Diplomate de nationalité émirienne et d’origine palestinienne, Lana Zaki Nusseibeh bénéficie du soutien de Rabat dans sa candidature à la tête des Nations unies. De sa nomination comme ambassadrice en 2013 au premier vote indicatif du 30 octobre 2026, cette chronologie retrace sa carrière et les rapports de force entourant la succession d’António Guterres.

De l’ambassadrice émirienne à la candidate au secrétariat général
Émirienne d’origine palestinienne, Lana Nusseibeh est la première femme à avoir représenté les Émirats arabes unis auprès de l’ONU. Elle y a occupé plusieurs fonctions de négociation avant son retour à Abou Dhabi en 2024.
Le 21 octobre 2026, elle est officiellement présentée pour succéder à António Guterres. Sa candidature reçoit le soutien du Maroc, mais le premier vote indicatif montre une compétition encore ouverte.
Qui est Lana Zaki Nusseibeh ?
Née à Abou Dhabi en 1978, Lana Nusseibeh est de nationalité émirienne et d’origine palestinienne. Sa famille est originaire de Jérusalem. Sur la question de sa nationalité, elle indique ne détenir que celle des Émirats arabes unis, selon le quotidien The EastAfrican du 23 octobre 2026.
Origines familiales : Jérusalem
Son père, Zaki Nusseibeh, né à Jérusalem, a été interprète et conseiller du fondateur des Émirats arabes unis, Cheikh Zayed. Son grand-père, Anwar Nusseibeh, a exercé des responsabilités politiques palestiniennes et jordaniennes. Son oncle, le philosophe Sari Nusseibeh, est une figure intellectuelle palestinienne.
Formation au Royaume-Uni
Elle a étudié à Wycombe Abbey, puis au Queens’ College de Cambridge, où elle s’est formée à l’histoire. En 2003, elle obtient à la SOAS de Londres un master avec distinction en études israéliennes et sur la diaspora juive.
Avant la diplomatie onusienne
Elle débute notamment comme consultante auprès de l’UNESCO à Paris, puis travaille sur les questions de sécurité et de relations internationales avant de rejoindre le service public émirien.
Ses premières responsabilités
Elle participe à la campagne d’Abou Dhabi pour accueillir l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), fonde en 2009 le département de planification politique du ministère émirien des Affaires étrangères et exerce des missions sur l’Afghanistan, le Pakistan et le G20.
1. Onze années à l’ONU, puis le retour à Abou Dhabi
2013–2025 · Les fonctions, mandats et dossiers institutionnels qui ont marqué sa carrière.
Début du mandat à New York
Lana Zaki Nusseibeh présente ses lettres de créance au secrétaire général Ban Ki-moon. Elle devient la première femme à représenter les Émirats arabes unis auprès des Nations unies.
Premières responsabilités de négociation multilatérale
Elle participe à la coordination de l’examen décennal du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), premier de plusieurs dossiers institutionnels qu’elle dirigera.
Réforme de l’Assemblée générale et ONU Femmes
Elle copréside des travaux sur la revitalisation de l’Assemblée générale. En 2017, elle préside le conseil d’administration d’ONU Femmes et exerce une vice-présidence de l’Assemblée générale.
Négociations sur la réforme du Conseil de sécurité
Elle copréside des négociations intergouvernementales consacrées à la réforme du Conseil de sécurité, l’un des dossiers les plus sensibles du système multilatéral.
Les Émirats obtiennent un siège au Conseil de sécurité
Le pays est élu membre non permanent pour 2022–2023. Lana Nusseibeh prend la tête de la délégation durant ces deux années.
Première présidence du Conseil de sécurité
La diplomate préside pour la première fois le Conseil, dans le cadre de la présidence mensuelle tournante des États membres, au début de la guerre en Ukraine.
Deuxième présidence et résolutions sur les crises internationales
Elle préside à nouveau le Conseil en juin. Sous le mandat émirien sont notamment adoptées les résolutions 2681 sur les femmes en Afghanistan, 2686 sur l’intolérance et 2720 sur l’aide humanitaire à Gaza.
