COP31 : Macron fait l’impasse sur le dernier sommet climatique de son mandat

Emmanuel Macron ne se rendra pas à la COP31, organisée du 9 au 20 novembre en Turquie. Officiellement retenu par ses obligations à Paris et un sommet européen à Dublin, le président français manquera le dernier grand rendez-vous climatique de son mandat. Une absence qui contraste avec l’image de défenseur de la planète qu’il cultive depuis son arrivée à l’Élysée.

Emmanuel Macron ne fera pas le déplacement à Antalya. L’Élysée a confirmé à POLITICO que le chef de l’État français ne participerait pas à la 31e Conférence des Nations unies sur le climat, dont le sommet des dirigeants est prévu les 11 et 12 novembre 2026.

La raison avancée est un conflit d’agenda. Le 11 novembre, Emmanuel Macron doit présider à Paris les commémorations de l’armistice de 1918. Le lendemain, il est attendu à Dublin pour le sommet de la Communauté politique européenne, une initiative diplomatique qu’il a lui-même lancée en 2022.

Deux rendez-vous qui prennent donc le pas sur la dernière grande conférence climatique de sa présidence.

Le président du « Make Our Planet Great Again » absent

L’absence ne manque pas de portée politique.

En 2017, après la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’accord de Paris, Emmanuel Macron s’était imposé sur la scène internationale avec son slogan « Make Our Planet Great Again », détournement de la devise du président américain.

Le climat devait devenir l’une des signatures de sa diplomatie, au même titre que l’intégration européenne et la défense du multilatéralisme.

Pourtant, le président français n’en est pas à son premier rendez-vous manqué.

Il avait déjà fait l’impasse sur la COP24 en 2018, en pleine crise des Gilets jaunes, puis sur la COP25 en 2019, alors que la France traversait une nouvelle période de contestation sociale autour de la réforme des retraites.

En novembre 2025, sa participation à la COP30 de Belém, au Brésil, avait été confirmée tardivement. Son passage sur place n’avait finalement duré que quelques heures.

Une COP31 consacrée à la transition énergétique

La conférence d’Antalya doit notamment faire progresser les discussions internationales sur l’électrification et la mise en œuvre des engagements climatiques.

Un domaine dans lequel la France cherche précisément à exercer une influence, notamment à travers ses positions sur la décarbonation, l’énergie nucléaire et la transformation des systèmes énergétiques.

D’autres dirigeants ont, eux, confirmé leur participation au sommet.

La France ne sera toutefois pas absente des négociations. Selon POLITICO, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, doit rejoindre Antalya au cours de la deuxième semaine de la conférence. L’ambassadeur français chargé des négociations climatiques, Benoît Faraco, doit pour sa part participer aux travaux pendant les deux semaines.

Le ministère français de la Transition écologique a publié la programmation du Pavillon France à Antalya. Celle-ci met notamment l’accent sur l’électrification, la réduction de la dépendance aux énergies fossiles, la lutte contre les émissions de méthane et le financement de l’adaptation climatique

La Turquie assurera la présidence de la conférence, tandis que l’Australie dirigera les négociations.

Une absence dénoncée par les associations environnementales

La décision d’Emmanuel Macron suscite désormais des critiques au sein du mouvement écologiste français. Dans un article publié le 4 novembre, Libération rapporte les réserves du Réseau Action Climat. Sa responsable des politiques internationales, Gaïa Febvre, estime que ne pas faire de la diplomatie climatique une priorité constitue un « signal politique désastreux », alors que le multilatéralisme est fragilisé et que l’urgence climatique s’intensifie.

L’Élysée récuse l’idée d’un désengagement et invoque le conflit d’agenda du chef de l’État. Mais l’absence de Macron au sommet des dirigeants, les 11 et 12 novembre, prive la France d’une prise de parole présidentielle au lancement des négociations.

Neuf organisations demandent de tenir les lobbyistes pétroliers à l’écart

La composition des délégations est devenue un autre point de tension. Dans une initiative rendue publique le 2 novembre, neuf organisations, parmi lesquelles Greenpeace France, Amnesty International, les Amis de la Terre et Transparency International France, ont demandé à Emmanuel Macron et à Monique Barbut de ne pas accréditer de représentants d’intérêts de l’industrie pétrolière et gazière au sein des délégations française et européennes à la COP31.

Le courrier, adressé le 23 octobre, réclame également des règles plus strictes de déclaration des conflits d’intérêts. Les associations s’appuient sur une étude de Fossil Free Politics selon laquelle la France a accrédité 48 représentants du secteur des énergies fossiles lors des COP28, COP29 et COP30, le deuxième total le plus élevé parmi les États membres de l’Union européenne sur cette période. Lire le communiqué des organisations.

La diplomatie climatique sans son principal promoteur

La décision intervient à un moment particulier du calendrier politique français. À quelques mois de la fin de son second quinquennat, Emmanuel Macron ne disposera plus d’une autre COP pour porter personnellement la position française en qualité de président de la République.

Pour l’Élysée, la priorité est désormais donnée aux obligations nationales et aux discussions stratégiques européennes.

Le symbole demeure : neuf ans après avoir voulu incarner la mobilisation mondiale pour le climat, Emmanuel Macron terminera son mandat sans participer à son dernier grand sommet climatique.

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