Le ministère espagnol de l’Intérieur va renforcer de manière durable la frontière de Sebta après les arrivées massives de migrants des 30 et 31 juillet, avec un dispositif combinant nouvelles infrastructures maritimes, surveillance aérienne et moyens d’intervention, rapporte vendredi l’agence EFE.
Devant la commission de l’Intérieur du Congrès, le ministre Fernando Grande-Marlaska a annoncé des mesures qualifiées d’« extraordinaires », parmi lesquelles le prolongement des digues du Tarajal et de Benzú, deux points sensibles de la frontière maritime avec le Maroc.
Madrid prévoit également l’installation d’un système permanent de contention maritime composé de bouées ancrées, destiné à limiter les franchissements par la mer.
Le dispositif sera complété par une surveillance aérienne à l’aide de drones, des embarcations légères d’intervention ainsi que des équipements télécommandés capables d’opérer sous l’eau.
Marlaska a reconnu que l’Espagne devait « tirer les leçons » de la crise afin de mieux prévenir de nouveaux épisodes similaires.
Plus de 1.600 policiers nationaux et gardes civils sont actuellement déployés à Sebta, avec le soutien des forces armées.
Le ministère prévoit parallèlement la construction d’un Centre d’accueil temporaire des étrangers (CATE) permanent de 800 places. Madrid a demandé à l’Union européenne de contribuer au financement de ces nouveaux dispositifs de contrôle frontalier.
Fernando Grande-Marlaska a enfin défendu la « solidité » de la coopération migratoire avec le Maroc.
Madrid affirme qu’il ne reste que 5.000 migrants, le PP et Vox parlent de près de 20.000
Le ministre espagnol de l’Intérieur estime également qu’environ 5.000 migrants, dont 1.500 mineurs, se trouvent encore à Sebta après les arrivées massives des 30 et 31 juillet, rapporte EFE. Une estimation vivement contestée par le Parti populaire (PP) et Vox, qui avancent un chiffre proche de 20.000 personnes.
Devant la commission de l’Intérieur du Congrès, Marlaska a indiqué que 72.000 personnes avaient franchi la frontière lors de la crise, affirmant que la majorité était repartie volontairement dans les premières 24 heures et que les retours se sont poursuivis depuis.
Le député PP Javier Celaya a rejeté les chiffres du gouvernement, affirmant que le nombre réel serait « plus proche de 20.000 que de 10.000 ». Vox a également accusé l’exécutif de minimiser l’ampleur de la situation.






