Coronavirus: plus d’un millier de pèlerins juifs hassidiques coincés à la frontière entre le Bélarus et l’Ukraine

Le nombre de pèlerins juifs coincés à la frontière entre le Bélarus et l’Ukraine en raison des restrictions liées au coronavirus dépasse désormais le millier et d’autres continuent d’affluer, ont annoncé mercredi les deux pays.

Avec AFP

Venus principalement d’Israël mais aussi de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, ces juifs hassidiques espéraient participer à un pèlerinage à Ouman, dans le centre de l’Ukraine, mais se retrouvent bloqués dans le «no man’s land» entre les deux Etats à cause de la fermeture des frontières ukrainiennes du fait de la pandémie.

Les pèlerins sont passés par le Bélarus en pensant pouvoir contourner les restrictions mises en place par Kiev.

Coincés pour certains depuis plus d’une semaine dans des conditions précaires, leur sort fait craindre une crise humanitaire. Selon la Croix-Rouge bélarusse, les pèlerins n’ont pas «suffisamment de ressources pour subvenir à leurs besoins».

Des images transmises mardi à l’AFP par l’un des naufragés, Haim Weitshandler, montrent des groupes d’hommes et d’enfants assis ou allongés à même le sol de nuit, ou encore chantant devant un cordon de la police ukrainienne antiémeute.

1.064 citoyens israéliens

Des journalistes de l’AFP présents à la frontière ukrainienne mercredi ont constaté une présence importante de la police, de la garde nationale et des services de secours.

«Je respecte vos traditions, mais cette année vous ne pouvez pas vous rendre à Ouman. Je suis prêt à le répéter mille fois s’il le faut», a dit dans la nuit aux pèlerins le chef des gardes-frontières ukrainiens, Serguiï Deïneko.

Selon les gardes-frontières bélarusses, au moins 1.064 citoyens israéliens ont traversé la frontière depuis lundi, dont 242 enfants. «Le Bélarus a déployé des efforts maximaux pour fournir de la nourriture et des modules chauffants», ont-ils ajouté dans un communiqué.

Les gardes-frontières ukrainiens ont eux aussi estimé le nombre de pèlerins coincés dans la zone neutre à «environ 1.000», tout en disant avoir la situation « sous contrôle ».

Mardi, ils étaient environ 700.

Le président bélarusse, Alexandre Loukachenko, qui entretient des relations tendues avec l’Ukraine qu’il accuse d’avoir favorisé la grave crise politique actuelle dans son pays, a demandé à son gouvernement de négocier avec Kiev « l’ouverture d’un couloir » humanitaire pour les pèlerins jusqu’à Ouman.

Alexeï Dioubenkov, un porte-parole des gardes-frontières bélarusses cité par l’agence nationale Belta, a précisé que de nouveaux groupes de pèlerins continuent d’affluer vers la frontière toutes les heures.

Pas de situation tendue

«Il n’y a pas eu de provocation, pas de situation tendue depuis hier. Ils reçoivent périodiquement de l’eau potable et de la nourriture», a déclaré à l’AFP Andriï Demtchenko, porte-parole du service des gardes-frontières ukrainiens.

Chaque année à l’époque du Nouvel an juif, des dizaines de milliers de pèlerins se rendent à Ouman, dans le centre de l’Ukraine, pour se recueillir sur la tombe de Rabbi Nahman de Breslev (1772-1810), fondateur d’une branche du judaïsme ultra-orthodoxe, le hassidisme. Cette année, le pèlerinage est prévu du 18 au 28 septembre.

Les autorités ukrainiennes et israéliennes avaient appelé les juifs hassidiques à renoncer cette année à cause de la pandémie de nouveau coronavirus, d’autant que l’Ukraine a interdit pour un mois fin août l’entrée des étrangers sur son territoire à cause d’un rebond du nombre des contaminations.

Israël a de son côté réimposé dimanche un confinement national.

La situation à Ouman, ville de 80.000 habitants, était déjà difficile avant cet afflux. La semaine dernière, deux pèlerins avaient été expulsés pour avoir détruit des barrières installées près de la tombe de Rabbi Nahman, une mesure de distanciation mise en place à cause du Covid-19.

Selon la police, des milliers de pèlerins s’y trouvent actuellement malgré les restrictions. Les autorités prenaient la température de ceux qui se rendent sur la tombe tandis que des panneaux appelant à porter un masque étaient visibles, a constaté mardi un journaliste de l’AFP.

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