Entrées massives à Sebta : 24 corps récupérés sur le littoral

Vingt-quatre corps ont été récupérés sur le littoral de Sebta à la suite des tentatives massives d’entrée depuis le Maroc, rapporte l’agence espagnole EFE. Six nouvelles dépouilles ont été retrouvées vendredi matin, portant à 24 le bilan provisoire de cette crise migratoire.

Le nombre de personnes décédées au large de Sebta a atteint 24, après la récupération de six nouveaux corps au cours de la matinée de ce vendredi 31 juillet, ont indiqué à EFE des sources policières espagnoles.

Les victimes auraient principalement tenté de rejoindre la ville à la nage aux premières heures de jeudi. Plus tard dans la journée, de nombreuses personnes sont parvenues jusqu’à Sebta à pied, en contournant la digue séparant le territoire marocain de l’enclave administrée par l’Espagne.

Les opérations de récupération des corps ont été menées par la Guardia Civil et les services espagnols de sauvetage maritime. Selon EFE, il s’agit de la journée la plus meurtrière enregistrée sur le littoral de Sebta dans le contexte de tentatives de migration irrégulière.

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Des rumeurs à l’origine de la mobilisation

L’agence espagnole rapporte que la mobilisation aurait notamment été alimentée par des messages diffusés sur les téléphones et les réseaux sociaux, affirmant à tort que la frontière avait été ouverte aux personnes ne disposant pas de documents.

Une femme arrivée jeudi à Fnideq avec ses filles a ainsi expliqué à EFE avoir vu sur son téléphone une annonce indiquant que l’Espagne autorisait l’entrée sans papiers. Plusieurs jeunes interrogés sur place pensaient également que le passage vers Sebta était devenu libre.

Ces informations non vérifiées se seraient rapidement propagées, encourageant de nombreux groupes à se diriger vers la frontière et à tenter de rejoindre la ville par voie terrestre ou maritime.

Les autorités marocaines n’ont, à ce stade, communiqué aucun bilan officiel concernant le nombre de départs, de personnes secourues ou de décès. Le bilan de 24 morts provient des autorités et des services de sécurité espagnols cités par EFE.

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Une crise comparée à celle de 2021

Certains médias espagnols estiment que l’ampleur de ces mouvements pourrait dépasser celle de mai 2021, lorsque près de 10.000 personnes étaient entrées à Sebta dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Rabat et Madrid.

Les événements de cette semaine sont intervenus au moment de la célébration du 27e anniversaire de l’accession de SM Roi Mohammed VI au Trône. Une réception officielle a été organisée jeudi à M’diq, à une vingtaine de kilomètres de Fnideq.

EFE replace également cette crise dans un contexte diplomatique marqué par les relations entre le Maroc, l’Espagne et l’Algérie, notamment après la visite du chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez à Alger et les récents développements liés au dossier du Sahara.

Le bilan humain demeure provisoire, tandis que les opérations de recherche et de surveillance se poursuivent sur le littoral de Sebta.

Le précédent de Gibraltar ravive le débat sur le statut de Sebta occupée

Au-delà de l’urgence migratoire, cette nouvelle crise remet en lumière les appels à ouvrir un dialogue sur le statut futur de Sebta, ville considérée par le Maroc comme un territoire occupé. Le précédent de Gibraltar est régulièrement invoqué depuis l’accord signé le 14 juillet 2026 entre le Royaume-Uni et l’Union européenne : la clôture terrestre et les contrôles avec l’Espagne ont été supprimés, tandis que le territoire a été intégré à un dispositif de circulation lié à l’espace Schengen et à une union douanière avec l’Union européenne. Cette évolution pragmatique n’a toutefois pas réglé la question de la souveraineté, les positions britannique et espagnole demeurant inchangées.

Le débat sur Sebta et Melilia a également acquis une dimension internationale. Dans un rapport publié en avril 2026, la commission des crédits de la Chambre américaine des représentants a soutenu l’ouverture d’un engagement diplomatique entre Rabat et Madrid sur le « futur statut » des deux villes. Au Maroc comme dans certains milieux politiques et associatifs espagnols, des voix plaident désormais pour s’inspirer du modèle gibraltarien afin de dépasser la logique des clôtures, instaurer un espace de prospérité partagée et, à terme, replacer la question territoriale dans le cadre d’un dialogue politique. Madrid rejette cependant toute assimilation entre Gibraltar et les deux villes et maintient que Sebta et Melilia font pleinement partie du territoire espagnol.

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