Le gouvernement espagnol s’apprête à remplacer son délégué à Sebta, Miguel Ángel Pérez Triano, critiqué pour la gestion des entrées massives de migrants de fin juillet. Selon El País, son successeur devrait être nommé mardi en Conseil des ministres. L’exécutif présente ce départ comme une décision personnelle.
Le gouvernement espagnol finalise le remplacement de Miguel Ángel Pérez Triano, son délégué à Sebta, rapporte El País ce lundi 28 septembre, confirmant une information de la radio espagnole Cadena SER. Ce responsable représente le gouvernement central dans la ville et coordonne les services de l’État espagnol sur place, notamment en matière de sécurité.
Nommé en février, Pérez Triano a indiqué à l’exécutif qu’il ne souhaitait pas poursuivre sa mission, selon les sources gouvernementales citées par le quotidien.
Son successeur pressenti, David de la Encina, est un ancien maire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), la formation du chef du gouvernement Pedro Sánchez. Natif de Sebta, il a dirigé entre 2015 et 2019 El Puerto de Santa María, une ville d’Andalousie située dans la baie de Cadix, dans le sud de l’Espagne. Sa nomination est prévue au Conseil des ministres de mardi.
Pérez Triano a concentré les critiques concernant la gestion gouvernementale des entrées massives des 30 et 31 juillet. Selon les chiffres rapportés par El País, 80 000 migrants en situation irrégulière sont entrés à Sebta lors de ces deux journées, dont plusieurs milliers se trouvent toujours sur place. Les sources de l’exécutif présentent son départ comme une décision personnelle, après plusieurs semaines de travail intense.
La gestion des alertes au centre des investigations
Ce remplacement intervient après la démission, le 11 septembre, de Gonzalo Sanz, directeur de cabinet du délégué, chargé de l’assister dans ses fonctions. Son départ avait suivi la révélation qu’un agent du Centre national de renseignement (CNI), le service de renseignement espagnol, lui avait transmis des informations sur les appels à entrer irrégulièrement à Sebta.
María Tardón, juge à l’Audience nationale, une juridiction espagnole siégeant à Madrid et compétente pour certaines affaires d’envergure nationale, a convoqué deux témoins : Gonzalo Sanz et Juan Jesús Vivas, président de la ville autonome de Sebta, qui dirige l’exécutif local, distinct de la représentation du gouvernement central.
Silvia Rojas, procureure en chef de Sebta, s’est également prononcée en faveur d’une enquête devant cette juridiction sur l’éventuelle responsabilité de Pérez Triano concernant l’absence de mesures destinées à prévenir les dommages liés aux entrées massives.
El País rapporte par ailleurs ce lundi que le délégué avait demandé des renforts au gouvernement une semaine avant les événements, face à l’aggravation de la pression migratoire.
Un départ également envisagé de la direction locale du parti de Sánchez
Selon son entourage cité par le quotidien, Pérez Triano entend aussi quitter son poste de secrétaire général du PSOE de Sebta, c’est-à-dire de responsable de la branche locale du parti socialiste. Il avait été élu à cette fonction en mars 2025. Une direction provisoire devrait alors être constituée.
Le parti devra également désigner un nouveau candidat pour les élections de mai. Pérez Triano avait été investi le 23 juillet, sans autre candidature.






