Les Marocains sont appelés aux urnes aujourd’hui, mercredi 23 septembre, pour élire les 395 membres de la Chambre des Représentants. Le scrutin doit redessiner la carte politique nationale et déterminer les équilibres à partir desquels sera constituée la future majorité gouvernementale.
Quelque 15,8 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales générales, selon les données arrêtées au 10 juillet 2026 à l’issue de la révision exceptionnelle. Le corps électoral est composé à 54 % d’hommes et à 46 % de femmes.
Au total, 1.850 listes de candidatures ont été déposées dans l’ensemble des circonscriptions locales et régionales. Elles regroupent 7.288 candidatures, soit une moyenne de plus de 18 candidats pour chacun des 395 sièges de la première Chambre du Parlement.

Pouvoir d’achat, emploi et protection sociale au cœur de la campagne
Le scrutin intervient au terme d’une campagne au cours de laquelle les principales formations politiques ont placé les questions sociales et économiques au centre de leurs programmes.
La préservation du pouvoir d’achat, l’amélioration des revenus, l’élargissement de la protection sociale et la révision des mécanismes d’aide directe figurent parmi les principaux engagements présentés aux électeurs.
Les différentes formations ont également mis l’accent sur l’emploi, notamment celui des jeunes et des femmes, ainsi que sur le soutien aux petites et moyennes entreprises et aux jeunes entreprises.
La fiscalité, l’intégration du secteur informel et les dispositifs de financement du tissu entrepreneurial ont également occupé une place importante dans les programmes électoraux.
Un dispositif juridique renforcé
Ces législatives sont organisées dans le cadre d’un dispositif électoral renforcé, destiné notamment à encadrer les pratiques de campagne et à préserver l’intégrité du scrutin.
Vingt-huit articles sur 32 relatifs aux infractions électorales ont été amendés. Le nouveau dispositif prévoit notamment un alourdissement de certaines peines de prison et amendes, tandis que certaines infractions ont été requalifiées en crimes.
Les règles d’éligibilité ont également été durcies. Les candidatures sont notamment interdites aux personnes poursuivies en état de flagrant délit pour certaines infractions portant atteinte à la probité, aux bonnes mœurs ou à la crédibilité du processus électoral.
Les personnes condamnées en première instance pour des crimes, ainsi que celles condamnées en appel dans les cas prévus par la législation, perdent également leur éligibilité.
Autre nouveauté de ce scrutin : le cadre juridique prend désormais explicitement en compte l’utilisation des réseaux sociaux, des plateformes électroniques et des outils d’intelligence artificielle dans la commission d’infractions électorales.
La diffusion de « deepfakes », de fausses informations ou de contenus manipulés destinés à diffamer des candidats ou à porter atteinte à la vie privée des électeurs est ainsi visée par les nouvelles dispositions.
Des commissions de suivi dans les douze régions
En exécution des Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI adressées au ministre de l’Intérieur et au président du Ministère public, une commission centrale de suivi des élections a été activée.
Des commissions provinciales, réunissant notamment les autorités territoriales et judiciaires compétentes, ainsi que des commissions régionales ont également été mises en place.
Leur mission est de suivre le déroulement de l’ensemble du processus électoral, jusqu’à la proclamation des résultats, et de prendre les mesures nécessaires à la préservation de l’intégrité et de la crédibilité du scrutin.
Plus de 3.000 observateurs accrédités
Le scrutin fait également l’objet d’un important dispositif d’observation.
La commission spéciale d’accréditation des observateurs des élections a accordé son agrément à 3.006 observateurs et observatrices représentant 26 associations non gouvernementales ainsi qu’une institution nationale.
Parmi eux figurent 783 observateurs du Conseil national des droits de l’Homme et 2.023 représentants d’associations marocaines de la société civile.
Ils seront déployés dans les douze régions du Royaume.
À ce dispositif national s’ajoutent près de 200 observateurs représentant une trentaine d’instances et d’organisations internationales, régionales et diplomatiques.
Une nouvelle carte politique attendue
Les résultats de ce mercredi détermineront la nouvelle composition de la Chambre des Représentants et les rapports de force entre les différentes formations politiques.
Ils ouvriront ensuite la séquence politique conduisant à la formation de la prochaine majorité gouvernementale, appelée à traduire les engagements défendus pendant la campagne en politiques publiques au cours de la prochaine législature.
Avec MAP







