Soupçons de fraude électorale à Tanger : Mounir Laymouri recherché à l’international, cinq personnes en garde à vue

L’enquête sur les soupçons d’irrégularités électorales à Tanger prend une nouvelle dimension. Un mandat de recherche national a été émis contre Mounir Laymouri, maire de la ville et responsable de la campagne du PAM à Tanger lors du scrutin du 23 septembre. Son nom a été cité par l’un des cinq suspects déjà interpellés et la justice souhaite organiser une confrontation entre les deux hommes. Introuvable à son domicile, le maire a quitté le Maroc jeudi soir pour l’Espagne. Une commission spéciale du ministère de l’Intérieur a par ailleurs été dépêchée samedi à la wilaya de Tanger pour examiner les circonstances de l’affaire. Le maire de Tanger en fuite, disposerait d’un titre de séjour espagnol.

L’affaire partie d’un bureau de vote de l’école Al Qods, dans le quartier de Casabarata à Tanger, remonte désormais jusqu’au maire de la ville.

Selon les informations publiées samedi 26 septembre par Le360, un mandat de recherche national a été émis contre Mounir Laymouri. Le maire de Tanger est cité dans l’enquête ouverte après la découverte de documents électoraux irréguliers au bureau de vote n°82 de l’école Al Qods.

Cinq personnes ont désormais été interpellées dans ce dossier.

Un suspect cite le nom du maire

L’élément le plus important concerne les déclarations recueillies par les enquêteurs.

Selon une source autorisée citée par Le360, l’un des mis en cause a cité le nom de Mounir Laymouri dès son audition. Le suspect appartient également au PAM.

Laymouri occupait une position importante dans le dispositif électoral du parti à Tanger puisqu’il était chargé de la campagne du PAM dans la ville lors des législatives du 23 septembre.

La police judiciaire s’est rendue au domicile du maire afin de permettre une confrontation directe entre Laymouri et le suspect qui avait prononcé son nom au cours de son audition.

Le maire était cependant introuvable.

Départ jeudi soir pour l’Espagne

Mounir Lymouri aurait quitté le Maroc jeudi soir, 24 septembre, à destination de l’Espagne, au lendemain du scrutin législatif. Selon plusieurs sources, sa famille l’aurait ensuite rejoint sur le territoire espagnol.

Le quotidien espagnol The Objective affirme, sur la base de plusieurs sources, que le maire de Tanger aurait gagné l’Espagne par voie maritime. Le média ajoute qu’il disposerait d’un titre de séjour espagnol, susceptible de lui permettre de demeurer légalement dans le pays.

Alors qu’un mandat de recherche national visant Mounir Lymouri est désormais rapporté par plusieurs sources, le maire serait également visé par un mandat d’arrêt à l’international, une information qui n’a toutefois pas encore fait l’objet d’une confirmation publique du parquet marocain.

Son départ intervient alors que les enquêteurs cherchent à l’entendre et à organiser une confrontation avec l’un des suspects déjà placés en garde à vue, qui aurait cité son nom dès sa première audition.

Cinq personnes déjà interpellées

L’affaire avait éclaté après la découverte d’un sac contenant des documents électoraux irréguliers en possession d’un individu au bureau de vote n°82 de l’école Al Qods.

Une vidéo de son interpellation avait rapidement circulé sur les réseaux sociaux.

Depuis, cinq personnes ont été interpellées. Les investigations cherchent à déterminer l’origine des documents, leur destination, les conditions dans lesquelles ils ont été préparés et transportés ainsi que les responsabilités éventuelles des différentes personnes citées au cours des auditions.

Le parquet de Tanger avait annoncé dès le début de l’affaire l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire afin de faire toute la lumière sur les faits. Les personnes interpellées ont été placées en garde à vue pour les besoins des investigations.

Une commission spéciale de l’Intérieur dépêchée à Tanger

Un nouveau développement est intervenu samedi matin.

Une commission spéciale du ministère de l’Intérieur s’est rendue au siège de la wilaya de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Elle a été reçue par le wali de la région, Younes Tazi, qui a tenu avec ses membres et plusieurs responsables de la wilaya une réunion élargie d’environ deux heures.

Selon Le360, l’ensemble des éléments entourant les irrégularités signalées au bureau de vote n°82 a été présenté à la commission dans le cadre d’une enquête administrative.

Les responsables de la wilaya ont notamment détaillé les conditions d’organisation et de déroulement du scrutin dans la ville.

Le caïd auditionné sur le circuit des documents électoraux

L’enquête administrative cherche également à reconstituer précisément le circuit officiel des documents utilisés pendant le scrutin.

Le caïd de l’annexe administrative concernée a été auditionné. Il a expliqué aux enquêteurs dans quelles conditions il avait réceptionné les documents électoraux auprès des services de la wilaya avant de les remettre, le jour du vote et selon la procédure habituelle, au président du centre de vote de l’école Al Qods.

Les investigations se poursuivent et d’autres personnes pourraient être entendues à mesure que les déclarations des suspects sont recoupées. À ce stade, aucune responsabilité pénale définitive n’a été établie.

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