L’ancien chef du gouvernement Saad Dine El Otmani et l’avocat Abdessamad Idrissi contestent des propos et des faits que leur attribue le journaliste Soulaiman Raissouni. Le premier dément un appel injurieux d’un conseiller royal contre le PJD. Le second rejette les déclarations qui lui sont prêtées et accuse le journaliste d’avoir tenté de faire pression sur lui.
Deux démentis visent les déclarations de Soulaiman Raissouni. L’ancien chef du gouvernement et ancien secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), Saad Dine El Otmani, ainsi que l’avocat Abdessamad Idrissi ont chacun récusé des récits du journaliste les mettant en cause.
El Otmani dément tout appel injurieux d’un conseiller royal
Dans une mise au point publiée vendredi 25 septembre sur sa page Facebook, Saad Dine El Otmani a qualifié de « dénué de fondement et pure calomnie » le récit selon lequel un conseiller royal l’aurait appelé pour tenir des propos injurieux contre le PJD après la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, en 2020.
Ce récit figure dans une vidéo publiée le 21 septembre sur la chaîne YouTube de Soulaiman Raissouni. Le journaliste y évoque, en invoquant un responsable du secrétariat général du PJD, un appel intervenu après la signature de l’accord tripartite et la publication d’un communiqué du Mouvement unité et réforme (MUR) rejetant la normalisation.
El Otmani, qui ne nomme aucun conseiller dans son démenti, rejette cette version. « Je n’ai jamais entendu un conseiller royal prononcer un mot vulgaire, ni à mon égard, ni à l’égard du parti, ni à l’égard de quiconque », écrit-il. Il affirme que ses relations avec les conseillers du roi Mohammed VI ont toujours reposé sur « le respect mutuel et l’esprit de coopération ».
Idrissi affirme avoir été sollicité pour une médiation en faveur d’une grâce
Dans un communiqué distinct, Abdessamad Idrissi nie « catégoriquement et absolument » les propos et positions que lui attribue Raissouni, qu’il qualifie de « mensonges » et d’« inventions ».
L’avocat affirme avoir rendu visite à trois reprises au journaliste pendant son incarcération, à sa demande directe et par l’intermédiaire de certains de ses proches et amis. Selon Idrissi, ces visites avaient pour seul objet de transmettre le souhait de Raissouni de solliciter une médiation auprès de responsables politiques et partisans afin d’obtenir une grâce.
Il précise avoir ensuite cessé ses visites et ne plus avoir rencontré le journaliste depuis.
Des échanges du 13 avril 2025 au cœur du démenti
Idrissi rapporte avoir reçu, le 13 avril 2025, des messages provenant d’un numéro tunisien dont l’utilisateur se présentait comme Soulaiman Raissouni. Celui-ci lui aurait demandé de contribuer à un texte destiné à un livre en préparation, consacré notamment à ce que l’avocat aurait subi dans l’exercice de sa profession.
Selon Idrissi, son refus aurait été suivi de menaces de publication de propos que le journaliste disait avoir « entendus de certains confrères » ou qui seraient « restés dans sa mémoire ». L’avocat qualifie cette démarche de « chantage ».

Il reproduit dans son communiqué un extrait de sa réponse datée du même jour : « Tu n’as pas le droit de m’attribuer des propos faux et issus de ton imagination. Si tu as des comptes à régler, règle-les loin de moi. »
Idrissi affirme conserver l’intégralité des échanges et annonce son intention de publier la conversation du 13 avril 2025 pour étayer son démenti.





