Les États-Unis enquêtent pour déterminer si La Moncloa, siège du gouvernement de Pedro Sánchez, a utilisé le groupe espagnol de défense Indra pour transmettre à la Chine des technologies militaires américaines, rapporte Vozpópuli ce 28 septembre. Selon le journal, le département américain du Commerce examine des signalements d’entrepreneurs qui mettent également en cause les activités du consulat espagnol à Porto Rico.
Le gouvernement de Pedro Sánchez est au centre de soupçons de transferts de technologies américaines vers la Chine par l’intermédiaire d’Indra, selon une enquête publiée lundi par Vozpópuli. Dans cet article signé Isaac Blasco, le journal espagnol affirme que les autorités américaines cherchent à déterminer si des technologies destinées notamment à des usages militaires ont été transmises à des industriels chinois avec le concours du groupe espagnol à participation publique.
Le département américain du Commerce examine, selon le quotidien, des signalements d’entrepreneurs du secteur de la défense. Ceux-ci soupçonnent Indra d’avoir facilité la transmission d’informations relatives à des produits de haute technologie stratégique, ensuite commercialisés comme leurs propres technologies par plusieurs entreprises chinoises.
Une copie chinoise commercialisée à la moitié du prix
Vozpópuli rapporte avoir consulté des courriels d’un entrepreneur américain qui avait confié à Indra la distribution de ses produits dans plusieurs pays européens et dans une grande partie de l’Amérique latine.
Cet entrepreneur affirme avoir découvert qu’Indra vendait, sans l’en informer, un équipement provenant de Chine qui reproduisait l’un de ses produits, pour environ la moitié de son prix d’origine.
Le produit concerné est décrit par le journal comme un programme de prévision météorologique utilisable dans des opérations militaires et de sécurité aérienne. Dans ses courriels, l’entrepreneur fait explicitement référence au LIDAR, à propos duquel il explique avoir rompu son accord d’exclusivité avec Indra pour commercialiser directement sa technologie.
Les pratiques dénoncées concerneraient également des logiciels et des équipements destinés aux infrastructures aéroportuaires.
Les activités électorales d’Indra également évoquées
Dans les échanges cités par Vozpópuli, l’entrepreneur exprime aussi sa défiance envers les activités d’Indra dans le domaine des technologies électorales, où le groupe espagnol est devenu un concurrent de son ancienne entreprise.
Il évoque un fournisseur chinois appelé « Emporer », tout en précisant ne pas disposer de preuves de l’utilisation de fournisseurs chinois dans ce domaine. Ses réserves portent sur les liens présumés du groupe avec la Chine et sur sa participation à des processus électoraux.
Porto Rico, porte d’entrée présumée vers les entreprises américaines
Le journal rapporte également les soupçons de milieux d’affaires portoricains concernant les démarches des représentants commerciaux du consulat général d’Espagne à San Juan.
Selon ces témoignages, le consulat aurait cherché à utiliser les réseaux d’entrepreneurs locaux pour accéder à un organisme d’exportateurs américains comprenant des propriétaires d’entreprises dont les technologies militaires sont employées par le Pentagone. Certains interlocuteurs cités par Vozpópuli décrivent ces démarches comme de l’espionnage industriel présenté sous couvert de missions commerciales diplomatiques.
Le quotidien inscrit ces activités présumées dans une stratégie plus large par laquelle Pékin chercherait à utiliser Porto Rico, territoire associé aux États-Unis, comme porte d’entrée vers le marché américain. Cette stratégie bénéficierait, selon les sources citées, de la collaboration de structures espagnoles, notamment le ministère des Affaires étrangères et l’Institut espagnol du commerce extérieur, l’ICEX.
Le volet politique Dalmau–Zapatero
Vozpópuli évoque également une dimension politique autour de Juan Dalmau Ramírez, dirigeant du Parti indépendantiste portoricain, qui défend la rupture du lien entre l’île et les États-Unis.
Le journal souligne ses relations avec l’ancien président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, qu’il présente comme mis en cause dans une procédure pour corruption devant l’Audience nationale espagnole.
Des interlocuteurs portoricains cités dans l’article accusent Dalmau d’entretenir une proximité avec le chavisme, le courant politique au pouvoir au Venezuela, ainsi que des contacts avec Pékin. Certains lui prêtent la volonté de mettre Porto Rico au service de l’influence chinoise sur le continent américain.
Une entreprise mexicaine et des logiciels qui auraient atteint Cuba
Le mécanisme décrit aux autorités américaines ferait aussi intervenir une entreprise mexicaine. Celle-ci aurait effacé les traces de l’origine américaine des produits afin de permettre à Indra de les revendre à la Chine et de les présenter comme des technologies chinoises, selon les informations rapportées par Vozpópuli.
Le quotidien affirme que certains logiciels seraient également parvenus à Cuba. Il rapproche cette destination de l’embargo américain et des restrictions qu’il impose au commerce avec l’île, notamment pour les technologies militaires.
Enfin, Vozpópuli souligne que la Chine ne dispose pas de consulat à Porto Rico. Le journal s’appuie sur cette absence pour évoquer une possible violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques par l’Espagne, dans l’hypothèse où le rôle prêté à ses représentants serait établi.
Source : Vozpópuli, Isaac Blasco, « EEUU investiga si Moncloa utiliza a Indra para filtrar a China tecnología militar del Pentágono », 28 septembre 2026.






