La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri par le Roi Mohammed VI réveille chez Younes Maamar une mémoire intime : celle de sa mère, petite fille d’Oulmès dont le rêve de devenir médecin avait grandi devant une photographie de Lalla Aïcha. Un hommage personnel à la portée historique de cette première pour le Maroc.
« Ce que l’image dit que les mots taisent. » C’est sous cette formule que Younes Maamar a réagi à la nomination, par le Roi Mohammed VI, de Fatima Ezzahra El Mansouri comme cheffe du gouvernement, mardi 29 septembre au Palais Royal à Rabat. Le Souverain l’a également chargée de former le nouveau gouvernement.
Membre du comité exécutif du Parti Authenticité et Modernité, Maamar donne à sa publication un registre intime. « Ce n’est pas le militant du PAM qui écrit ce mot mais l’homme », précise-t-il, avant de se présenter comme Marocain, fils d’une Marocaine disparue, mais aussi frère, mari et père de Marocaines.
Il voit dans cette nomination un moment à célébrer, tout en rappelant le chemin qui reste à parcourir pour les droits des femmes. Son souhait : que le plafond de verre se brise davantage pour les petites filles du pays, d’Oujda à Tichla, de Marrakech à Tlat’nYacoub.
Au cœur de son texte figure sa mère, qui avait fait du droit des femmes « un combat de vie ». Petite fille d’Oulmès, elle lui avait raconté son émerveillement devant la photographie de la princesse Lalla Aïcha prononçant son discours à Tanger en 1947. Selon ce récit familial, cette image avait contribué à rendre possible son rêve de devenir médecin.
« Bien entendu il n’y a pas de comparaison. Mais il y a une symbolique. Forte », écrit Maamar, prenant soin de distinguer les deux moments.

Il propose également une lecture de l’image de l’audience royale. Relevant que le Souverain a reçu Fatima Ezzahra El Mansouri en tenue traditionnelle, il y voit, au regard de la précision du protocole royal, le symbole d’un changement inscrit dans l’histoire et l’enracinement du Royaume. Cette interprétation est celle de l’auteur.
Maamar termine en revenant à cette petite fille d’Oulmès devenue sa mère : elle aurait, écrit-il, été fière de voir une Marocaine accéder à la chefferie du gouvernement.

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Née en 1942 et originaire d’Oulmès, elle avait étudié à Montpellier, où elle s’était spécialisée en gynécologie. Militante du Parti du progrès et du socialisme et ancienne membre du Conseil national des droits de l’Homme, elle avait fondé en 2005 la Fondation Illy, consacrée notamment à la scolarisation des filles en milieu rural. Un engagement qui prolongeait son combat pour la santé, l’éducation et les droits des femmes.
La publication a notamment été «aimée» par une autre femme qui a marqué la vie politique marocaine, Leila Benali, ministre sortante de la Transition énergétique et du Développement durable et membre du PAM. Selon les informations de Le1, elle ne devrait pas être reconduite dans le prochain gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri et devrait s’installer à Londres après la passation de pouvoirs.







