Agadir : au chevet d’un policier agressé, Hammouchi donne un signal fort à toute la Sûreté nationale

Les images de l’agression d’un policier, volontairement percuté à plusieurs reprises par un automobiliste à Agadir, ont brutalement rappelé les risques auxquels sont exposés les agents de la Sûreté nationale. Face à cette violence, la réponse de l’institution s’est organisée à plusieurs niveaux : promotion exceptionnelle, prise en charge médicale intégrale, mobilisation de la Fondation Mohammed VI des œuvres sociales et accompagnement des responsables sécuritaires. En se déplaçant personnellement au chevet du fonctionnaire blessé, mercredi 4 novembre, Abdellatif Hammouchi a donné une dimension supplémentaire à cette mobilisation. Un geste qui éclaire autant sa conception du commandement et de la proximité avec les hommes que le fonctionnement d’un dispositif social chargé de leur protection, tout en réaffirmant l’autorité et la responsabilité de l’institution policière.

Mercredi 4 novembre 2026, Abdellatif Hammouchi, directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, s’est rendu au Centre hospitalier universitaire Mohammed VI d’Agadir pour s’enquérir personnellement de l’état de santé d’un officier de sécurité grièvement blessé lors d’une intervention sur la voie publique.

Le policier avait été victime d’un acte de violence commis par un automobiliste qui, selon les précédentes informations de la DGSN, avait refusé d’obtempérer après avoir forcé un barrage judiciaire à l’entrée d’Agadir. Le véhicule l’avait percuté volontairement à plusieurs reprises, lui causant de graves fractures et blessures.

Dans un précédent communiqué, les services de sécurité avaient indiqué que le conducteur était accompagné de deux autres personnes et que les intéressés se trouvaient dans un état avancé d’ivresse et sous l’emprise de stupéfiants. Trois personnes avaient été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête ouverte sous le contrôle du parquet compétent. Les faits étaient présentés par la DGSN comme une tentative d’homicide volontaire.

Une visite personnelle après les décisions de prise en charge

À Agadir, Abdellatif Hammouchi s’est informé de l’évolution de l’état de santé du fonctionnaire et de sa réponse aux soins administrés à l’hôpital. Il lui a apporté son soutien, salué son professionnalisme et rendu hommage aux sacrifices consentis dans l’exercice de ses missions.

Cette visite intervient après plusieurs mesures déjà engagées par la direction générale. Le 29 octobre, Abdellatif Hammouchi avait accordé au fonctionnaire, alors brigadier-chef de police au sein de la brigade mobile des motocyclistes, une promotion exceptionnelle au grade d’officier de sécurité. Les services médicaux et sociaux de la Sûreté nationale avaient été chargés de couvrir l’intégralité de ses frais de traitement et d’hospitalisation.

Une délégation comprenant le préfet de police d’Agadir, le directeur de la Fondation Mohammed VI des œuvres sociales des fonctionnaires de la Sûreté nationale et l’inspecteur des services de santé de la police s’était auparavant rendue à son chevet pour s’assurer du suivi médical et des formes d’assistance mises à sa disposition.

La proximité du commandement et la gestion du capital humain

Le déplacement du directeur général prolonge ainsi une chaîne de décisions médicales, sociales et administratives. À la reconnaissance statutaire du sacrifice professionnel s’ajoute un geste de proximité de la part du premier responsable de l’institution.

Pour les fonctionnaires engagés quotidiennement sur le terrain, la portée de cette démarche dépasse la situation du policier blessé. Elle rappelle que le risque encouru dans l’exercice des missions de sécurité publique appelle une réponse institutionnelle, tant dans la protection des personnels que dans leur accompagnement après une agression.

Un dispositif social mobilisé, de l’hôpital à la Fondation Mohammed VI

La succession des interventions permet également de voir comment s’articulent plusieurs composantes du dispositif social de la Sûreté nationale : la hiérarchie territoriale, les services de santé, la Fondation Mohammed VI des œuvres sociales et les structures chargées du suivi des fonctionnaires.

La prise en charge des dépenses hospitalières, l’assistance matérielle et morale et les visites des responsables composent, dans ce dossier, une réponse coordonnée. L’efficacité d’un tel dispositif se mesure à sa capacité à transformer les instructions de protection en prestations et en soutien effectivement accessibles au policier blessé.

Un signal adressé aux policiers comme à l’opinion publique

La violence de l’agression et les images qui l’ont accompagnée placent aussi cette affaire sur le terrain de l’image de la police. Face à un fonctionnaire blessé dans l’accomplissement de sa mission, la DGSN met en avant la protection due à ses agents, le suivi de leur état de santé et la reconnaissance de leur engagement.

Dans son communiqué du 4 novembre, la direction générale souligne qu’elle demeure engagée dans la défense de ses personnels contre les agressions subies à l’occasion de leurs fonctions de préservation de l’ordre public et de protection des personnes et des biens.

L’institution rattache cette démarche au principe de protection de l’État garanti aux femmes et aux hommes de la Sûreté nationale. La visite d’Abdellatif Hammouchi apparaît ainsi comme le prolongement visible d’une prise en charge déjà engagée, mais aussi comme un signal de soutien adressé à l’ensemble des policiers exposés aux risques du service.

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