Dégradation nette de la relation entre Trump et Netanyahou

Longtemps perçue comme l’une des plus solides duelles diplomatiques des années Trump, la relation entre l’ancien président américain et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou traverse une phase de tension inédite. En toile de fond : des divergences croissantes sur la gestion du dossier iranien, la stratégie à adopter à Gaza, et les récents choix de Washington au Yémen. Si le soutien historique de Trump à Israël n’est pas remis en cause, les signaux envoyés ces dernières semaines laissent entrevoir une reconfiguration des priorités américaines au Moyen-Orient — souvent en dehors des canaux traditionnels israéliens.

Ce qu’il faut savoir

Autrefois alliés fusionnels, Donald Trump et Benjamin Netanyahou traversent une crise ouverte. Les lignes de fracture s’accumulent sur les dossiers iranien, gazaoui et yéménite. Le président américain semble désormais décidé à agir sans concertation avec Tel Aviv, provoquant colère et incompréhension dans les cercles proches du Premier ministre israélien.

Ce qui s’est passé

  • Israeli Army Radio ( GLZ ) révèle que Trump a coupé toute communication directe avec Netanyahou.
  • Trump aurait déclaré en privé vouloir « gérer le Moyen-Orient sans Netanyahou», l’accusant :
    • de freiner la normalisation avec l’Arabie saoudite,
    • et de vouloir entraîner les États-Unis dans une frappe contre l’Iran.
    • Malgré tout, Trump souhaite encore inclure Israël dans un accord régional, mais affirme qu’il « ne l’attendra plus ».
    • En écho, Netanyahou aurait répondu que « Israël peut se défendre seul ».
  • Selon l’entourage de Trump, ce dernier se sent manipulé par Netanyahou – un point qui l’irrite profondément.
  • Les États-Unis négocient directement avec le Hamas depuis plusieurs mois, hors du cadre israélien, avec un résultat tangible : la libération d’un otage israélo-américain.
  • Adam Boehler (émissaire de Trump pour les otages) et Steve Witkoff (chargé de l’Iran) sont devenus des cibles de méfiance côté israélien.
  • Déclic : L’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et les Houthis, sans coordination avec Israël, a mis le feu aux poudres.

Les points de rupture

1. Les Houthis : la gifle diplomatique

  • Les Houthis, soutenus par l’Iran, venaient d’attaquer Israël par missile, visant la zone de l’aéroport Ben Gourion.
  • Dans ce contexte, Trump suspend unilatéralement la campagne militaire américaine au Yémen, après que les Houthis aient accepté de ne plus viser les navires américains en mer Rouge.
  • Netanyahou a été totalement pris de court, espérant au contraire un soutien aérien américain pour une opération israélienne d’envergure contre Téhéran.
  • Pour Israël, cette trêve Houthi-USA est un signal de désengagement stratégique.

2. Iran : des visions irréconciliables

  • Israël pousse à une frappe militaire immédiate sur les installations nucléaires iraniennes.
  • Trump parie sur une négociation directe avec Téhéran, envisageant même de laisser à l’Iran un programme nucléaire civil.
  • « We haven’t made that decision yet, » a-t-il déclaré, au sujet de l’enrichissement d’uranium.
  • Côté israélien, le moment est jugé crucial : les défenses aériennes iraniennes sont affaiblies depuis octobre, mais le temps presse.

3. Gaza : cessez-le-feu ou escalade

  • Trump pousse pour une trêve durable et rêve d’un plan de reconstruction qu’il surnomme « la Riviera du Moyen-Orient ».
  • Netanyahou relance une offensive militaire, que Trump juge incompatible avec ses ambitions post-conflit.
  • Le président aurait qualifié cette opération de « gaspillage stratégique » qui nuit à l’après-guerre.

Le climat actuel

  • Des diplomates proches du dossier décrivent une relation gelée, voire «toxique».
  • Netanyahou n’a ni les moyens politiques, ni la marge diplomatique pour affronter Trump, encore très populaire auprès de sa base électorale en Israël.
  • Pendant ce temps, les émissaires américains négocient en parallèle avec le Hamas et Téhéran, sans rendre de comptes.

Ce qu’ils disent

  • James Hewitt (Conseil de sécurité nationale) : « Israel has had no better friend in its history than President Trump.»
  • Frank Lowenstein ( ancien envoyé spécial des négociations Israël / Palestine ) : « Trump a son propre agenda. Ce n’est pas un chèque en blanc.»
  • Ilan Goldenberg (ex-conseiller Biden/Obama) : « Netanyahou ne peut pas attaquer Trump frontalement. Il est prisonnier de son électorat.»

Ce qui vient ensuite

  • Trump ne visitera pas Israël lors de sa tournée au Moyen-Orient. Une première rupture symbolique.
  • Les négociations entre Steve Witkoff et l’Iran reprennent ce week-end à Oman.
  • La fracture Trump-Netanyahou pourrait redéfinir l’équilibre stratégique au Moyen-Orient, en affaiblissant le rôle central d’Israël dans les futures dynamiques régionales.

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