Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a ordonné lundi à la délégation iranienne présente à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU de quitter immédiatement les États-Unis, rapporte Axios. Une décision prise après l’enlisement des négociations indirectes entre Washington et Téhéran. L’Iran conteste toutefois la version américaine et affirme que le départ de son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi était programmé de longue date.
Selon une exclusivité publiée jeudi par Axios, Marco Rubio a demandé lundi soir à la mission américaine auprès des Nations unies d’informer la délégation iranienne qu’elle devait quitter le territoire américain sans délai. Parmi les responsables concernés figurait le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
La décision serait intervenue après une nouvelle journée de négociations infructueuses entre Washington et Téhéran. La Maison-Blanche estimait encore lundi matin qu’une avancée diplomatique restait possible, avant de constater dans l’après-midi que les discussions avaient atteint une impasse, selon Axios.
Un responsable américain cité par le média a expliqué que la délégation iranienne avait, selon Washington, « dépassé le temps de sa bienvenue », soulignant que les réunions de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies étaient terminées.
Abbas Araghchi et les membres de sa délégation ont quitté New York quelques heures plus tard. Leur avion a décollé tôt mardi à destination de Doha, où le Qatar poursuit ses efforts de médiation entre les deux pays.
Téhéran dément avoir été expulsé
L’Iran conteste cependant formellement cette présentation des événements.
La mission iranienne auprès des Nations unies affirme que son départ de New York correspondait à un calendrier établi à l’avance et communiqué au département d’État américain dès le 17 septembre.
Selon la version iranienne, Abbas Araghchi et son équipe n’ont donc pas été contraints de quitter les États-Unis. Téhéran accuse au contraire Washington de diffuser une information « sans fondement ».
Associated Press rapporte néanmoins, sur la base de deux responsables américains, que Rubio avait bien demandé à la délégation iranienne de quitter New York plus tôt que prévu après le faible progrès enregistré dans les discussions indirectes.
Le Qatar tente toujours de maintenir le canal ouvert
L’incident intervient alors que Doha multiplie les médiations entre Washington et Téhéran autour d’un projet iranien visant notamment à rétablir la circulation normale dans le détroit d’Ormuz et à obtenir en contrepartie plusieurs concessions américaines.
Mercredi, l’Iran a indiqué avoir reçu, par l’intermédiaire du Qatar, une réponse officielle américaine à sa dernière proposition. Les discussions achoppent notamment sur l’ordre dans lequel les différentes mesures devraient être mises en œuvre.
Donald Trump avait pourtant publiquement rejeté plusieurs éléments de l’offre iranienne ces derniers jours, tandis que les médiateurs qataris continuaient leurs contacts avec les deux camps.
Interrogé mercredi sur les chances de parvenir à un accord avec Téhéran, le président américain a de nouveau laissé planer la menace d’une reprise des opérations militaires, déclarant que les États-Unis devraient bientôt choisir entre un accord et une nouvelle confrontation.
L’épisode new-yorkais illustre ainsi la fragilité du canal diplomatique : Washington affirme avoir écourté le séjour de la délégation iranienne après l’échec des discussions, tandis que Téhéran assure être parti selon un calendrier prévu à l’avance. Malgré cette nouvelle passe d’armes, le Qatar continue pour l’heure de tenter de rapprocher les positions.





