Certaines initiatives portent la marque de ceux qui les conduisent : peu de bruit, une connaissance précise du terrain et le souci de faire aboutir les choses. C’est dans cet esprit que M. Mohammed Fikrat, président du Directoire du Crédit Agricole du Maroc, et le Pr Lahcen Belyamani, président-directeur général de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, ont signé une convention destinée notamment à faciliter l’accès aux soins et à déployer des actions de prévention dans les territoires ruraux. Cette initiative prend une résonance particulière à l’heure où la Vision Royale appelle à corriger les fractures territoriales de ce Maroc à deux vitesses, dont le monde rural demeure l’expression la plus sensible. Pour rapprocher la médecine préventive des populations les plus éloignées, difficile d’imaginer relais plus naturel que la banque de l’agriculteur, familière du quotidien des petites exploitations et présente jusque dans les territoires les plus enclavés du Royaume. Cette convention intervient, par ailleurs, dans un contexte institutionnel particulier pour la Fondation : elle constitue la première activité officielle rendue publique du Pr Belyamani depuis la nomination de son Directeur délégué M. Youns Bjijou à la tête du ministère de la Santé et de la Protection sociale.
La convention a été signée le jeudi 29 octobre 2026, à l’Hôpital Universitaire International Mohammed VI de Rabat, par le Pr Lahcen Belyamani, Président-Directeur Général de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, et Mohammed Fikrat, Président du Directoire du Crédit Agricole du Maroc.
Ce partenariat stratégique vise à conjuguer les moyens et les expertises des deux institutions autour de quatre axes complémentaires : l’accès aux soins, la médecine préventive, la formation et l’accompagnement financier.
L’intérêt stratégique de cette coopération tient à la complémentarité des deux réseaux. D’un côté, une Fondation qui développe un dispositif hospitalier et universitaire de référence. De l’autre, une banque historiquement ancrée dans le monde agricole, dont la présence territoriale et les unités mobiles constituent autant de points de contact avec les populations rurales.
L’enjeu consiste précisément à mettre cette proximité au service de la santé, dans des territoires où la distance géographique demeure un obstacle à l’accès aux prestations médicales.
Des soins à conditions conventionnées pour les bénéficiaires du CAM
Premier volet de l’accord, les bénéficiaires du Crédit Agricole du Maroc pourront accéder, à des conditions conventionnées, aux prestations médicales proposées par les établissements hospitaliers actuels et futurs de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé.
Cette disposition vise à élargir les possibilités de prise en charge médicale offertes aux bénéficiaires de la banque, en s’appuyant sur les capacités hospitalières et universitaires de la Fondation.
La convention organise ainsi une coopération entre deux institutions dont les missions, bien que différentes, se rejoignent sur un objectif commun : améliorer l’accessibilité des services essentiels.
La médecine préventive au plus près des populations rurales
C’est probablement dans le domaine de la prévention que cette alliance pourrait trouver son expression la plus directement perceptible sur le terrain.
La convention accorde une place centrale au dépistage, au diagnostic précoce et à la sensibilisation sanitaire.
Ces actions associeront notamment le Centre Mohammed VI de Médecine Préventive, Longévité et Performances aux unités mobiles du Crédit Agricole du Maroc, afin de rapprocher les prestations préventives des populations rurales.
Le dispositif repose sur une logique de complémentarité : les compétences médicales et scientifiques de la Fondation pourront être mobilisées avec le concours d’un réseau bancaire qui connaît les réalités locales, les contraintes de déplacement et les particularités du monde agricole.
Cette approche répond à une problématique structurelle du système de santé marocain : l’inégale répartition territoriale de l’offre de soins, particulièrement sensible dans les zones rurales et enclavées.
Pour le Pr Lahcen Belyamani, l’enjeu dépasse la seule coopération institutionnelle.
« La prévention est le premier des soins, et elle ne vaut que si elle atteint ceux qui vivent loin des hôpitaux. En associant notre réseau hospitalier et universitaire au maillage territorial du Crédit Agricole du Maroc, nous donnons une portée concrète à la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour la généralisation de l’accès aux soins », a-t-il déclaré.
Formation et financement des futurs professionnels de santé
Le partenariat comporte également un volet consacré au développement des compétences et à l’accompagnement financier.
Les deux institutions envisagent ainsi la mise en place de programmes de formation initiale et continue au profit des collaborateurs du Crédit Agricole du Maroc.
En parallèle, la banque proposera des dispositifs de financement adaptés aux étudiants de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé (UM6SS), ainsi qu’aux collaborateurs de la Fondation.
Ces mécanismes doivent permettre d’accompagner les parcours universitaires, de faciliter l’accès aux solutions de financement et de contribuer au développement des compétences dans le secteur de la santé.
Pour Mohammed Fikrat, cette coopération s’inscrit dans la vocation historique du Crédit Agricole du Maroc, dont l’intervention auprès du monde rural ne se limite pas aux activités bancaires traditionnelles.
« Le Crédit Agricole du Maroc accompagne depuis toujours le monde rural au-delà du seul financement. Ce partenariat permet à nos clients et à nos collaborateurs de bénéficier d’une offre de soins et de prévention de référence, et aux futurs professionnels de santé de disposer de solutions de financement adaptées à leurs études », a indiqué le Président du Directoire.
Une traduction concrète de l’ambition d’équité territoriale
Cette convention trouve une résonance particulière dans les orientations fixées par le Roi Mohammed VI en matière de justice territoriale et sociale.
Dans son discours du Trône du 29 juillet 2025, le Souverain avait notamment mis en garde contre la persistance d’un Maroc à deux vitesses, soulignant la nécessité de réduire les disparités sociales et territoriales.
L’accès aux soins constitue l’un des domaines où ces écarts se manifestent avec le plus d’acuité.
En associant les infrastructures médicales de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé au maillage territorial du Crédit Agricole du Maroc, les deux partenaires proposent une démarche qui pourrait contribuer à réduire certaines de ces distances.




