Le quotidien arabophone Al Ahdath Al Maghribia ouvre un nouveau chapitre de son histoire éditoriale. Younès Dafkir succède à Hakim Belmadahi, qui fait valoir ses droits à la retraite après plusieurs décennies consacrées au journal. Une transmission interne annoncée par le directeur de publication, El Mokhtar Larhzioui, dans un climat d’émotion et de reconnaissance envers l’une des figures historiques de la presse marocaine.
Le journaliste Younès Dafkir a été nommé directeur de la rédaction du quotidien Al Ahdath Al Maghribia, en remplacement de Hakim Belmadahi, arrivé à l’âge de la retraite. L’annonce a été officialisée mercredi 4 novembre 2026 par El Mokhtar Larhzioui, directeur de publication du journal.
Cette nomination consacre un professionnel qui connaît de l’intérieur les exigences, les traditions et l’identité éditoriale de la publication. Elle intervient dans une maison de presse où la transmission des responsabilités s’inscrit dans une longue histoire collective.
Les parcours des deux journalistes se croisent d’ailleurs depuis de nombreuses années. En juin 2013, lorsque Hakim Belmadahi avait été promu directeur de la rédaction, Younès Dafkir accédait au poste de rédacteur en chef. Treize ans plus tard, ce dernier lui succède à la tête de la rédaction.
Le choix de Younès Dafkir traduit ainsi une volonté de continuité, tout en ouvrant la voie à une nouvelle étape dans le développement éditorial du quotidien.
Dans sa déclaration, El Mokhtar Larhzioui a salué l’expérience professionnelle, la maturité intellectuelle et les qualités rédactionnelles du nouveau responsable. Il lui a notamment assigné la mission de poursuivre le renouvellement des approches journalistiques, de renforcer l’ouverture du titre aux nouvelles générations et d’accompagner les transformations que connaît la société marocaine.
Un hommage appuyé à Hakim Belmadahi
L’annonce de cette nomination a également pris la forme d’un hommage à Hakim Belmadahi, compagnon de route d’Al Ahdath Al Maghribia depuis sa création.
El Mokhtar Larhzioui a rappelé le rôle déterminant de ce dernier dans la construction de l’identité du quotidien, notamment son attachement aux valeurs de modernité, de démocratie et de défense des droits humains, ainsi qu’à la souveraineté nationale et aux institutions du Royaume.
Au fil des années, Hakim Belmadahi aura contribué à installer une culture rédactionnelle et à préserver une ligne éditoriale qui a marqué l’histoire de la presse arabophone marocaine.
« Dans cette maison, chacun préfère confier les responsabilités aux autres »
Dans un texte personnel publié sur Ahdath.info et relayé sur les réseaux sociaux, El Mokhtar Larhzioui a donné à cette transmission une dimension particulièrement humaine.
Évoquant ses années passées aux côtés des différentes générations de journalistes du quotidien, il a expliqué que la culture de cette rédaction repose sur une conception singulière des responsabilités : celles-ci ne sont pas considérées comme des privilèges à conquérir, mais comme des charges dont chacun mesure le poids.
Il a également rendu hommage à l’héritage de Mohamed El Brini, fondateur du journal, et à la continuité assurée par Moulay Ahmed Charaï, dans une institution qu’il décrit comme une grande maison au service de laquelle chacun doit se placer, et non l’inverse.
Le directeur de publication s’est dit convaincu que Younès Dafkir pourra compter sur le soutien de Mohamed Bouyahda, rédacteur en chef du quotidien, de Saïd Nafaâ, secrétaire général de la rédaction et responsable du site Ahdath.info, ainsi que de l’ensemble des équipes.
Revenant sur un moment de retrouvailles particulièrement émouvant à Casablanca, El Mokhtar Larhzioui a exprimé la dette affective et professionnelle qui le lie, comme ses confrères, à cette institution.
Avec l’arrivée de Younès Dafkir à la direction de la rédaction, Al Ahdath Al Maghribia fait ainsi le choix d’une succession préparée au sein de ses propres équipes. Un passage de témoin entre deux professionnels dont les trajectoires se sont longtemps confondues avec celle du journal, au moment où la presse marocaine est confrontée à de profondes mutations de ses usages, de ses modèles économiques et de ses rapports aux lecteurs.