Fin du mandat d’ambassadrice
Après plus de dix ans à New York, elle fait ses adieux à António Guterres. Mohamed Abushahab lui succède. Nusseibeh retourne à Abou Dhabi comme ministre adjointe aux Affaires politiques et envoyée du ministre.
Nomination au rang de ministre d’État
Le gouvernement des Émirats arabes unis annonce sa nomination comme ministre d’État, une nouvelle étape dans sa carrière diplomatique.
2. La course à la succession de Guterres
Octobre–novembre 2026 · Le soutien du Maroc, les auditions et le premier résultat au Conseil de sécurité.
Le processus de sélection reste sans consensus
Un sixième vote indicatif ne fait émerger aucun candidat bénéficiant d’un consensus évident parmi les membres du Conseil de sécurité. La candidature émirienne intervient cinq jours plus tard.
Candidature officiellement déposée à l’ONU
Les Émirats arabes unis présentent Lana Nusseibeh pour succéder à António Guterres. La nomination est enregistrée et portée à la connaissance des États membres de l’ONU. La diplomate se met en congé de ses fonctions gouvernementales pour mener sa campagne.
L’Assemblée générale annonce son audition
Le président de l’Assemblée générale confirme la tenue d’un dialogue interactif avec Lana Nusseibeh le 27 octobre, ouvert aux questions des États membres et de la société civile.
Le Maroc soutient sa candidature
Une source du ministère marocain des Affaires étrangères confirme l’appui du Royaume à la diplomate émirienne, en faisant valoir son expérience et la nécessité d’un multilatéralisme plus efficace.
Lana Nusseibeh remercie publiquement le Maroc
Sur X, la candidate exprime sa gratitude au Royaume et dit partager sa conviction sur le renforcement du rôle des Nations unies.
« Je remercie le Royaume du Maroc pour son soutien et la confiance accordée à ma candidature. Je partage la conviction du Maroc que le moment exige de renforcer le multilatéralisme et le rôle des Nations unies dans la sauvegarde de la paix et de la sécurité internationales. Une ONU plus efficace, solidement ancrée dans sa Charte, est essentielle pour relever les défis qui nous attendent. »
Grand oral devant l’Assemblée générale
Elle expose un programme centré sur la prévention des conflits, la diplomatie, les résultats des opérations de l’ONU et la réforme de son fonctionnement. Le soutien du Maroc est réaffirmé durant les échanges.
Audition au Conseil et critiques sur le Soudan
Le 28 octobre, elle échange avec les membres du Conseil de sécurité. Dans le même temps, Human Rights Watch remet en cause ses prises de position sur les actions des Émirats au Soudan et au Yémen. Les autorités émiriennes contestent les accusations de soutien aux Forces de soutien rapide. La candidate affirme vouloir faire du Soudan une priorité.
Quatrième au vote indicatif du Conseil de sécurité
Pour son premier passage devant les 15 membres du Conseil, Lana Nusseibeh obtient sept avis favorables, six défavorables et deux sans opinion. Rebeca Grynspan arrive en tête avec onze avis favorables.
Premier vote indicatif depuis l’entrée en lice de Lana Nusseibeh
Avis favorables sur les 15 membres du Conseil de sécurité
Nouvelle candidature turque
La Turquie fait enregistrer la candidature de Feridun Sinirlioğlu, ancien ministre des Affaires étrangères et secrétaire général de l’OSCE, élargissant encore le nombre de prétendants.
Une candidature toujours en lice
Lana Nusseibeh reste candidate. Aucun successeur à António Guterres n’a encore été désigné. La recommandation formelle du Conseil de sécurité demeure la prochaine étape décisive.
Ce qu’il reste à franchir pour accéder à la tête de l’ONU
Le poste de secrétaire général n’est pas attribué par un simple classement des votes indicatifs. Il faut une recommandation du Conseil de sécurité recueillant au moins neuf voix favorables, sans veto de l’un de ses cinq membres permanents, puis une nomination par l’Assemblée générale.
Le mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre 2026. Son successeur doit entrer en fonctions le 1er janvier 2027. Le soutien du Maroc constitue un appui diplomatique déclaré à Lana Nusseibeh, mais le scrutin du 30 octobre montre que la candidate doit encore élargir sa base au Conseil de sécurité.





