La Maison Blanche chercherait un remplaçant au Pentagone

La tempête autour de Pete Hegseth ne faiblit pas à Washington. Derrière les révélations sur l’usage contesté de l’application Signal par le secrétaire à la Défense, une bataille plus large se joue : celle d’un affrontement politique et médiatique sur fond de recomposition du pouvoir au sein du Pentagone. NPR et le New York Times, réputés être pro-démocrates, affirment que la Maison Blanche chercherait à le remplacer, tandis que ses soutiens dénoncent une campagne de déstabilisation coordonnée.

La Maison Blanche aurait entamé des démarches discrètes pour remplacer Pete Hegseth, actuel secrétaire à la Défense, selon la radio nationale publique américaine NPR. Ce qui aurait pu rester un simple incident de sécurité s’est mué en affrontement politique majeur, attisé par les démocrates et amplifié par leurs relais médiatiques. L’affaire révèle une tension au sein du Pentagone et un climat de méfiance généralisée entre les loyalistes de Trump, les collaborateurs récemment évincés et une presse engagée dans une guerre de tranchée contre l’agenda présidentiel.

Une affaire de sécurité ? Ou une vendetta politique ?

L’affaire débute par une fuite : le 15 mars, Pete Hegseth aurait partagé dans deux groupes Signal des informations sensibles sur des frappes imminentes contre les Houthis au Yémen. Ces données incluraient notamment les horaires de vol des avions de chasse multirôle F/A-18 Hornets. L’un de ces groupes comptait son épouse Jennifer (ancienne productrice chez Fox News), son frère, et son avocat personnel — aucun d’eux ne disposant de responsabilité directe dans la planification militaire.


Le Pentagone dénonce une opération de sabotage politique

Le Pentagone réfute catégoriquement l’accusation de fuite d’informations classifiées. Il affirme que « aucune information classifiée n’a été partagée dans ces discussions », et vante les performances de son équipe dans l’exécution de la politique de défense de Donald Trump. « Nous avons déjà accompli tant pour les combattants américains, et nous ne reculerons pas », conclut la déclaration.

Son porte-parole a dénoncé la couverture médiatique de l’affaire comme une énième tentative de dénigrement :

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« Encore une vieille histoire sortie du placard. Les médias anti-Trump sont obsédés par la destruction de tous ceux qui soutiennent son agenda. Cette fois encore, le New York Times et les autres “Fake News” reprennent sans distance les griefs d’ex-employés évincés cette semaine, qui ont clairement un mobile pour saboter le secrétaire et l’agenda du Président. »

Face à la pression croissante, Pete Hegseth lui-même est sorti de sa réserve, dénonçant une attaque coordonnée contre son action et sa réputation, dans une déclaration filmée diffusée par la chaîne politique non partisane C-SPAN :

« Quelle surprise : quelques fuites, quelques limogeages, et soudain une avalanche d’articles à charge publiés par les mêmes médias qui nous ont vendu l’arnaque russe, et qui refusent toujours de rendre leurs prix Pulitzer… C’est toujours la même méthode : ils prennent des sources anonymes, des ex-employés aigris, et ils lancent des opérations de démolition pour ruiner des réputations. »
Pete Hegseth, secrétaire à la Défense (source : C-SPAN)

Trump minimise

Interrogé lundi à la Maison Blanche, Donald Trump a volé au secours de son secrétaire à la Défense. Il a qualifié les accusations de «perte de temps» et salué le bilan de Hegseth : « Demandez aux Houthis comment il s’en sort ». La porte-parole Karoline Leavitt a confirmé que le président «le soutient fermement».

Hegseth, pour sa part, rejette les accusations, dénonçant une cabale montée par d’anciens collaborateurs “mécontents”. Quatre hauts conseillers ont pourtant quitté le Pentagone la semaine dernière, dont trois ont été escortés hors des lieux et accusés d’avoir divulgué des informations à la presse. Dans un communiqué, ils affirment n’avoir jamais enfreint les règles de sécurité, et dénoncent un règlement de comptes politique.

Le New York Times défend son enquête

Le New York Times a riposté via un communiqué affirmant avoir confiance dans l’exactitude de leur information.

« Nous avons toute confiance dans l’exactitude de notre reportage, qui a révélé que le secrétaire à la Défense a partagé des informations sensibles dans un groupe de discussion Signal incluant notamment son épouse et son frère. Le Pentagone n’a pas nié l’existence de ce groupe, et son affirmation selon laquelle aucune information classifiée n’y aurait été partagée est hors sujet dans le cadre de notre article, qui ne qualifiait pas ces informations de classifiées. » – a écrit le porte-parole du journal newyorkais.

Les démocrates en embuscade

La polémique s’enracine aussi dans le contexte électoral de mi-mandat. Plusieurs élus démocrates, dont la sénatrice Tammy Duckworth, ont appelé à la démission de Hegseth, pointant un risque pour la sécurité nationale. Dans les couloirs du Congrès, certains accusent Trump d’avoir placé à la tête du Département de la Défense « un loyaliste médiatique sans l’expérience nécessaire pour diriger une organisation aussi stratégique ».

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