agricoles, conformément aux règles en vigueur.

Le texte impose également aux vendeurs de procéder à une déclaration préalable auprès des autorités administratives locales avant leur accès aux marchés. Cette déclaration devra préciser leur identité, le nombre de sacrifices proposés à la vente ainsi que leur provenance.

Le mécanisme d’encadrement interdit par ailleurs l’achat de sacrifices à l’intérieur des marchés dans le but de les revendre, une pratique considérée comme portant atteinte aux principes d’une concurrence saine.

Il prohibe également toutes les formes de manipulation ou d’influence artificielle sur les prix, notamment les enchères fictives, les accords tacites ou explicites visant à relever les prix, ainsi que toute entente de nature à perturber la formation normale des prix.

Le stockage des sacrifices en dehors des circuits commerciaux habituels est également interdit lorsqu’il vise à créer une pénurie artificielle ou à provoquer une hausse des prix.

Le communiqué souligne que des mesures répressives strictes seront prises à l’encontre des contrevenants, sous peine des sanctions privatives de liberté et des amendes prévues par la législation en vigueur.

Ces sanctions pourront être accompagnées de mesures administratives, dont la fermeture temporaire des points de vente en infraction, la saisie des sacrifices concernés ainsi que du matériel utilisé pour commettre les infractions, conformément aux prérogatives reconnues aux autorités compétentes.

Les autorités publiques veilleront, selon la même source, à l’application stricte et équitable de ces dispositions.

Le communiqué appelle enfin l’ensemble des professionnels, acteurs et intervenants de la chaîne de commercialisation des sacrifices de l’Aïd à faire preuve de responsabilité et à respecter les lois et règles d’organisation en vigueur, afin de protéger le consommateur, de préserver la transparence des transactions et d’assurer l’approvisionnement des marchés dans de bonnes conditions.

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