Keir Starmer démissionne en tant que Premier ministre et leader du Labour Party

Au Royaume-Uni, Keir Starmer devient le sixième Premier ministre en sept ans à quitter le pouvoir sans avoir perdu d’élection générale. Alors que Donald Trump avait affirmé dès dimanche que le leader travailliste « démissionnerait », Sir Keir Starmer a annoncé lundi matin sa démission du 10 Downing Street. Son successeur, très probablement Andy Burnham, devrait prendre les rênes du pays sans qu’aucune élection générale ne soit organisée, confirmant une nouvelle fois l’instabilité chronique de la fonction de Premier ministre britannique.


Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé lundi matin sa démission en tant que chef du gouvernement et leader du Parti travailliste, moins de deux ans après la large victoire de son parti aux élections législatives de juillet 2024.


Dans une déclaration prononcée devant le 10 Downing Street, Sir Keir Starmer a indiqué qu’il acceptait la conclusion de son parti selon laquelle il n’était plus le mieux placé pour conduire le Labour à la prochaine élection générale.

« J’ai entendu la réponse et je l’accepte avec bonne grâce », a-t-il déclaré.

Un discours teinté d’émotion

Starmer a commencé par rappeler que devenir Premier ministre avait été « le moment le plus fier » de sa vie. Il a ensuite retracé le chemin parcouru depuis qu’il avait hérité d’un parti qu’il a décrit comme « politiquement, financièrement et moralement en faillite ».

« On me répétait sans cesse que le parti était fini. J’ai prouvé le contraire », a-t-il affirmé, en rappelant avoir « arraché le poison de l’antisémitisme » au sein du Labour et restauré la confiance sur les questions économiques, de défense et de sécurité nationale.

Il a ensuite annoncé qu’il resterait en fonction jusqu’à l’élection d’un nouveau chef du parti, qui devrait intervenir avant le retour du Parlement en septembre. Il a précisé avoir déjà informé le roi Charles III de sa décision lors d’un échange téléphonique ce matin.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour assurer une passation de pouvoir ordonnée et j’apporterai tout mon soutien à mon successeur », a-t-il ajouté.

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Plusieurs ministres du gouvernement, dont le vice-Premier ministre David Lammy, se sont rassemblés devant le 11 Downing Street pour suivre la déclaration de Keir Starmer

Visiblement ému en fin de discours, Keir Starmer a conclu en évoquant sa vie personnelle :

« Après avoir quitté le plus grand poste du pays, je vais maintenant me consacrer au poste le plus important : être le meilleur mari possible pour ma fantastique épouse Vic, qui a été mon roc dans les bons comme dans les mauvais moments, et être le meilleur père possible pour mes magnifiques enfants, qui sont ma fierté et ma joie. »

Il a ensuite embrassé son épouse Victoria avant de regagner le 10 Downing Street.

« Les Britanniques en ont assez de ce manège »

La démission de Keir Starmer intervient dans un contexte de forte pression interne au sein du Labour, exacerbée par la victoire d’Andy Burnham lors de l’élection partielle de Makerfield la semaine dernière.

Le leader des Libéraux-démocrates, Ed Davey, a réagi en estimant que les Britanniques étaient « malades » de ce « manège incessant » de Premiers ministres.

« Les Britanniques en ont assez d’être déçus par ce manège sans fin de Premiers ministres pendant que rien ne change vraiment », a-t-il écrit sur X. « Cette fois, cela doit être différent. Il ne s’agit pas seulement de changer qui occupe le 10 Downing Street, mais de réformer notre politique cassée pour pouvoir réparer notre pays. »

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Le président américain Donald Trump avait d’ailleurs affirmé dimanche que Starmer « démissionnerait », estimant qu’il avait « échoué » sur les questions de l’immigration et de l’énergie.
Vers une passation rapide à Andy Burnham ?

Selon plusieurs sources au sein du Labour, une « coronation » (investiture sans contestation) d’Andy Burnham est de plus en plus probable. L’ancien maire de Manchester, qui vient de retrouver un siège de député, pourrait ainsi devenir le nouveau Premier ministre d’ici septembre.

Keir Starmer a demandé au Comité exécutif national du parti de fixer un calendrier avec l’ouverture des candidatures le 9 juillet. Un nouveau leader devrait donc être désigné avant la rentrée parlementaire.

L’annonce de Keir Starmer marque un nouveau chapitre d’instabilité politique au Royaume-Uni, qui a connu six Premiers ministres en sept ans. Son départ intervient seulement deux ans après la victoire historique du Labour en 2024, alors que le parti avait promis de mettre fin au chaos politique des années post-Brexit.

Andy Burnham

Qui est Andy Burnham, le probable futur Premier ministre britannique ?

Andy Burnham apparaît comme le grand favori pour succéder à Keir Starmer à la tête du gouvernement britannique. Ancien maire du Grand Manchester, il devrait être investi Premier ministre sans passer par une élection générale.

Âgé de 56 ans, Burnham a été député pendant 16 ans (2001-2017), période durant laquelle il a occupé le poste de ministre de la Santé. Il s’était déjà présenté deux fois à la direction du Parti travailliste, en 2010 et 2015, sans succès. Il avait ensuite quitté Westminster pour devenir maire du Grand Manchester, un poste qu’il a occupé pendant neuf ans.

Son retour en politique nationale s’est fait de manière spectaculaire la semaine dernière : il a remporté haut la main l’élection partielle de Makerfield, dans le nord-ouest de l’Angleterre, en battant largement le parti Reform UK. Cette victoire lui permet enfin de siéger à la Chambre des communes et de briguer la direction du Labour, ce qui lui était impossible tant qu’il n’était pas député.

Pourquoi il est en position de force :

  • Sa large victoire dans Makerfield, alors que le Labour traversait une passe difficile, lui confère un fort capital politique.
  • Il bénéficie d’une popularité personnelle élevée, bien supérieure à celle de Keir Starmer ces derniers mois.
  • Considéré comme un bon communicant et un politique expérimenté, il est vu par de nombreux élus travaillistes comme le meilleur candidat pour enrayer le déclin électoral du parti.

Bien que ses positions politiques restent globalement alignées sur celles du gouvernement actuel, Andy Burnham a su construire un récit et une image qui font actuellement défaut au Parti travailliste

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