Coup de tonnerre politique aux États-Unis. Les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 ont tourné à la débâcle pour les républicains. Portés par une vague de victoires jusque dans les bastions conservateurs du Texas, de l’Iowa, du Kansas et des Carolines, les démocrates ont repris le contrôle du Sénat et remporté la majorité à la Chambre des représentants, selon les projections rapportées par l’Associated Press et le New York Times. Un désaveu national pour Donald Trump, dont les deux dernières années à la Maison-Blanche s’annoncent désormais sous le signe de la confrontation avec le Congrès.
Deux ans après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les électeurs américains ont modifié l’équilibre des pouvoirs à Washington. La vague démocrate a touché les États disputés, mais aussi des territoires où les républicains semblaient solidement installés.
Les électeurs américains ont infligé mardi soir une défaite majeure au président Donald Trump. Deux ans après son retour triomphal à la Maison-Blanche, le Parti républicain a perdu le contrôle du Sénat, emporté par une vague démocrate d’une ampleur que peu d’observateurs anticipaient. Elle a touché les fameux « Swing States », mais aussi des territoires où les républicains semblaient solidement installés.
Dans les relevés électoraux communiqués mercredi 4 novembre, le camp démocrate totalisait 53 sièges contre 41 républicains au Sénat. À la Chambre, les démocrates atteignaient 219 sièges contre 126 aux républicains, 90 circonscriptions restant à attribuer dans le décompte affiché à 6 h 28 par le New York Times. Le seuil de la majorité y est fixé à 218 sièges.
Sept sièges républicains tombent au Sénat
Le bouleversement sénatorial s’est construit dans sept États : Texas, Kansas, Iowa, Ohio, Maine, Caroline du Nord et Caroline du Sud. L’Associated Press a identifié chacun de ces sièges comme une victoire démocrate sur un territoire auparavant représenté par un républicain.
Au Texas, James Talarico a battu Ken Paxton, soutenu par Donald Trump. Au Kansas, Adam Hamilton a mis fin à près d’un siècle sans victoire démocrate au Sénat. Dans l’Iowa, Josh Turek s’est imposé, tandis que l’Ohio a choisi Sherrod Brown.
En Caroline du Nord, l’ancien gouverneur Roy Cooper a remporté son duel face à Michael Whatley. En Caroline du Sud, Annie Andrews a battu la républicaine Darline Graham. Dans le Maine, Troy Jackson a évincé Susan Collins, figure républicaine du Sénat depuis 1997.
Des swing states aux terres républicaines
Traditionnellement, les swing states, ces États capables de voter alternativement pour les deux partis lors des élections présidentielles, concentrent l’attention des campagnes américaines. La Caroline du Nord est l’un de ces champs de bataille. Le Maine, de son côté, accueillait cette année une course sénatoriale particulièrement disputée.
Mais les résultats dépassent le périmètre habituel des swing states. Au Texas, au Kansas et en Caroline du Sud, les démocrates ont gagné sur des terres conservatrices que Donald Trump avait nettement remportées lors de la présidentielle de 2024. L’Iowa et l’Ohio, longtemps compétitifs, s’étaient eux aussi déplacés vers les républicains ces dernières années.
La Chambre bascule à son tour
La progression démocrate s’est étendue aux 435 circonscriptions de la Chambre des représentants. Selon l’Associated Press, le parti a renversé des sièges dans des districts qui avaient voté pour Donald Trump avec jusqu’à 18 points d’avance en 2024.
Le mouvement a également touché les élections de gouverneurs. Gina Hinojosa au Texas, Rob Sand dans l’Iowa, Amy Acton dans l’Ohio et Keisha Lance Bottoms en Géorgie ont remporté des exécutifs auparavant contrôlés par les républicains.
Le coût de la vie au cœur du scrutin
Selon l’enquête AP Voter Poll, la hausse des prix a pesé sur le vote, tandis qu’une majorité des électeurs interrogés souhaitait que le Congrès exerce un contrôle plus ferme sur la présidence. Le coût de la vie, la politique commerciale et la guerre contre l’Iran ont occupé une place centrale dans la campagne.
Interrogé sur Fox News tôt mercredi, Donald Trump a reconnu que les démocrates avaient « bien travaillé » pendant leur campagne, tout en attribuant les défaites républicaines aux candidats battus plutôt qu’à son propre bilan.
La nouvelle majorité démocrate disposera du contrôle des commissions parlementaires, du calendrier législatif et de moyens accrus de contrôle de l’exécutif. Au Sénat, elle pourra également peser sur les nominations présidentielles.

