Libreville a accueilli, les 29 et 30 janvier 2026, la 44ᵉ mission multisectorielle du Club Afrique Développement (CAD), confirmant l’ambition du Gabon de s’imposer comme un pôle de convergence économique panafricain. Placée sous le thème « Gabon, terre d’opportunités », cette rencontre de haut niveau a marqué un nouveau jalon dans la dynamique des échanges économiques intra-africains.
Présidés par le Vice-Président de la République, Alexandre Barro Chambrier, les travaux ont bénéficié de la présence de plusieurs membres du gouvernement, dont Zenaba Chaning Gninga, ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME-PMI, et Mark-Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique. Un signal clair : l’État gabonais entend jouer un rôle d’architecte, en fixant un cap lisible pour l’investissement privé.

La mission a réuni plus de 300 décideurs économiques et institutionnels issus de 11 pays africains, confirmant la portée régionale de cette édition. Cameroun, République du Congo, Côte d’Ivoire, Égypte, Mali, Maroc, Mauritanie, Sénégal, Tchad et Tunisie : la diversité des délégations illustre l’inscription du Gabon au cœur des circulations économiques entre Afrique centrale, de l’Ouest et du Nord.
À travers des interventions officielles, l’exécutif gabonais a réaffirmé sa volonté d’installer un « environnement favorable à la compétitivité, à l’innovation et à l’émergence d’un tissu productif plus diversifié ». Réformes économiques, modernisation progressive du climat des affaires, investissements ciblés dans les infrastructures : autant de leviers présentés comme des garanties de stabilité et de visibilité pour les investisseurs.

Dans son allocution, Zenaba Chaning Gninga a inscrit ce rendez-vous dans la vision du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, faisant de la promotion de l’investissement, du partenariat public-privé et de la valorisation du potentiel national les leviers d’une transformation structurelle assumée. Une doctrine économique qui sert aujourd’hui de socle aux réformes engagées pour améliorer le climat des affaires et renforcer l’attractivité du pays à l’échelle régionale et internationale.
Le CAD, catalyseur de partenariats africains
Initiée par Attijariwafa Bank, en partenariat avec l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI–Gabon) et l’Union Gabonaise de Banque (UGB) et les filiales du groupe présentes dans chaque pays participant, cette mission du CAD a mis en lumière une ingénierie panafricaine opérationnelle.
Elle s’inscrit dans une logique désormais bien rodée : mettre en relation directe les décideurs publics et les opérateurs privés, africains comme internationaux, autour d’opportunités sectorielles clairement identifiées. D’ailleurs, les délégations d’entreprises ont été accompagnées par les réseaux bancaires locaux, incarnant un modèle d’intégration sud-sud structuré et pragmatique.
La conférence centrale, réunissant notamment Mark-Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, et Mouna Kadiri, directrice du CAD, a mis en perspective les opportunités offertes par le Gabon dans un environnement régional en recomposition.
« Les entreprises qui viennent sont venues pour travailler, pas uniquement pour entendre des paroles. À la lumière du bilan des carnets de rendez-vous déjà programmés, des secteurs prioritaires ont émergé, liés notamment à l’agroalimentaire, au bois, aux énergies et, pour certaines, au tourisme. Ces entreprises ont déjà fait leur travail préalable et viennent avec une intention claire de développer des opportunités de trade et d’investissement. », a déclaré Mme Kadiri.
Un Marché de l’Investissement pour l’Afrique centrale
Parmi les temps forts de cette édition, l’inauguration d’un Marché de l’Investissement Afrique centrale a constitué une innovation notable. Rassemblant l’ANPI, la Zone Économique Spéciale de Nkok, l’UGB et plusieurs établissements bancaires régionaux, cette plateforme a permis aux participants d’accéder directement à une information structurée sur les opportunités d’investissement au sein de l’espace CEMAC et d’approfondir les échanges avec les institutions concernées.

Dans son intervention, le directeur général de l’ANPI, M. Ghislain Moanza Mboma a mis en exergue l’envergure des projets portés par le Gabon dans des secteurs clés, renforçant la lisibilité de l’offre économique nationale.
Pour Larbi Allabouch, directeur général de l’Union gabonaise de banque (UGB), les signaux sont au vert : les réformes engagées et la volonté politique de diversifier l’économie constituent, selon lui, un socle crédible pour attirer des capitaux à long terme. Une lecture partagée par la ministre Zenaba Chaning Gninga, qui a rappelé l’ambition stratégique des autorités : faire du Gabon une plate-forme d’entrée économique vers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La mission s’est traduite par plus de 200 rencontres d’affaires BtoB encadrées, dans des secteurs stratégiques tels que l’agrobusiness, le bois, les matériaux de construction, les énergies et les mines. Un panel de haut niveau, réunissant responsables publics et acteurs privés : du Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques à OLAM Palm Gabon, en passant par la Fédération des Entreprises Gabonaises, a mis en lumière les conditions offertes aux entreprises souhaitant rayonner à l’échelle continentale depuis le Gabon.

Le programme s’est clôturé par des visites de terrain, à la Zone Économique Spéciale de Nkok, parc industriel de 1 126 hectares reconnu mondialement pour son cluster bois et ses pratiques durables, puis à la Baie des Rois, vaste zone d’investissement urbain en front de mer intégrant marina, corniche et infrastructures dédiées au tourisme, aux affaires et aux loisirs. Autant de projets qui donnent corps à la stratégie gabonaise d’industrialisation et de diversification.
En réunissant acteurs publics et privés autour d’échanges structurés, le Club Afrique Développement, porté par le groupe Attijariwafa Bank, a contribué à accompagner la mise en relation des initiatives économiques et des projets d’investissement présentés à Libreville. Cette 44ᵉ mission s’est inscrite dans une logique de facilitation et de dialogue économique régional, offrant un cadre de travail propice à la compréhension des priorités du Gabon et aux dynamiques d’échanges intra-africains.


















