Retrait historique des forces américaines d’Irak, 23 ans après l’invasion

Vingt-trois ans après l’invasion de mars 2003 qui a renversé Saddam Hussein, le Pentagone a annoncé ce mercredi 30 septembre la fin de sa mission militaire en Irak. Bagdad prend la responsabilité principale de la sécurité du pays, avec un soutien américain en formation et en renseignement. Mais derrière cette souveraineté célébrée, le poids des milices soutenues par l’Iran et les inquiétudes kurdes demeurent.

Les États-Unis et leurs partenaires ont officiellement achevé l’opération « Inherent Resolve » en Irak, a annoncé le porte-parole principal du Pentagone, Sean Parnell. Le départ des forces et du matériel de la coalition de la base aérienne d’Erbil concrétise la transition convenue avec Bagdad en septembre 2024.

Washington présente cette étape comme l’aboutissement d’une campagne de douze ans ayant vaincu l’État islamique en tant que menace militaire organisée. Les forces irakiennes, dont les peshmergas du Kurdistan, doivent désormais conduire les efforts de sécurité. Les États-Unis maintiendront une formation ciblée et un soutien en renseignement.

Le CENTCOM a également confirmé l’achèvement du départ des forces et du matériel américains d’Erbil. Il précise toutefois que le commandement de l’opération « Inherent Resolve » reste actif, avec un quartier général désormais installé en Jordanie. Les opérations contre l’État islamique se poursuivent en Syrie, tandis que les forces américaines et alliées présentes dans la région restent prêtes à intervenir face à de nouvelles menaces jihadistes.

Centcom Irak

Cette transition intervient toutefois dans un pays pris entre Washington et Téhéran, souligne le New York Times. Malgré la guerre contre l’Iran, l’administration Trump a maintenu l’échéance du retrait, tout en pressant Bagdad de désarmer les milices chiites soutenues par son voisin.

Le Premier ministre Ali al-Zaidi s’est engagé à les placer sous contrôle étatique d’ici à la mi-2027. Leur puissance militaire et leur implantation politique compliquent cette ambition. Le Pentagone désigne explicitement ces groupes, avec les cellules restantes de l’État islamique, parmi les défis relevant désormais principalement du gouvernement irakien.

Irak Armee
Des membres des forces de sécurité irakiennes font le signe de la victoire à bord de véhicules décorés de drapeaux nationaux et de rubans, lors d’un cortège célébrant le retrait complet des troupes américaines d’Irak, à Bagdad, mercredi 30 septembre 2026.

Au Kurdistan, les inquiétudes portent notamment sur la défense aérienne après les attaques iraniennes et celles de milices alliées rapportées par le quotidien.

Alors que Bagdad célèbre la souveraineté retrouvée et que les milices revendiquent le départ américain comme une victoire, les témoignages recueillis par le New York Times révèlent une satisfaction mêlée de crainte : celle d’une résurgence jihadiste ou d’une confrontation entre l’État et les groupes armés.

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