L’Iran distribue des comprimés d’iode autour de ses sites nucléaires

L’Iran distribue des comprimés d’iode aux populations vivant aux abords de ses installations nucléaires, signe d’un dispositif de précaution renforcé dans un contexte de fortes tensions autour de son programme atomique. L’information est rapportée par le quotidien britannique The Times, alors que les menaces américaines se concentrent notamment sur la « montagne de la Pioche » (Pickaxe Mountain), un complexe souterrain associé au programme nucléaire iranien.

Dans son édition du vendredi 6 novembre, The Times cite un responsable du ministère iranien de la Santé, ayant requis l’anonymat, selon lequel la distribution de comprimés d’iode aux populations résidant à proximité des installations nucléaires est en cours. Le responsable précise qu’en période de guerre, les autorités cherchent à équiper en priorité les habitants vivant dans un rayon de deux à trois kilomètres autour de ces sites, considérés comme les plus directement exposés en cas d’incident ou de frappe.

À Bouchehr, qui abrite une centrale nucléaire, une distribution était déjà organisée avant la guerre de douze jours de juin 2025. En avril 2026, le responsable de la santé de l’université des sciences médicales de la ville faisait état de 180 000 comprimés distribués, dans une déclaration relayée par le média public iranien YJC.

Décidée dans le cadre du dispositif de gestion de crise, cette opération avait d’abord donné la priorité aux secteurs entourant la centrale. Elle avait ensuite été étendue à la ville, avec des comprimés disponibles dans l’ensemble de ses centres de santé.

La montagne de la Pioche sous la menace américaine

La protection des populations riveraines s’inscrit dans un contexte où Washington évoque ouvertement de nouvelles frappes contre les installations iraniennes. Dans un entretien à Newsmax diffusé le 15 octobre, Donald Trump avait désigné Pickaxe Mountain comme une cible possible, en affirmant vouloir empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. Ce complexe fortifié est enfoui profondément sous une montagne, à proximité de l’un des principaux sites nucléaires du pays.

Le président américain avait, dans le même entretien, écarté l’emploi d’une arme nucléaire : « Je n’utiliserais pas le nucléaire. Nous n’en avons pas besoin », avait-il déclaré, selon Reuters. Il avait également réaffirmé qu’il n’envisageait pas d’engager des troupes américaines au sol en Iran.

Une protection ciblée de la thyroïde

L’iodure de potassium remplit une fonction précise : il sature la thyroïde en iode stable afin de limiter la fixation de l’iode radioactif susceptible d’être inhalé ou ingéré lors d’un rejet. Cette contamination peut accroître le risque de cancer de la thyroïde, particulièrement chez les enfants, explique l’Organisation mondiale de la santé.

Ces comprimés n’absorbent donc pas les matières radioactives. Leur protection concerne la thyroïde et l’iode radioactif ; elle ne s’étend ni aux autres substances radioactives ni à l’irradiation externe.

L’OMS prévoit leur distribution anticipée dans les dispositifs de préparation aux urgences nucléaires, notamment auprès des ménages, des écoles et des établissements de santé. Leur prise dépend d’une instruction explicite des autorités sanitaires et du moment de l’exposition. Elle s’intègre à des mesures pouvant également comprendre la mise à l’abri, l’évacuation et le contrôle des aliments et de l’eau.

Sources : The Times, Reuters, YJC, Organisation mondiale de la santé.

Focus Thématiques