Le Parlement azerbaïdjanais appelle à ce que la France soit exclue du Groupe de Minsk

Tollé au parlement azerbaïdjanais ce jeudi 26 novembre après le vote par le sénat français d’une proposition de résolution pour la reconnaissance de la République du Haut-Karabagh après l’écrasante défaite de l’Arménie face à l’Azerbaïdjan. Le parlement (Milli Madjlis) de la République d’Azerbaïdjan a adopté une déclaration d’objection à la proposition de résolution qu’il a qualifié de «biaisée».

Le ministre des Affaires Etrangères azerbaïdjanais, Zacharie Gross, a condamné dans un communiqué le vote par le sénat français d’une proposition de résolution sur « la nécessité de reconnaître la République du Haut-Karabagh », en qualifiant la manœuvre de provocation d’un groupe de sénateurs ouvertement pro-arméniens, tout en mettant en doute la neutralité de la France, qui s’est portée médiatrice dans le conflit.

« L’ambassadeur de la République d’Azerbaïdjan en France s’est exprimé devant les membres du Sénat la veille du vote sur la proposition de résolution, conformément aux procédures d’audition du Sénat, et a donné des informations détaillées sur les points unilatéraux et faux reflétés dans la proposition de résolution. À ce titre, l’adoption d’une résolution tout à fait partiale par le Sénat ne peut être considérée que comme une provocation. Il semble que les Arméniens de France utilisent largement le sujet du conflit à des fins électorales », indique le communiqué.

Le ministère a souligné que la proposition de résolution adoptée par le Sénat n’avait aucune valeur juridique. « Mais, compte tenu de la portée politique de la résolution, l’adoption d’une telle proposition de résolution par un pays doté d’un mandat de médiation met en doute la neutralité du pays. Cela porte atteinte aussi à la réputation de la France en tant que médiateur équitable dans la société azerbaïdjanaise », a-t-il ajouté.

Le ministère a indiqué que la position officielle de la République française sur le règlement du conflit avait été exprimée par des hauts fonctionnaires, dont le président et le ministre des Affaires étrangères.

« La France soutient l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan, et cela se reflète à la fois dans les documents signés dans le cadre bilatéral ainsi qu’avec l’Union européenne. Le secrétaire d’Etat du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, qui s’est prononcé lors des discussions au Sénat, a également exprimé la position officielle », lit-on dans le communiqué.

Le ministère azerbaïdjanais a souligné qu’au lieu d’adopter des résolutions partiales, l’engagement du Sénat français dans des activités visant à servir la paix, la stabilité et le progrès dans la région répondrait aux intérêts de la France et contribuerait au développement durable de la région.

Le parlement azerbaïdjanais hausse le ton contre la France

De son côté le parlement (Milli Madjlis) de la République d’Azerbaïdjan est allé encore plus loin dans a condamnation de ladite proposition du Sénat français, adoptant ors de la séance du 26 novembre une déclaration qui appelle le gouvernement à faire appel aux dirigeants de l’OSCE pour que la France soit exclue du Groupe de Minsk.

«La déclaration signée le 10 novembre 2020 par les présidents azerbaïdjanais, russe et du Premier ministre arménien a mis fin au conflit du Haut-Karabagh. Cette déclaration trilatérale signifie la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU, que la France soutient également. Cette déclaration a également assuré la mise en œuvre des documents adoptés par d’autres organisations internationales. Le Parlement azerbaïdjanais rappelle que les nouvelles réalités doivent être acceptées par tous.» s’est indigné le député Djavanshir Feyziyev chargé de la lecture de la déclaration du parlement.

«Le Parlement azerbaïdjanais appele le gouvernement à faire appel aux dirigeants de l’OSCE pour que la France soit exclue du Groupe de Minsk. (..) le parlement a également exhorté le gouvernement à reconsidérer et à analyser en profondeur les relations économiques entre l’Azerbaïdjan et la France.» a-t-il poursuivit.

Ce document a été mis aux voix et adopté par le parlement.

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